La Tunisie en mode FMI

Jadis, de mon temps, les pays où le FMI mettait les pieds étaient des pays en état d'incurie fondamentale. Et pour tout dire, on avait l'impression que c'était la honte. Une sorte de nation enfant incapable de se comporter comme telle (la nation) et devant son salut à la tutelle d'un organisme bizarre et inquiétant qui te dit comme gérer tes ressources, surtout quand tu n'en a plus.

Et pourtant à la fin des années 70 même une grande nation comme l'Angleterre a du appeler le fonds à la rescousse. Ensuite, il a fallu Madame feu Thatcher pour serrer la vis des dépenses publiques. C'est ce qui attend la Tunisie. On y attend plus d'1 milliard de dollars pour redresser la barre mais l'organisation de Madame Lagarde n'est pas prête à donner cet argent sans contreparties. Secteur publique, caisse de compensation, système bancaire grevé notamment par les dettes faramineuses contractées par certains groupes hôteliers qui faute d'un retour massif des touristes ne parviennent plus à rembourser.

Si le secteur des séjours pour de la médecine esthétique progresse et suscite la création constante d'agences dédiées, le tourisme classique en zones de bord de mer est en chute libre. La production du phosphate est en berne, les industries manufacturières patissent de la crise européenne, enfin bref, le gouvernement tunisien a plus que jamais besoin de ce prêt mais devra engager des réformes qui risquent de créer une contestation sociale importante.
Ce n'est pas la première fois que le FMI intervient en Tunisie. Mais avant c'était à l'époque où les manifestations étaient matées sévérement.

Aujourd'hui les choses ont changé et il n'est pas bien sur que le serrage de ceinture soit du goût de tout le monde alors même que le chômage et les difficultés économiques des classes moyennes s'accentuent.

 

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