«Un amour rêvé» d'Arthur Gillet

La découverte d'archives bouscule la fascination d'Arthur pour l'idylle de ses grands parents : une Congolaise mariée à un colon belge.

Bande annonce - "Un amour rêvé" d'Arthur Gillet © Tënk

Dès les premiers instants, Arthur Gillet nous fait entrer dans les méandres de sa mémoire. C'est l'animation qui nous permet d'accéder à ses souvenirs, ses représentations de l'idylle entre ses grands-parents Léontine et Joseph : une belle Congolaise et un colon belge. Puis viennent les visages, jeunes, beaux, amoureux, des grands-parents d'Arthur à travers de nombreuses photos et vidéos d'archives. Alors nous rentrons dans le quotidien familial et l'enfance d'Arthur.

Ce sont les archives qu'il découvre qui font voir l'envers du décor de cet idylle si forte. En effet, la famille a longtemps été épargné par cette histoire amoureuse et familiale assez tourmenté par la vie coloniale. Le téléspectateur en même temps que le réalisateur apprennent et comprennent que tout n'était pas si simple.

Ce n'est pas tant l'histoire personnelle que la mémoire de deux pays, le Congo et la Belgique, qu'il retrace finalement. Enfant, la fascination pour l’histoire de ses grands-parents brouillait la réalité. Il ne connaissait pas le contexte politique. C'est bien plus tard qu'il apprendra, notamment par les mots de sa grand-mère, la difficulté de l'amour entre ses grands-parents dans ce contexte colonial. Une relation asymétrique et douloureuse entre ces deux pays que l'histoire d'amour de ses grands-parents a du mal à atténuer. Lors de leur rencontre, le royaume belge régnait alors sur ce qui était appelé le Congo Léopoldville et les mariages mixtes étaient interdits. Forcée de venir habiter dans le village d'origine du grand-père, la famille subit le déracinement et le racisme. Un passé colonial gravé dans la peau. L'intime est donc ici politique et le film d'Arthur Gillet absolument nécessaire. 

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