Le rôle d'Élisabeth Borne : clarifier, ambitionner et apaiser
Élisabeth Borne est chargée de bâtir un programme législatif et un programme de gouvernement, visant à clarifier, ambitionner et apaiser les actions politiques. Son mandat consiste à élargir une majorité à l'Assemblée avec plusieurs groupes politiques, penchant plutôt vers la droite.
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Bâtir un programme de gouvernement
Selon l'article de François-Xavier Bourmaud paru hier dans les colonnes du Figaro [1], Élisabeth Borne a été chargée de « bâtir un programme législatif et un programme de gouvernement » dans le but de mener les actions de manière « plus claire, ambitieuse et apaisante ». Son « mandat » consiste à « élargir une majorité à l'Assemblée avec plusieurs groupes politiques ». Cette majorité penchera plutôt vers la droite, car Emmanuel Macron a appelé mercredi à « associer » les élus LR qui « n'ont pas voté la motion de censure » [2]. Ainsi, on peut comprendre que le choix du président de maintenir Élisabeth Borne en fonction est guidé par un contexte politique complexe, à la suite de la campagne législative de juin 2022, au cours de laquelle le groupe Renaissance, sans majorité absolue, a dû faire des choix stratégiques tant programmatiques qu'électoraux.
Depuis plusieurs mois, différents qualificatifs ont été utilisés pour désigner Élisabeth Borne : « lieutenant », « fusible », « exécutant », « fidèle serviteur ». Certains commentateurs de la vie politique française vont même jusqu'à la qualifier de « collaboratrice du président, comme Nicolas Sarkozy l'avait fait avec François Fillon entre 2007 et 2012 ». Ce rôle difficile mais essentiel impose au titulaire de la fonction, outre l'autorité et le sens politique, la nécessité de composer avec la toute-puissance présidentielle. D'autres estiment qu'elle est fragilisée par le rôle qu'elle occupe à Matignon, tout comme ses prédécesseurs à un moment de leur action politique. Cependant, l'ancienne ministre du Travail ne semble pas vouloir quitter son poste. Il y a quelques jours, elle déclarait : « Depuis un an, je m'emploie à apporter des réponses concrètes pour faire face aux défis considérables auxquels notre pays est confronté. Je souhaite continuer à relever ces défis, et j'y mettrai toute mon énergie et ma détermination ». Elle ajoutait également : « Je n'ai aucun doute sur le fait que certains aimeraient bien être à ma place », mais « avancer est la seule chose qui compte pour moi ».
Néanmoins, Élisabeth Borne exécute les demandes de l'Élysée
Chargée de mettre en œuvre les orientations fixées par le Président de la République et d'en assumer la responsabilité devant le Parlement lors de la réforme des retraites, Élisabeth assure actuellement un rôle d'intendance, permettant au chef de l'État de se consacrer à l'essentiel. À rappeler, l'article 21 de la Constitution française énonce que la Première ministre dirige l'action du gouvernement et lui donne corps. Il lui incombe donc la lourde tâche d’assurer la cohérence des actions, de conduire les transformations, de rendre les arbitrages, et avec les ministres, de vous les présenter. Cette situation de subordination n'empêche pas Elisabeth Borne d'exercer une influence politique certaine, d'abord parce que la Constitution, aux termes de son article 21, précise qu'elle dirige l'action de son Gouvernement et souhaite imposer ses sujets [réf. Article 21 de la Constitution française]. « Des tas de sujets, notamment certains qui me tiennent à cœur, n'ont pas encore trouvé la place qu'ils méritent », confiait-il il y a quelques jours la première ministre, qui peine à imposer son agenda après la réforme des retraites [réf. Article du Figaro]. Néanmoins, l'emprise d'Emmanuel Macron reste très forte [réf. Article du Figaro].
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