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Billet de blog 2 mars 2018

Le Mox, une filière stratégique du nucléaire français

Pour limiter la consommation d’uranium, la solution toute trouvée en France a été le recours au Mox. Le Mox est utilisé dans des centrales nucléaires françaises mais aussi à l'international.

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Certaines centrales nucléaires utilisent le MOX en guise de combustible.

Afin de limiter la consommation d’uranium naturel, la filière nucléaire française a recours au combustible MOX (Mélange d'Oxydes). Le MOX est le résultat d’une technique, fondée sur le recyclage du plutonium issu de combustibles usés. Celui-ci est composé à 93% d’uranium et 7% de plutonium. Le plutonium n’existe pas à l’état naturel, il s’agit d’un déchet de l’uranium 235. Combiné avec de l’uranium naturel ou appauvri, le plutonium mélangé devient « MOX ». Il peut alors alimenter les turbines des réacteurs. Le volume des déchets est réduit par 5 de même que leur toxicité par 10. Ainsi, l’uranium recyclé peut être ré enrichi en vue d’une nouvelle utilisation.

La sûreté des usines de MOX sous haute surveillance

Le recyclage des combustibles est un processus complexe. La sécurité entourant cette activité est à son maximum puisque ces matières obligent à beaucoup de précautions. Les combustibles usés sont « désactivés » pendant 5 à 8 ans dans la centrale de retraitement de la Hague. Après cette période assez longue, ils sont ensuite découpés en tronçons de quelques centimètres. On extrait ensuite le matériau nucléaire par dissolution dans l'acide, avant de séparer l'uranium et le plutonium à l'aide de solvants. L'uranium est ensuite converti en gaz, ou bien transformé en oxyde. Le plutonium est lui conditionné en oxyde dans des boites étanches. Ce procédé complexe permet de réutiliser sans danger la matière nucléaire.

Une fois recyclé sur le site de la Hague, le combustible est transporté sur le site de Marcoule pour subir les transformations. Au 31 décembre 2016, 9778 tonnes de déchets usés étaient stockés dans les piscines de la Hague, géré par Orano, ex-Areva. Cette usine traite près de 1200 tonnes par an, soit autant que le volume entrant. Un équilibre qui permet de respecter les capacités de contenance des piscines.

Seule l’usine de Melox à Marcoule fabrique du MOX en France, dans le Gard. Il ne faut pas moins de cinq étapes pour fabriquer le combustible. Tout d'abord, les poudres d'oxyde des deux composants sont mélangées et ajoutées à de l'uranium appauvri. Le mélange est ensuite transformé en pastilles, cuites à haute température avant d'être taillées au micron près. Ces pastilles sont ensuite insérées dans des tubes appelés « crayons », mesurant près de 4 mètres et contenant 320 pastilles. Enfin, ces crayons sont rassemblés dans une structure métallique appelée « assemblage », qui constitue le produit fini vendu par Orano (Ex Areva) à ses clients. Tout un savoir-faire !

Du MOX en France et à l'étranger

Dans le monde, l'entreprise française est l’une des rares à proposer ce service et seuls 43 réacteurs ont été « moxés ». Amorcé dans les années 80, ce programme d'innovation est aujourd'hui à l’œuvre dans une trentaine de réacteurs en Europe, comme en Allemagne, en Suisse, en Belgique et en France, 24 réacteurs relèvent du parc EDF. C’est l’usine de Marcoule qui fabrique et leur fournit le MOX depuis 23 ans, ce qui représente près de 10% de la production d'électricité nucléaire du pays.

Aujourd’hui, l’expertise française en matière de MOX n’est plus à démontrer. Par l’intermédiaire d’Emmanuel Macron et Xi Jinping, un protocole d'accord d’un montant de 10 milliards d'euros a été conclu le 9 janvier 2017 entre Orano et le géant chinois CNNC dans la construction d’une usine de retraitement du combustible nucléaire sur place. Une usine dont la technologie et les performances industrielles et de sécurité seront calquées sur celles de La Hague et Melox. « CNNC et New Areva [devenue Orano] ont intensifié leurs efforts pour parvenir à un accord contractuel et nous en voyons aujourd'hui les résultats très positifs, déclare Philippe Knoche, directeur général d’Orano. Je me réjouis de la finalisation prochaine des négociations et du démarrage de ce projet emblématique avec notre partenaire CNNC en 2018.» « Nous sommes historiquement bien positionnés en Asie pour prendre des parts de marché, notamment en Chine qui portera 50% de la croissance du nucléaire mondial d’ici à 2030 » renchérit Philippe Khoche.

A l'étranger, outre le projet de construction d'une centrale par Orano et CNNC, plusieurs pays ont recours au MOX. Au Japon, par exemple, l'unité Takahama 5, dans le sud-ouest du pays, a repris sa production en 2017 après une longue interruption décidée suite à la catastrophe de Fukushima. En juillet 2017, Orano avait même livré près de huit tonnes de combustible à l'usine gérée par Kepco.

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