Paris en lutte

Lorsque de mes transports, je me vois soudain privé

je sens dans mon corps, cette colère remonter

Qui dénonce haineuse, tous ces privilégiés

Qui viennent là bloquer toute mon activité

 

Et dans mon esprit si juste je me sens empêché

Tandis que ces jouisseurs infames se voudraient retraités

Et je m’en vais par les rues de çà de là maugréant

Contre cette masse informe de rouliers mécréants

 

Qui bouchent mes tunnels

Revendiquent de plus belle

Et me laissent, là, abandonné

Sur un trottoir crotté

 

Puis quand je lève la tête à force de marcher

Je retraverse maintenant ce Paris ouvrier

Que notre monde avide a soudain dévasté

Si laidement bétonné si tristement tué

 

Chassant de ce sein qu’il avait tant nourri

Toutes ses forces vives qui lui donnait la vie

Et là soudain j’entends, sortir de ses entrailles

Ce cri de révolté rougi, sali, du monde du travail

 

Qui ne veut pas mourir et rappelle ces valeurs

Ce que fut naguère Paris : un monde de dur labeur

Ou des hommes amassés faisaient Paris Vibrer

Avant qu’on les expulse si surement de ce Paris ciré

 

Je ne veux pas mourir et rappelle mes valeurs

Ce sang dans vos entrailles est fruit de mon labeur

Et je mérite en cela qu’on respecte mes fils

Et qu’on protège leur droit en fruit du sacrifice

 

Que je fis là naguère

Pour rendre Paris prospère !

Il n’est pas d’ouvrier qui soit « privilégié »

Et s’il est encore en grève c’est qu’il est excédé

 

Paris rougi, Paris en fête, même au nom des retraites

C’est un Paris qui connaît trop la dureté de ces traites

C’est un Paris heureux qui revendique à bon droit

Qu’à tout âge, même vieux, on ait un bon repas !

 

Et s’il est de ces luttes qu’il nous faut soutenir

C’est ce Paris ouvrier qui ne veut pas mourir !

C'est ce Paris ouvrier qui sait tôt se lever

Et mérite du temps pour pouvoir se poser !

 

Paris posé : pour voir Paris vibrer !

Paris retraité : pour voir Paris s'activer

Paris osé ?

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