L ISF un impot intelligent !

E Macron a tort, encore une fois. Il prétend que l'ISF est un mauvais impôt : inutile et couteux. Disons qu'il défend plutôt ici sa chapelle, alors même que l'ISF a de nombreux mérites, et qu'il faut le maintenir !

Je l'ai déjà dit, alors je vais le refaire : je suis un gosse de riche, voir un petit fils de très riche. Des gens qui à défaut de savoir ce qu'ils devaient faire de leur sous, ont choisi de stériliser leurs avoir dans des bois et forêts inutiles et une baraque impossible à entretenir !

Certes, ils avaient (semble t-il) mérité leur situation et le travail, leur travail (mon c...), avait porté ses fruits. Ils étaient ainsi, selon les principes d'E, le parfait produit de cette France qui réussissait, et à ce titre ils ne cessaient de se plaindre de l'ISF qu'ils fustigeaient à longueur de discours, affirmant même, à leurs petits enfants désolés, que ce serait autant qu'ils ne percevraient pas le jour venu.

  Allez, je l'ai su à un moment donné, ils m'ont donné les clés de leur compte  et j'ai, un temps, géré leurs affaires en leur nom.

Premièrement il m'est apparu qu'une partie de leurs prélèvements étaient indus et j'ai négocié avec  l'URSAFF une réduction drastique des charges sociales qu'ils versaient. Preuve qu'ils pouvaient payer moins ! Cependant lorsque je me suis permis de souffler à mes grands parents l'idée qu'ils pourraient s'affranchir d'une grande part de leurs impôts, en aidant leurs petits enfants (dont deux étaient au chômage), la réflexion les a braqués et personne n'a plus choisi de se montrer solidaire, fusse (au surplus) post mortem !

Le résultat d'une telle politique personnelle est sans appel :

Outre le fait qu'elle a mis votre serviteur dans une position inextricable face aux héritiers prétendus (alors même que j'étais leur petit fils et que je les avais accompagné au quotidien pendant trois ans), les non décisions, hésitations de mes grands parents ont d'abord servi à enrichir les cabinets d'avocats. 

Pourquoi pas, me direz vous, mais alors : pourquoi le discours précédent ? 

Et puis franchement lors du règlement de ces affaires, on aurait pu penser que les petits enfants auraient leur parts, à parts égales, mais bien sûr les choses ne se sont pas passées comme cela, et les héritiers "reconnus" ont tout fait pour échapper à leur tour à l'ISF, par tous les biais possibles alors même qu'ils devraient (et j'espère qu'ils le sont) y être assujettis !

Le drame, en France, à tout le moins c'est qu'on est très rarement riche  à vingt ou trente ans, et surtout cette richesse vient très rarement directement d'une oeuvre industrielle personnelle. Même si elle est le fruit d'effort et de prise de risque impossible elle est aussi, souvent, le fruit d'une part de chance et d'opportunisme, ce qui nécessairement devrait conduire les riches (n'est ce pas Lalidai ?) à plus de modestie et de sens des responsabilités !

Or la politique Macronienne semble aller à rebours de cette idée, au nom du principe qu'il faut inviter les riches à ne plus tricher ! En voila une idée dramatique : il faut supprimer l'ISF parce que celle ci pousse à la fraude et à l'optimisation ! Jamais on avait développé un tel discours politique : supprimer la loi, pour éviter qu'on la viole ? Une drôle d'idée quand même, c'est un peu comme si on supprimait les vitrines des magasins pour éviter qu'on les pille !

Une drôle d'idée qui a de quoi provoquer la rage des plus radicaux, et démontrer le bienfondé de l'ISF au nom du principe selon lequel dura lex sed lex...Celle là même qui jette aujourd'hui les casseurs en prison, et qui devrait permettre, même à tout prix, à des petits enfants moins chanceux, d'avoir une chance dans leur vie : de tenter l'aventure, d'ouvrir de nouveaux horizons ! 

 Non seulement l'idée aurait de quoi charmer une génération que se sent trop souvent exclue du progrès social, mais de surcroit cet ISF de solidarité réelle, directe, aurait l'intérêt de diminuer la charge de l'Etat qui bien souvent voit les riches se défausser de leurs obligations de solidarité envers leurs familles, sur le dos de la collectivité !

 

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