Les limites d’un consentement

Peut être faudrait il arrêter les frais....

Vous y avez cru d’emblée vous à la discipline extraordinaire des français durant deux mois ?

Honnêtement moi je n’y croyais pas, et d’ailleurs je dois bien reconnaitre qu‘il était assez facile de noter énormément d’entorses. Quand j’ai décidé de sortir pour la première fois, j’ai été surpris de constater à quel point une petite ville comme Saint Mandé continuait de vivre tranquillement et combien les gens s’étaient facilement adaptés à un confinement Light qui leur permettait de passer la journée sur les pelouses du bois de Vincennes

Confinement vous aviez dit ?

Peut être, mais déjà à l’époque ce bref passage par un petit coin tranquille démontrait soudain que ce confinement National n’avait pas le même sens pour tout le monde.

Aux uns les pelouses tranquilles et le soleil à gogo

Aux autres les barres d’immeubles assombries et les rares lieux de rencontre rideau baissé : Lock out

Génial

Jamais la brutalité sociale ne m’était apparue à ce point, et jamais : je n’avais été autant choqué par les conséquences d‘une mesure publique censée protéger tout le monde et assurer la santé de chacun : civisme vous disiez ?

Discipliné néanmoins, j’ai tenté de respecter les consignes de mon gouvernement, mais franchement je n’avais pas imaginé qu’on allait me condamner à des mesures similaires ad vitam aeternam

Deux mois et point barre.

Et tant pis s’il fallait tous les jours entendre les complaintes de cette ado qu’il fallait contenir coute que coûte.

Confinez, qu’y disaient, pardon ils auraient tout aussi bien pu dire : Enfermez, et la condamnation aurait été la mème

Un gouvernement qui militait pour la supériorité des valeurs libérales (?) irait bientot détenir les clés de mon pauvre petit appartement, c’était le comble non ?

Voilà qu’on me présentait donc comme une suprême liberté le droit de m’enfermer moi même, et que je devenais, par ma seule balade quotidienne : une menace insupportable, quelle chance...

Le paradoxe était à ce point délirant que dans le même temps ce fameux confinement donnait lieu, parait il, à des centaines de libérations conditionnelles... Etonnant non ?

Bref les seules contreparties quotidiennes à mon triste refrain « métro boulot dodo » me sont maintenant interdites, parce que maintenant on a inventé le « confinement sans le confinement »,  confinement qui fait qu'on a le droit de bosser, mais pour le reste :

cinéma ?

Circulez y a rien à voir

Café ?

T’as qu’à rentrer chez toi, comme çà t’ira pas déblatérer avec n’importe qui, et puis d’ailleurs elle est où ton autorisation de sortie ?

Qui c’est qui t-as dit que tu pouvais te poser dans un parc pour y jouer un peu de musique ? On t as pas dit que c’était dangereux ? Gauchiste !

On croit rêver !

Jamais je n’aurais pensé que cela serait possible dans notre pays et jamais au grand jamais je n’aurais cru qu’une politique de la peur aussi bien orchestrée aurait des résultats aussi efficaces contre une population, il est vrai souvent réputée : indocile.

Alors jusqu’où les choses vont elles aller, nous proposera t’on bientôt de nous poser une puce électronique pour pouvoir vérifier nos déplacements (merci stop Covid ?) ?

Pour votre pyjama les rayures on les fait dans quel sens, verticales ou horizontales ? Vous les souhaitez noirs profonds ou noirs cendrés ? Personnellement j’adore le « noir cerise » mais il est vrai que le noir profond est très tendance, surtout sur les personnes un peu dépressives...

Quelle chance ! La Liberté a de ses petits refuges qu’on ne saurait imaginer ! 

Pour le reste nos gentils médecins veillent. Ils prennent chaque jour notre température et nous délivre chaque soir leurs conseils avisés, sur une maladie dont ils disent eux même ne rien connaître...

Alors, combien de temps encore ?

Il ne faudrait pas qu’à force de confinement on aboutisse à une explosion incontrôlable, qui, si maladie il y’a vraiment, pourrait s’avérer absolument désastreuse.

Laissez nous respirer, avant qu’on tombe malade d’autre chose, mourir guéri n’a jamais été notre objectif 

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