Pour les 28 heures !

Allez ne mégotons pas, il faut réduire le temps de travail et il est temps de s'y atteler réellement ! Mieux , il est temps de travailler à cet objectif essentiel et tant pis si pour celà il faut y passer du temps ! Passer du temps à...gagner du temps !

Je sais que certains iront encore dire que je suis fou et que je dis n'importe quoi.

Pourtant l'idée n'a rien d'une uthopie : oui il faut travailler moins pour travailler tous, c'est une évidence. Non seulement il faut travailler moins mais il faut Travailler tout court.

Et c'est bien là le problème : il faut travailler tout court cela signifie qu'il faut qu'enfin on se donne les moyens d'abolir le chômage, et de recréer cette société libérale que j'appelle de mes voeux basée sur le travail et l'effort ! Travailler moins, mais travailler tous, c'est sans doute le seul moyen, un jour de parvenir à l'utopie de Nicolas Sarkozy : travailler plus pour gagner plus !

Or sans partage du travail, nous n'y parviendrons pas !

Nous n'y parviendrons pas parce qu'il y aura toujours la question lancinante de la concurence entre les travailleurs eux mêmes : ceux qui voudront gagner plus se verrons ainsi encouragés par ceux qui veulent payer moins et prendre le moindre risque !

Partager le travail, en interdisant les heures supplémentaires c'est donc une première étape nécessaire à la lutte contre la précarité et le chômage !

J'entends bien les réfractaires à de tels idées qui, eux, se vantent d'être les vrais courageux de notre société.

Mais admettons cependant que notre société accepte ce contrat et que tout soudain nous atteignons ce graal dont nous rêvons tous depuis 50 ans : le Plein emploi !

Imaginez seulement l'arrivée sur le marché de Cinq millions de cotisants sociaux supplémentaires !

Au final celà ne serait il pas une excellente affaire pour les salariés qui se plaignaient tantôt du fait qu'on puisse leur prendre une part importante de leur salaire pour partager le travail justement ?

28 heures pour tous, mais tout soudain un allègement brutal des charges sociales salariales et des impôts ? Ca vaut peut être le coup qu'on reprenne la calculette, même du coté patronal d'ailleurs : plus de travailleurs, moins de charges sociales par unité de salaire, moins d'impôts par contribuable, qui va s'en plaindre ?

Mais, mais vous oubliez que de nombreux salariés sont déjà soumis à des conditions de vie extrêmement dures !

Mais justement, c'est d'eux dont il faut s'occuper d'abord. Or si brutalement la durée légale du travail descend à 28 heures par semaine, ils seront tout à coup éligibles à un salaire à temps plein ce qui fait un sacré distingo !

Ah çà y est je vous entends encore : mais qui paiera me direz vous en coeur ?

Mais rassurez vous : VOUS, NOUS, nous tous ! Tous les citoyens de ce pays paieront, évidemment !Seulement voilà, premièrement : au lieu de payer des chômeurs ils paieront pour un travail effectif, et mieux encore ils paieront pour une véritable intégration sociale de personnes jusqu'à là exclues du monde !

Je vous entends encore vous allez maintenant me parler de ce "pognon de dingue" !

Mais enfin, pourquoi revenir sur cette question ?

Que ce pognon de dingue soit consacré à payer des chômeurs ou des travailleurs qu'est ce que çà change pour vous ? Rien sans doute !

Sauf que pour moi, qui suis un vrai libéral: çà change tout ! Entre 1 euros payé au travail et un euro payé à l'inactivité, je préfère nettement le premier ! Surtout que ce qui est sûr c'est qu'au chômage on ne prend pas de risque, pas de risque d'échouer, certes, mais pas non plus de risque de réussir !

Voilà pourquoi il faut à tout prix bien payer les chômeurs et leur garantir un véritable revenu en l'échange d'exigence d'employabilité !

Demain, à la création des 28 heures hebdomadaires on trouvera alors nombre de fondeurs, d'ingénieurs de professeurs, d'ouvriers qualifiés pour prendre les places devenues disponibles, et nous aurons troqué une société de défaisance contre une entreprise d'exigence à tous les niveaux !

Parce que c'est une autre question que ne se pose jamais notre société (même si elle y apporte des réponses extrêmement sévères) : que devient on après un ou deux ans de chômage ?

J'admets certes que travailler moins pour travailler tous n'est peut être qu'un moyen terme, qu'une menue solution, mais en imaginant qu'on y parvienne enfin, peut être que la quantité de travail disponible, elle, recommencerait d'augmenter, parce qu'une fois tout le monde remis au boulot, nous nous serions donné les moyens de ramener la CONFIANCE !

Tiens : Confiance ? Vous savez ce mot confiance dont on ne cesse de nous rabattre les oreilles et dont on nous dit que c'est le moteur essentiel de la prise de risque, de la volonté d'entreprendre ?

Confiance ne rimerait pas, des fois avec croissance ?

A voir, en tout cas si un tel modèle économique voyait le jour, on pourrait dire qu'on aurait résolu de manière magistrale la quadrature du cercle et ce au profit réel du plus grand nombre : "travailler moins, pour travailler plus" ! Sacré challenge tout de même !

 

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