Vivre

Quand est ce que çà s’arrête cette histoire ? A force de nous dire qu’on pourrait bien tous tomber malade on va bien finir par y parvenir, et le docteur Knock, pourra bientôt tout à loisir nous demander si « çà nous gratouille ou si çà nous chatouille ». A moins bien sûr qu’on reconnaisse enfin comme indispensable de sortir et de vivre à nouveau... pour ne pas mourir justement

C’est bien gentil de nous faire croire que nous allons tous être malade, ou pire encore que nous allons souffrir les pires maux du fait d’un virus fou 

Moi j’veux bien, j’veux même bien croire que c’ virus i vient de Chine et qu’il est passé par Kuala Lumpur avant évidemment de faire une halte dans notre bonne ville de Marseille, et de venir nous titiller, et mieux encore j‘admets qu’il peut être dangereux !

Mais enfin, dangereux à quel point ?

Dangereux pour qui ?

Comme je l’ai dit dans une chronique précédente ; traverser la rue, c’est aussi dangereux et je vous renvoie en cela aux assertions de la préfecture de Paris sur le sujet !

Et ceux qui connaissent ma mauvaise foi ne seront pas surpris de me voir affirmer que le simple fait de respirer est dangereux, puisque c’est par ce biais que nous nous oxydons !

Alors, c’est quand que çà s’arrête tout çà ?

C’est quand que nos chefs y nous permettent de vivre, tout simplement.?

Ils ont peur ?

Mais de quoi au juste ?

D’une hécatombe dans les HEPAD ? D’une reprise de la grippe ?

Et si c’était d’autre chose dont ils avaient réellement peur ?

Ce qui m’a surpris avec cette affaire de corona virus c’est l’incroyable, l’impensable, docilité de mes concitoyens ! On aurait dit qu’ils avaient intégré l‘idée qu’il fallait tout faire comme on leur disait et qu’il fallait obéir ! On assistait ainsi à une séance de calino-thérapie, d’autant plus déroutante, que nos citoyens si habitués à hurler contre la dépense publique, semblaient désormais prêts à se blottir dans les bras de « papa Etat » et ce : quoi qu’il en coûte » !

On m’aurait dit çà il y a seulement dix ans, je n’y aurais jamais cru. Je n’aurais jamais cru à l’idée qu’un simple virus dont on ne connaît quasiment rien, un virus qui vient d’arriver en quelque sorte, suffirait à ébranler sur sa base l’esprit français de la contestation et de la révolte !

Silence qu’on nous a dit...Et nous nous sommes tus.

Tus au point que même le ronron parisien permanent s’est éteint et que la nuit en devenait angoissante !

C’est pas pour les bars que je dis tout çà. Ce qui peut leur arriver à eux m’est profondément égal, leur disparition éventuelle fera place à autre chose !

Non si je dis çà c’est pour les jeunes, pour les gamins des cités déjà largement parqués, mais tout soudain quasiment embastillés du fait du confinement et de ses suites sociales !

Comment cela a t-il été possible et surtout comment aujourd’hui peuvent ils encore tolérer sans broncher que cette satanée maladie leur bloque tout avenir ?

La priorité des priorités devrait être celle là : Sauver ces mômes de la déshérence et de l’ennui perpétuel Sauver ces gamins de la misère et de la ségrégation sociale

Mais voilà qu’on fait tout le contraire et qu’à l’idée de la prise de risque, on a préféré la mortifère prudence et la protection absolue : il faut dire que le poids politique et social des jeunes s’amenuise années après années et que plus personne n’en a rien à faire !

Peut être, mais peut être aussi qu’il vaudrait mieux que tout çà s’arrête, néanmoins. Non pas de manière anarchique bien sûr, mais de manière orchestrée, dirigée.

De cette façon on pourrait sans doute rouvrir les salles de sport, les bars... Bref tous ces lieux de socialisation où depuis toujours, le monde se fait monde !

Il y aurait sans doute des malades, mais sommes nous certains qu’il y en aurait plus qu’aujourd’hui, comment savoir alors qu’on côtoie déjà les gens dans le métro et les transports en commun sans que celàane provoque des drames ?

Au désastre de la maladie, il ne faudrait pas enfin que succédât la rage sans fin d’une jeunesse sans avenir et sans perspective parce que nous nous ne voulons pas sortir de notre douillette position de « malade » !

Une partie du corps français est sans doute malade, je n’en disconviens pas, mais si nous ne nous préoccupons pas de cette autre partie qui est bien portante, alors c’est tout le corps social qui risque de sombrer !

Gageons donc que si nous nous occupions d’abord de ce qui va bien, alors nous rendrions à l’ensemble de la société l’envie de respirer, et peut être même trouverions nous par ce biais : un moyen de guérir de cette satanée maladie...

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.