RENDONS AUX FEMMES LEUR PLACE VOLÉE.

A l’heure où l’Arabie Saoudite est en passe de légaliser le droit pour les femmes de conduire, nous sommes encore bien loin de pouvoir prétendre à une égalité des sexes parfaite. Une chose certaine est que cette guerre des sexes est toujours de triste actualité. Les convenances et tolérances sont-elles les mêmes selon que l’on soit un homme ou une femme ? Thierry Paul Valette.

A l’heure où l’Arabie Saoudite est en passe de légaliser le droit pour les femmes de conduire, nous sommes encore bien loin de pouvoir prétendre à une égalité des sexes parfaite. Une chose certaine est que cette guerre des sexes est toujours de triste actualité. Les convenances et tolérances sont-elles les mêmes selon que l’on soit un homme ou une femme ? Revenons un peu sur ce dossier brûlant et non moins épineux des rapports homme/femme. La femme pendant très longtemps était considérée comme inférieure de par sa nature biologique. Un squelette plus fin, une masse musculaire moins importante et une taille de cerveau inférieure de 15 % à celui d’un homme. Il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour que les choses commencent à changer. L’égalité est une marche aussi longue que le chemin qui mène du coeur à la tête et nous devrons emprunter la route de la réconciliation. Avant cela il est utile de replacer les choses dans leurs contextes.
Un faux postulat de départ qui taille la part belle à l’homme.

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Il nous faut revenir à nos origines communes pour comprendre le faux départ qui aura mené les femmes sur les voies de leurs conditions bafouées. Les premiers humaines sont apparus il y a 7 millions d’années.C’est peu et beaucoup en même temps.Le plus ancien connu est l’Homme de Toumaï connu sous le nom scientifique de Sahelanthropus tchadensis. Nous avons de l’homme préhistorique une image erronée. Cette image est celle d’un homme héroïque et valeureux chasseur animé de fougue et de vigeur. La femme quant à elle, sa place était donc près du feu, à s’occuper des enfants et nullepart ailleurs. 

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Nous avons donc déterminé une image sociale et familiale de la femme sur ce premier postulat faux. Faux parce que nous avons mis de côté une réalité importante et décisive : l’homme à ses prémices n’était qu’un charognard se nourrissant de carcasses d’animaux morts et de cueillettes.Il ne pouvait donc développer un comportement de prédateur puisque les outils et armes de chasses n’existaient pas encore. Il est donc évident que n’importe lequel des individus d’un groupe pouvait participer qu’ils soient un homme, une femme ou un enfant. Ce modèle de l’homme qui chasse, donc prédateur, s’est construit au fil du temps mais s’est surtout développé dans les années 1950. 

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Ce sera donc avec l’apparition de la chasse que les choses changeront.L’homme sera au coeur d’un modèle qui lui aura permis de développer les techniques de ruses,d’acquerir des grandes qualités physiques mais aussi sociales. La femme devait s’occuper des enfants et du foyer assurant l’ordinaire.Cette nouvelle donne va changer le cour de sa condition. Mais avec un peu de bon sens il est logique de savoir qu’au début des premières tribus, une femme était autant capable de manier des petits outils, de tailler des pierres et de chasser du gibier.L’homme partait en quête de sa destinée laissant femme loin derrière lui. Elle restera donc passive dans l’attente d’un destin très très lointain. Elle s’occupera donc des enfants et du foyer mais de rien d’autres.

 

Depuis la femme n’aura de cesse de vouloir reprendre la place qui, à la genèse, était la sienne. Un combat que les féministes auront à coeur d’entreprendre notamment avec la découverte de Lucy la grand-mère de l’humanité. Seulement de grandes thèses crédibles tendent à considérer Lucy comme un homme.

Tout le reste de notre histoire s’est donc construite sur l’idée fausse que l’homme était supérieur à la femme. Il faudra attendre le 19 siècles pour qu’elle commence mais surtout l’année 1907 avec une loi qui accorde aux femmes mariées de disposer librement de leurs salaires. C’est la naissance du concept de l’égalité hommes/femmes. Ce n’est qu’en 1944 qu’elles obtiendront le droit de vote et la Loi Neuwirth en 1967 qui autorise la contraception avec une apothéose en 1975 où la loi Veille permet de rendre légal l’avortement.

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Les progrès de la science ont permis de commencer à comprendre le fonctionnement de notre cerveau. Une théorie crédible reconnaît trois zones qui sont apparues au cours de l’évolution de l’espèce humaine. Le cerveau reptilien -dit primitif- qui gère notre inné donc l’instinct de survie et notre héritage ancestral; Le limbique qui gère nos expériences et émotions. Le néo-cortex qui gère notre intelligence et héberge le QI. L’étude et l’analyse de ces trois cerveaux nous aident à déchiffrer les différences et comportements hommes/femmes. Seulement nous ne sommes qu’aux prémices de la connaissance du cerveau humain.

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La femme tend donc, à juste titre, à reprendre sa place initiale telle qu’elle existait il y a plusieurs millions d’années. Il est inévitablement difficile pour l’homme de l’admettre.
Des millions d’années à remettre en cause en quelques décennies est par conséquent une tâche très compliquées pour lui. Pour ce faire un juste constat des rapports de forces hommes/femmes est nécessaire.

Hommes/femmes : état des lieux d’un rapport de force.

La société d’aujourd’hui lutte pour un rapport hommes/femmes équitable. Pour une liberté et une considération identiques qu’elles soient privées ou professionnelles. C’est loin d’être une mince affaire tant les désaccords sont nombreux, et les tolérances différentes. Pour le comprendre il est nécessaire de traiter la question des positions de la femme d’un côté, celle de l’homme de l’autre. Les clichés aujourd’hui sont bien nombreux et ancrés bien au fond de nos subconscients collectifs. 

Seulement nous sommes dans un état de guerre depuis la fin du XIX siècle. Une guerre d’actualité devenue une guerre de tranchées longues compliquée. Les défenseurs de la cause féministes opposés aux gardiens d’une société patriarcale de l’autre. Si certaines femmes se considèrent féministes par essence, cela induit que certains hommes se considèrent machistes par essence. L’homme se verra ainsi renvoyé au passé de leurs bonnes vielles grand-mères que les féministes ne manqueront pas de leur rappeler. On expliquera donc aux garçons qu’ils doivent apprendre à cuisiner, passer le balai, débarrasser la table. C’est une grande erreur conflictuelle que de mettre en opposition les filles et les garçons les renvoyant à ces années de disgrâce féminine. Le véritable travail reste dans l’éducation pour l’égalité des chances et des sexes. La culture est un excellent outil pour ce faire qui à terme permettra de réduire les inégalités de salaires, de retraites.

La tâche délicate de tendre à l’égalité des rapports hommes/femmes est rendue ardue par un contexte sociétal désordonné, axé sur la consommation à outrance, le marketing sexiste qui s’appuie sur de trop sur des stéréotypes de genre dont un des outils est cette croyance qui concerne les caractéristiques trop souvent associées aux femmes et aux hommes. Ces fameux clichés à la peau dure nous les aimons autant que nous les détestons.

Des clichés hommes/femmes aux comportements afférents.

Nous nous efforçons d’inculquer à nos chères têtes blondes des valeurs, des règles pour leurs futures vies d’adultes. Paradoxalement, et certainement parce que nous sommes encore victimes de notre passé subconscient, nous les orientons sur les routes dangereuses des différences. La couleur rose sera attribuée aux filles, le bleu sera l’apanage des garçons. A Noel elles se verront offrir des poupées les préparant inconsciemment à leurs futurs rôles de mères, de femmes au foyer à s’occuper des marmots. Les petits garçons auront quant à eux un splendide camion de pompier les conditionnant à l’image de l’homme fort qui sauve le monde. Cela n’est pas sans rappeler ces temps très lointains de l’homme qui part chasser le bison.

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Mais rassurons nous d’ici quelques décennies, grâces aux progrès de la science, les tenues et accessoires de nos soldats du feu seront beaucoup plus légers et d’avantage accessibles à la nature biologique féminine. Il en sera de même dans de nombreux domaines. De toute évidence, l’équité des sexes dépend des progrès techniques dans de nombreux secteurs professionnels.

Les idées reçues sont tenaces, elles ont encore de beaux jours devant elles. Ces croyances populaires restent encore source de divisions et de conflits nous faisant oublier qu’au-delà des hommes et des femmes il est question de la nature humaine avec ses penchants et ses vieux démons.

Nos sociétés modernes sont faites de codes, de règles, et trop souvent de dictats dans d’innombrables circonstances : le travail, la religion, le foyer, les codes vestimentaires etc…

La législation dans les diverses branches professionnelles replace les femmes au coeur des décisions. Il est de bon ton de rappeler qu’elles restent trop minoritaires aux postes clefs et bien trop peu présentes dans les arcanes du pouvoir avec au-dessus de leurs tête un plafond de verre difficile à fissurer.

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Les religions ne cessent de diviser le monde puisqu’elles se retrouvent au coeur de très nombreux conflits dans des zones de guerres. La société orientale est autant concernée que la société occidentale. Trop souvent prises à partie , elles sont détournées et instrumentalisées faisant la part belle aux entreprises terroristes qui l’ont compris. Les premières victimes sont les femmes et les enfants. Les femmes puisque soumises elles sont dépourvues de droit et liberté , les enfants parce-qu’ils seront censés prendre la relève de cet obscurantisme totalitaire. En conséquences les mêmes sujets reviennent régulièrement sur la table, souvent ceux de la laïcité, du port du voile, de la place de la femme.

Un symbole fort de la libération de la femme est l’emblématique port de la mini-jupe inspirée par la styliste anglaise Mary Quant au début des années 1960. Elle à permis l’évolution des moeurs et des codes vestimentaires. Son port reste confronté aux différents codes vestimentaires. Hommes et femmes confondus, doivent effectivement faire face aux fameux « dress-code »

Le dress-code : un frein aux droit des femmes ?

Sur les pas de l‘équité des sexes, les tenues vestimentaires se heurtent aux préjugés et aux bonnes mœurs. Pour une lutte efficace des droits des femmes nous devons ne pas nous écarter du sujet. Il ne s’agit nullement d’avoir un esprit de vengeance, de faire payer à l’homme le prix fort de tous ces siècles de dictature masculine sur la gent féminise. L’idée de revanche hante de nombreuses consciences. Le véritable et unique enjeu qui doit nous animer est celui de l’équité entre les deux sexes.

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À ce titre les dress-code dans la sphère professionnelle doivent être régis par les mêmes règles applicables à toutes et à tous. Nous sommes tous libres de nous habiller comme nous le souhaitons mais cette liberté est sommes toutes relative puisque sur notre lieu de travail, nous ne disposons pas toujours de cette faculté. Les employeurs s’immiscent dans cette liberté. Nous sommes donc contraints. La Cour de Cassation dans sa jurisprudence de février 1998 a consacré la liberté aux salariés de se vêtir comme ils le souhaitent mais la législation précise que toute mesure restrictive de la liberté du salarié de choisir sa tenue doit avoir une justification liée au travail. Des codes vestimentaires sont donc parfois prévus dans les contrats de travail. Par exemple le secteur du luxe voit une clientèle généralement exigeante. Par conséquent, un employeur peut imposer le port d’un costume cravate aux commerciaux rencontrant ces clients, il est alors question de respecter l’image de l’entreprise .Si un employeur peut imposer une tenue particulière ou interdire de porter tel vêtement, il ne dispose pas pour autant d’un pouvoir de décision arbitraire. Un professeur de sport viendra travailler en survêtement et cela ne choquera personne puisque sa tenue est adaptée à sa fonction; En revanche un directeur de banque ne pourra pas se le permettre.

Certaines entreprises mettent en place le « casual Friday » qui autorise des salariés à adopter une tenue vestimentaire plus décontractée le vendredi. Une pratique qui s’est répandue dans grand nombre de Start-up françaises, dans le sillage d’une mode venue des états-unis.

Les hommes et les femmes ne sont pas confrontés aux mêmes règles et tolérances face aux dress-codes selon le type de vêtement porté.Il ne faut pas oublier que l’équité des sexes c’est aussi les mêmes règles et tolérances par tous, peu importe notre religion, notre couleur de peau, notre appartenance à une classe sociale etc…

Nos élus, nos responsables politiques sont soumis à ces mêmes règles vestimentaires. Le costume et la cravate sont de mise puisqu’il en va de la représentation nationale et internationale du pays. Le Président de la république est le garant de la nation pendant la durée du mandat que les français lui ont confié, à ce titre il représente officiellement la France. Un dress-code adapté à sa fonction est une règle incontournable à respecter plus que pour toute autre personne. L’idée de rébellion ou de casser les codes est inévitablement hors de propos. Il est garant de l’image du pays et l’idée même d’un conseil des ministres ou d’une réunion internationale en jeans, baskets et tee-shirt est impensable.

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Les traitements de considérations sont souvent différents selon qu’ils sont reçus ou adressés à une homme ou une femme. Preuve en est, la moindre remarque à l’encontre d’une femme sur sa mini-jupe passerait immédiatement pour un propos sexiste voire machistes et soulèverait des tollés sous fond de revendication féministe. A l’inverse une remontrance faite à un homme sur son pantalon moulant ne provoquerait aucune polémique. Les femmes n’ont cessé de subir les contraintes des hommes durant des millénaires et sont devenues hermétiques au moindre écart. Les hommes quant à eux s’étant positionnés en mâles dominateurs ne sont plus en mesure de protester.
Cette différence de traitement s’applique également dans certains comportements. Pour exemple, un homme qui mettrait la main aux fesses d’une femme s’appellerait un agresseur sexuel. En revanche pour une femme qui mettrait la main aux fesses d’un homme, il s’agirait d’une blague de mauvais gout. Nous pouvons aisément expliquer cette différence de vue. Les femmes, trop fréquemment, sont confrontés aux agresseurs sexuels de toutes sortes et à de très nombreux comportements douteux.

 

L’équité serait donc cette fragile équation entre des droits identiques, les blessures du passé et les différents axes de tolérances. Sa mise en oeuvre soulève parfois de virulentes polémiques nécessaires aux différentes remises en question pour favoriser l’avancée des mentalités.

Ce sera aux générations futures de continuer ce rude travail de l’égalité des sexes afin de parvenir à des tolérances équitables, dans le respect des mêmes droits et considérations pour les hommes et les femmes sans distinction aucune.

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La femme ne doit être nullement l’avenir de l’homme; tout comme la condition de la femme ne devait en aucun cas passer par les mains entravantes de l’homme. Pour ce faire, la virilité de l’homme devra cesser de résonner comme une insulte. Chacun des deux sexes devra retrouver une confiance mutuelle. Le schéma d’une société parfaite ne se fera pas par le rejet d’un modèle patriarcal en faveur d’un modèle matriarcal. Seules comptent les libertés, les droits et les devoirs identiques pour les deux sexes. A la femme maintenant de prendre rendez-vous avec son destin, d’aller à son tour vers ce lointain qui l’élèvera.

Thierry Paul VALETTE

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