L'avocat face au populisme dans une cour de justice #Morreti #Merah

Lors du déroulement du douloureux procès de l’affaire Merah, il était notoire de constater que pour beaucoup il ne faut laisser aucune liberté aux ennemis de la République remettant mon ême en cause le droit à la défense.Thierry Paul Valette.

Des dangers du populisme ...

 

Lors du déroulement du douloureux procès de l’affaire Merah, il était notoire de constater que pour beaucoup il ne faut laisser aucune liberté aux ennemis de la République remettant mon ême en cause le droit à la défense. Une ritournelle redondante a chaque procès qui émeuvent l’opinion publique jetant parfois à la vindicte populaire avocats et familles…des simples avocats aux ténors du barreau, tous sont concernés. Certains d’entre eux accepte , d’autres refusent …

Maître Moretti au procés Mérah Maître Moretti au procés Mérah

Une cour de justice n’est nullement une cour de vengeance, se venger n’est pas juger. Seul prévaut la loi. La défense est cet impérieux équilibre qui laisse fermer la porte de tous les excès. Elle est par ailleurs inscrite dans la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen dans son article premier : « égalité devant la loi de tous les citoyens »

Le droit ne laisse pas de place à la morale, ce qui prévaut, c’est la loi, de manière stricto sensu. Sans défense, il ne pourrait y avoir d’équilibre, ce serait la porte ouverte à tous les excès, à la dictature de ceux qui veulent se venger et imposer leur peine. Or, la vengeance n’est pas la justice et se venger n’est pas juger.

Rappelons que toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi et l’article 6-1 de la Convention européenne des droits de l’homme.
L'aide juridictionnelle étant assurée par la loi no 91-647 du 10 juillet 1991 pour ceux et celles qui n’auraient les moyens de se défendre juridiquement.

Un avocat se doit d’être l’avocat d’une homme ou d’une femme et en aucun cas celui d’une idéologie ou d’une cause . A ce titre les robes noires, ne sont pas complices des actes commis par leurs clients. Quand un avocat accepte de défendre les intérêts d’un éventuel client il se doit de ne pas être le faire valoir des revendications idéologiques contraires aux règles de droits et de dignité de l’homme. Il s’agit de la conscience éthique.

Les réseaux sociaux ont cette fâcheuse habitude de se porter juge et bourreaux des procès médiatiques bien que situés en dehors des prétoires et de la connaissance des dossiers bafouant trop souvent la présomption d’innocence avec la complicité de « certains médias ». N’oublions pas que c’est à Athene, lieu de naissance de notre démocratie au 5ème siècle avant J-C, que la notion d’une liberté citoyenne fut l’une des premières pierres posées de notre société d’aujourd’hui.

L’affaire du procès « Mérah » répond à l’ensemble de ces règles et pose également une question importante: Doit-on faire le procès d’un homme ou celui d’une idéologique, en l’occurence celui de l’idéologie islamiste ?

Cette question, si elle a le mérite d’être débattue, doit se discuter devant les portes d’un tribunal et non derrière au risque sinon de créer des boucs émissaires conduisant parfois à de graves erreurs judiciaires.

En aucun cas l’acceptation par un avocat d’un dossier, d’un client aussi sulfureux soit-il n’autorise à mener une cabale assassine à son endroit justifiant pour certains de menaces de morts et d’appels à la vindicte populaire.
La notion anti-démocratique « oeil pour oeil et dent pour dent » n’est rien d’autre que de se placer au même niveau d’assassins, de violeurs, de pédophiles etc…L’émotion et le désarroi ne peuvent à eux seul justifier des comportements similaires cachés derrière une soif de justice et de dénonciation moraliste.

Face à de tels drames, pour des familles de victimes, l’important est la reconstruction psychologique des individus. Un processus long et sinueux. Une cour de justice doit-elle être le lieu pour cela ? Cette question mérite également discussion mais le besoin de vengeance ne doit pas mettre à mal l’émergence de la vérité au sein d’une cour de justice.

De toutes évidence la justice de l’Homme prédomine le commun des mortels au-delà des règles de droits. Il n’est nullement question de réconciliation entre l’individu et la justice mais plutôt de compréhension et de recul.

Les décisions de justice ne sont pas toujours équitables, de trop nombreuses erreurs judiciaires jettent l’opprobre sur les institutions concernées mais néanmoins les problèmes de la société doivent se discuter et se régler au sein de la société avant tout.
Nos institutions connaissent des dysfonctionnements mais ont tout de même ce mérite qui est celui d’exister la ou ailleurs dans le monde les droits de l’Homme sont sans cesse bafoués voir inexistant laissant la place libre aux dictatures et aux idéologies les plus dévastatrices comme c’est le cas pour l’idéologie islamiste.

Nous devons avant tout apprendre à nous respecter, apprendre à nous connaitre, accepter nos toutes différences qui sont cette formidable chance vectrice d’échanges et de partages. Les réseaux sociaux ont cette fâcheuse tendance de casser les codes, de briser la morale, d’être ce déversoir de haine et d’insultes nauséabondes et trop souvent racistes et anti-sémites mais nous avons le choix.
Ce choix qui est le pilier de nos libertés. Nous avons le choix de cette liberté d’accepter ou de refuser, de subir ou de ne plus se laisser faire, de cautionner ou de réfuter. Mais s’il vous plaît essayez plutôt de proposer des solutions à la place d’une critique permanente vide de propositions et parfois d’arguments…

Comme disait Victor Hugo, « Faire justice est bien ; rendre justice est mieux »

TPV
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