Conférence sur la crise au Burundi organisée par SOS Racisme

Conférence organisée par SOS Racisme sur la crise au Burundi samedi 3 février 2018 avec Dominque Sopo et Beate Klarsfeld. Des droits de l'Homme et de la presse sans cesse bafoués. Plus de 500 personnes ont perdu la vie l’an dernier dans des violences liées à la crise politique que traverse ce petit pays d'Afrique centrale. Alerter la communauté internationale est un devoir. Thierry Paul Valette

CONFÉRENCE SUR LA CRISE AU BURUNDI : LA RESPONSABILITÉ EST DE PROTÉGER

À l'initiative de SOS Racisme, était organisée samedi 03 février à la Bellevilloise une conférence sur la crise au Burundi, avec la présence de Beate Klarsfeld, militante anti-nazie germano-israélienne et travaillant pour la mémoire de la Shoah.

Conférence sur la crise au Burundi organisée par SOS Racisme © Thierry Paul Valette - Égalité Nationale. Conférence sur la crise au Burundi organisée par SOS Racisme © Thierry Paul Valette - Égalité Nationale.

Rappelons que depuis 2005 le pays est plongé dans une crise trés profonde tant sur le plan politique qu'humanitaire. Ce sont un peu plus de 500 000 Burundais qui se sont réfugiés dans les pays voisins et près de 200 000 à l'intérieur du pays. Ce sont également prés de 2000 Burandais qui ont été assasinés pour avoir contesté le mandat du président Pierre Nkurunziza. Ce dernier, violant l'article 96 de la Constitution et les accords de paix d'Arusha, avait brigué ce troisième mandat. Le pays compte des centaines de disparus et 7000 personnes qui croupissent dans les les prisons du pays. 

Pierre Nkurunziza, président du Burundi © thierry Paul Valette - Égalité Nationale. Pierre Nkurunziza, président du Burundi © thierry Paul Valette - Égalité Nationale.

En juin 2017, une commission d'enquête internationale rendait son rapport au Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Une enquête de terrain de 4 mois qui confirmait les «pires craintes» selon les mots du président de cette commission Fatsah Ouguergouz.

The ICC Will Investigate Potential War Crimes in Burundi After a Year of Violence © ICC The ICC Will Investigate Potential War Crimes in Burundi After a Year of Violence © ICC

Face à l'abnégation du pouvoir, les violences sont devenues clandestines et d'avantage brutales et se réalisent en toute impunité. Le ministre des Droits de l'homme Burundais avait par ailleurs rejeté ce rapport avant même sa publication s'en prenant à l'Union européenne et criant au complot.

La conférence de samedi était l'occasion de rappeler l'ensemble de cette situation dramatique à l'opinion publique et à la communauté internationale. La cour pénale Internationale quant à elle, a ouvert des enquêtes sur de probables crimes contre l'humanité dans ce pays.

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Pour se faire, trois tables rondes ont permis d'aborder l'ensemble des points relatifs à la situation de cette crise. 

L'ouverture et la présentation de cette conférence s'est faite par les interventions de Dominique Sopo et Beate Klarsfeld.

intervention de Dominique Sopo , président de SOS Racisme © thierrypaulvalette

Dominique SOpo et Beate Klarsfeld ouvrent les débats © thierry Paul Valette - Égalité Nationale. Dominique SOpo et Beate Klarsfeld ouvrent les débats © thierry Paul Valette - Égalité Nationale.

 

PREMIÈRE TABLE RONDE : DE L'ILLUSION D'UN ESPOIR À LA FOLIE CRIMINELLE.

Animée par Francis Laloupo (journaliste à Africa n°1), étaient présents à cette table:

   -Pierre Mbonimpa, président de l'APRODH et lauréat de prix internationaux pour la défense des droits humains au Burundi.

   -Ida Sawyer, directrice de Human rights pour l'Afrique centrale.

   -Élyse Ngabire, présidente de l'association des journalistes Burandais en exil.

   -David Gakunzi, écrivain et journaliste.

Premiere table ronde © thierry Paul Valette - Égalité Nationale. Premiere table ronde © thierry Paul Valette - Égalité Nationale.

 Cette première table a rappelé le contexte de l'arrivée au pouvoir en 2005 de Pierre Nkurunziza. Étaient abordées aussi les violations massives de la part du pouvoir depuis sa réélection en 2005.

 

SECONDE TABLE RONDE: LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE FACE À SES RESPONSABILITÉS.

Animée par Christophe Boisbouvier (journaliste à RFI), étaient réunis autour de cette table:

   -Bernard Maingain, avocat au barreau de Bruxelle.

   -Marie d'Harcourt, avocate au barreau de Paris.

   -Jean-francois Dupaquier, historien, journaliste et expert au TPIR.

   -Un représentant de la FIDH.

Seconde table ronde © thierry Paul Valette - Égalité Nationale. Seconde table ronde © thierry Paul Valette - Égalité Nationale.

 Le potentiel génocidaire est très élévé alors que la communauté internationale n'a trouvé aucune issue à la crise. L'évocation du droit international a fortement marqué cette seconde table.

 

TROISIÉME TABLE RONDE: ACCÉLÉRER LA MOBILISATION INTERNATIONALE POUR ÉVITER LE PIRE AU BURUNDI.

Animée par Sabine Cessou, journaliste d'Africa Magazine.

   -Dominique Sopo, président de SOS Racisme.

   -Didier Ouedraogo, président du collectif contre la confiscation de la démocratie au Burundi.

   -Khada Nin, artiste burundais.

   -Benjamin Abtan, président de l'EGAM.

Troisieme table ronde © thierry Paul Valette - Égalité Nationale. Troisieme table ronde © thierry Paul Valette - Égalité Nationale.

 

 

Les intervenants ont traité des moyens d'accélérer la mobilisation internationale pour mettre fin aux souffrances du peuple burundais. 

L'ensemble des intervenants de ces trois tables rondes a permis une qualité des débats à la hauteur des enjeux de cette conférence sur la crise au Burundi. Ibrahime Sorel Keita  a permis les transitions entre ces trois tables.

Remerciements aux associations et militants présents qui se battent pour la défense des droits de l'homme. © thierry Paul Valette - Égalité Nationale.

Il n'a pas oublié de remercier l'ensemble des invités et acteurs dans la lutte pour la défense des droits de l'homme : Urgence Darfour , l'avocat des droits de l'homme , Thierry Paul Valette pour l'Égalite Nationale, le collectif international pour la défense des droits et Esther Kamatari, mannequin et princesse exilée du Burundi.

Ibrahime Sorel Keita ( vice président SOS Racisme) et Beate Klarsfeld © thierry Paul Valette - Égalité Nationale. Ibrahime Sorel Keita ( vice président SOS Racisme) et Beate Klarsfeld © thierry Paul Valette - Égalité Nationale.

Il a rappelé l'importance de continuer cette mobilisation pour défendre les droits au Burundi.

La mobilisation doit en effet continuer de s'amplifier. Tout doit être fait et tenté pour parvenir à la résolution de cette crise. Pour se faire l'ensemble des acteurs du monde associatif, médiatique et de diverses coordinations, doivent avancer d'un seul et unique pas. 

Thierry Paul Valette ( Président de l'Égalité Nationale) et Beate Klarsfled © thierry Paul Valette - Égalité Nationale. Thierry Paul Valette ( Président de l'Égalité Nationale) et Beate Klarsfled © thierry Paul Valette - Égalité Nationale.

 Nombreuses nations désirent la paix et leurs armées font la guerre pour l’établir. Malgré cela, elle reste insaisissable dans de nombreuses zones de conflit. Le monde est rempli par la guerre, le terrorisme, le trouble et la confusion. Alors plus que jamais il est nécessaire d'agir dignement et de dénoncer tous ces actes d'exactions partout là où ils sont commis.

Thierry Paul Valette.

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