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Billet de blog 12 oct. 2018

Les réformes gouvernementales bénéficient surtout aux 1% les plus riches

Emmanuel Macron président des riches? Une étude menée par l'Institut des politiques publiques (IPP), un organisme d'évaluation indépendant, confirme ce constat. Des mesures fiscales au détriment des personnes modestes et surtout des retraités. Les très hauts revenus ont bénéficié des mesures fiscales sur le patrimoine, à savoir la suppression de l'Impôt sur la fortune (ISF). Thierry Paul Valette

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François Hollande aurait-il vu juste en taxant  Emmanuel Macron de président des riches ? Une récente étude semble aller dans ce sens. Étude menée par l'Institut des politiques publiques (IPP), un organisme d'évaluation indépendan. Selon l'organisme, les réformes du gouvernement profitent donc en priorité aux 1% les plus riches.  Les mesures fiscales décidées par le gouvernement pour 2018 et 2019 seraient ainsi au détriment des personnes modestes et surtout des retraités.

Bruno Le Maire et Gerald Darmanin présentent le projet de loi de finances pour l'année 2019. © CHAMUSSY/SIPA

La suppression de l'impôt sur la fortune au profit de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) et la création du prélèvement forfaitaire unique ( flat tax) de 30%, expliquent ce triste constat. La taxation des revenus du patrimoine mobilier a été allégée ainsi que les plus-values financières sur les ventes d'actions. Or les 1% les plus riches représentent  tout de même 30% du total des revenus du patrimoine et concentrent près de 50% des revenus tirés des plus-values. 

La suppression de l'ISF et du PFU devaient coûter 4,5 milliards d'euros à l'État en 2018 mais les recettes se sont révélées bien plus conséquentes. L''IFI a rapporté ainsi 400 millions d'euros de plus. 

Une bonne nouvelle pour les classes moyennes est à souligner. Elles font partie des heureux gagnants de ces mesures fiscales. Pour rappel, les classes moyennes représentent les personnes situées au-dessus des 30% les plus pauvres. Elles demeurent sous les 20% les plus riches. 

Mais attention, les 20% les plus aisés ne bénéficieront pas de la baisse de la taxe d'habitation. En effet,  sa suppression pour l'ensemble des foyers n'est prévue qu'en 2021.

Dans son étude, l'IPP a considéré les retraités des autres ménages. Ils sont donc les grands perdants. La hausse de la CSG les avait fortement frappé. Une mesure qui concernait  60% des retraités les plus riches. Ils verront leurs pensions revalorisées que de 0,3% au mois de janvier donc en dessous du seuil de l'inflation actuellement à 1,6%. Les plus modestes sont généralement pénalisés par ces mesures fiscales. Leurs prestations sociales seront cas-gelées en  2019.

Une vision trop partielle pour les membres de la majorité présidentielle participant à un débat suivant la présentation de l’étude. « Il faut vraiment mettre en regard ce qui se passe sur le plan fiscal et ce qui se passe sur le plan budgétaire », a estimé Jean-Noël Barrot, vice-président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Pour le député MoDem des Yvelines, la politique de lutte contre les inégalités mise en oeuvre par le gouvernement passe aussi par le dédoublement des classes de CP dans les quartiers défavorisés ou encore la mise en place du « reste à charge zéro » pour certaines prothèses dentaires et auditives et l’optique.

Thierry Paul VALETTE

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