Manifestation pro-Palestine,la décision arbitraire de Gérald Darmanin

G.Darmanin avait fait interdire les manifestations pro-Palestine de samedi. Le ministre de l'Intérieur affiche ainsi la véritable position d'E.Macron dans le conflit israélo-palestinien sous couvert de lutte contre l'antisémitisme et la violence. L'ultra-verbalisation, l'usage du canon à eau et de la matraque n'auront pas suffi à faire taire. Thierry Paul Valette

Manifestation pro-Palestine, la décision arbitraire et anti-démocratique de Gérald Darmanin:

Gérald Darmanin avait demandé au préfet de police d’interdire les manifestations pro-Palestine de samedi 15 mai bafouant l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. De ce fait, le ministre de l'Intérieur affiche la véritable position du président E.Macron dans le conflit israélo-palestinien sous couvert de lutte contre l'antisémitisme et de violences. L'ultra-verbalisation, l'usage excessif du canon à eau et les coups de matraque n'auront pas empêché les manifestants de battre le pavé.

DarmaninGérald Darmanin avait demandé au préfet de police d’interdire les manifestations pro-Palestine de samedi 15 mai DarmaninGérald Darmanin avait demandé au préfet de police d’interdire les manifestations pro-Palestine de samedi 15 mai

Alors que l'escalade militaire ne cesse de s'intensifier entre le Hamas et Israël, que des troupes israéliennes ont pénétré dans la bande de Gaza, les affrontements ont fait plus de 100 morts  dont 27 enfants et 580 blessés depuis le début des frappes aériennes israéliennes. Côté Etat hébreu, les tirs de roquettes depuis la bande de Gaza ont fait sept morts et plusieurs dizaines de blessés. 

Pour ne pas taire la solidarité avec les Palestiniens, associations, personnalités politiques de la France Insoumise et citoyens avaient lancé des appels aux rassemblements un peu partout en France. Pour des raisons controversées, le préfet de police en a décidé autrement. Répondant aux ordres du ministre de l'Intérieur, il n'a autorisé aucun rassemblement dans la capitale. Selon lui, les risques de débordements étaient trop importants suscitant l'indignation du député LFI Éric Coquerel, député LFI "Depuis 2014, il y a eu plein de manifestations en solidarité avec les Palestiniens et pour le processus de paix, qui se sont très bien passées. En faisant cela, Gérald Darmanin suscite des risques de violences, de heurts, c’est une provocation de sa part. Je suis très étonné que ce qui est possible aux États-Unis et dans tous les pays du monde ne le soit pas en France"

En dépit de l'interdiction, les soutiens aux Palestiniens se sont rassemblés à Paris. Ils étaient 2 500 à 3 500 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur. Ainsi peu avant 15 h, à Paris, le déploiement policier était massif et visible notamment dans le quartier de Barbès, soit un total de 4 200 policiers et gendarmes mobilisés. Consignes ont été données de dispersion immédiate dès que des manifestants tentaient de se regrouper, et ultra-verbalisation à hauteur de 135 euros.

Vidéo du rassemblement sur le boulevard Magenta à Paris: https://www.facebook.com/thierrypaulvalette/videos/10159211518258427/

A l'inverse, d'autres rassemblements, autorisés ceux-ci, ont également été organisés dans d'autres villes dont Lyon, Marseille, Lille et Nice sans qu'aucun heurt n'ait été noté, posant de facto la question de la contre-productivité de l'interdiction des rassemblements parisiens. 

La répression policière n'a pas concerné les seuls manifestants pro-Palestiniens puisque des journalistes de presse libre se sont vu eux aussi infliger des amendes de 135 euros.

Thierry Paul Valette dénonce sa verbalisation pour le fait d'avoir filmé le rassemblement pro-Palestine. © Thierry Paul Valette #TPV

D'autres, quant à eux, se sont fait malmener physiquement comme en témoigne Rémy Buisine sur son compte twitter: l’instant, un policier met un gros coup de matraque dans mon téléphone, il s’envole à plusieurs mètres de hauteur. Je suis ensuite violemment plaqué".

Le journaliste Rémy Buisine molesté par la police lors du rassemblement pro-Palestinien. © Remy Buisine

Ce dimanche 16 mai, de nouveaux bombardements meurtriers à Gaza ont eu lieu faisant au moins 40 morts côté Palestinien portant le bilan à 188 morts dont 55 enfants. En Israël, dix personnes ont été tuées, dont un enfant, par des tirs de roquettes.

Thierry Paul Valette

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