La prise d'otage des syndicats de police en présence de Gérald Darmanin.

Le rassemblement des forces de police devant l’Assemblée nationale s'est transformé en une manifestation contre la justice en présence de Gérald Darmanin. Citoyens et policiers ont été les otages des syndicats de police. Une ligne rouge a donc été franchie ce mercredi loin des véritables problématiques.Thierry Paul Valette.

Le rassemblement des policiers devant l’Assemblée nationale à Paris, pour demander une réponse pénale ferme face aux agressions à l'encontre des forces de l'ordre, s'est transformé en une manifestation contre le ministère de la Justice en la présence de Gérald Darmanin et de différents représentants de la classe politique. Cette ambiguïté est une première qui aggrave le trouble ambiant dans un débat qui agite encore le pays deux semaines après le meurtre du brigadier Éric Masson.

La prise d'otage des syndicats de police en présence de Gérald Darmanin. La prise d'otage des syndicats de police en présence de Gérald Darmanin.

Fabien Vanhemelryck, le représentant du syndicat Alliance Police, lors de sa prise de parole a déclaré: "il faut être clair alors soyons clair, le problème de la police c'est la justice !". Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, absent du rassemblement, était donc la cible des syndicats.

Sa réponse devant la représentation nationale ne s'est pas faite attendre: "Ce qui me semble en revanche dangereux pour notre démocratie, c'est que l'on oppose en permanence et à des fins électoralistes, et avec un certain cynisme, la justice et la police. Policiers et magistrats sont dans la même barque".

Le rassemblement des forces de police devant l’Assemblée nationale s'est transformé en une manifestation contre la justice en présence de Gérald Darmanin. Citoyens et policiers ont été les otages des syndicats de police. Une ligne rouge a donc été franchie ce mercredi loin des véritables problématiques.Thierry Paul Valette. Le rassemblement des forces de police devant l’Assemblée nationale s'est transformé en une manifestation contre la justice en présence de Gérald Darmanin. Citoyens et policiers ont été les otages des syndicats de police. Une ligne rouge a donc été franchie ce mercredi loin des véritables problématiques.Thierry Paul Valette.

Tout le coeur du problème semblerait être ici, dans la réponse pénale apportée aux agresseurs de policiers.  Jean Castex, quant à lui, s'est également dit favorable à une limitation plus stricte des possibilités de réduction des peines pour ceux qui s'attaquent aux forces de l'ordre.

In fine, ce rassemblement n'était donc pas celui d'un hommage au policier assassiné mais un règlement de compte à des fins électorales avec un certain cynisme. De nombreux policiers n'ont pas souhaité se rendre devant l'Assemblée nationale au vu des différents tracts des syndicats de police.

Il est fort déplorable que les conditions de détention au sein de nos prisons françaises ne soient pas abordées. La radicalisation derrière les barreaux est une réalité. La prison fabrique de la délinquance, de la misère humaine, et le processus de réinsertion totalement obsolète. Condamner et enfermer n'est pas la solution miracle. La scission entre la police et les citoyens est une fracture profonde aggravée par la divergence entre les différents syndicats de police.

Thierry Paul Valette

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