Pour un observatoire des banlieues , propositions à Emmanuel Macron

Nos banlieues laissées pour compte deviennent moribondes. Mais miraculeusement, elles ressuscitent à chaque élection présidentielle avec toujours le même scénario amoureusement cynique. Logique elles deviennent alors un enjeu incontournable pour les élections, une sorte de baptême du feu pour un candidat en proie au poste suprême. Thierry Paul Valette

https://www.facebook.com/thierrypaulvalette/posts/10155665246513427

Macron , campagne Présidentielle 2017 Macron , campagne Présidentielle 2017

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Pour nos banlieues on fait quoi ????
M.Macron avait affirmé une vision d’une « politique de discrimination positive ( Cela reste très discutable) envers les quartiers difficiles », et assurait vouloir « remettre dans les quartiers un imaginaire républicain de réussite ». Il proposait d’ailleurs de verser une prime à l’entreprise qui recrute en CDI un habitant des quartiers prioritaires. Quand nos responsables vont agir ?

Nos banlieues laissées pour compte deviennent moribondes. Mais miraculeusement, elles ressuscitent à chaque élection présidentielle avec toujours le même scénario amoureusement cynique. Logique elles deviennent alors un enjeu incontournable pour les élections, une sorte de baptême du feu pour un candidat en proie au poste suprême.
Douze ans ont déjà passés depuis les émeutes de 2015. Souvenez vous deux adolescents avaient trouvé la mort à Clichy-sous-Bois. Ce tsunami de violences urbaines n'avait aucun précédent dans l’histoire de nos banlieues françaises et les constats restent aussi alarmants tant d'années après.

Le candidat à l’élection présidentielle de 2012 en avait fait un enjeu de campagne. Rappelons-vous, un certain François Hollande, pendant le meeting du Bourget,promettait de faire des banlieues une priorité. Il recueillait ainsi 63% des voix des votes à Aulnay-sous-Bois.

Mais cinq ans après cette talentueuse et opportuniste mise en scène c’est le grand désaveu et les témoignages s’enchainent et se répètent à l’identique, mythe de Sisyphe versus "mythe du banlieusard".

En voici quelques exemples :

« Qu’on vote à droite ou à gauche, c’est la même galère. J’ai voté Hollande et en fait ça reste la même chose », « Voter pour qui, pourquoi ? Ça sert à rien. On reste ici, on pourrit ici », « C’est pour ça que je ne vote plus, c’est bon ! »
« Les politiciens, il y a toujours des scandales qui sortent sur eux, alors que nous on est là et on galère pour trouver du travail »,

2017 rebelote, c'est le même scénario. En déplacement aux Mureaux pendant l’élection présidentielle , monsieur le Président avait constaté l'abyssale défiance des habitants des quartiers à l’égard des politiques. Une petite phrase opportuniste sortie de votre chapeau pour tenter d'obtenir le vote des banlieues restera inscrite : "Je ne suis pas venu faire des promesses pour les quartiers. On leur a trop promis, pour ne pas faire pareil"

Et oui les banlieues , passées sous silence, restent un sujet brûlant. Leurs actualités ont la fâcheuse habitude de défrayer la chronique plutôt que de les mettre en valeur. Rappelons nous encore de l’affaire Adama Traoré, une affaire judiciaire qui a pour origine la mort du jeune homme de 24 ans, Adama Traoré, le 19 juillet 2016 à la gendarmerie de Persan suite de son interpellation à Beaumont-sur-Oise.
Le jeune homme meurt dans des conditions encore non éclaircies. Sa mort prend une ampleur judiciaire suite à des dépôts de plainte concernant un possible homicide involontaire, de supposées entraves à l’enquête. Une triste histoire parmi tant d’autre....

Sans oublier la dernière en date, l'affaire Théo. Plusieurs banlieues avaient fait l'objet de violences après le viol présumé de Théo, blessé lors d'un contrôle de police. Monsieur Hollande avait su poser devant les caméras aux chevet du jeune homme mais n'en a jamais déclenché pour autant un plan de réhabilitation national de nos banlieues.

Ne soyons pas étonnés pas qu'après une certaine France antiraciste retrouve les réflexes peut-être inconscients de la haine anti-flics.
Que reste t'il de " Nous sommes tous Charlie" ? Juste les bribes d'une belle morale collective qui n'aura que très peu durée. Les temps héroïques de nos policiers glorifiée à la liesse populaire sont désormais révolus.

Nos banlieues sont aux premières lignes des maux de notre société : chômage, racisme, insécurité, isolement etc…Les portraits dressés sont toujours aussi noirs.

Un rapport de l’Observatoire national de la politique de la ville, publié le mardi 3 mai, 2016, avait précisé que les jeunes diplômés et les non-immigrés sont aussi touchés par la crise économique.

Peu d’enquêtes de terrain, peu de débats et de propositions sont réalisés. Résultat les populations se sont éloignées des bureaux de votes les isolant encore plus---> abstentionnisme. Cet isolément laisse l’incompréhension face à l’islam gagner du terrain. La religion devient instrumentalisée et détournée laissant la place aux amalgames et aux clichés ( une minorité jetant l'opprobre sur une majorité) Même l’enseignement ne parvient pas à rééquilibrer l’égalité des chances. Vive la cinquième puissance mondiale Monsieur le Président.

Le plus terrible ce sont ces mêmes préjugés fortement ancrés qui laissent peu de chance aux habitants de ces zones de non pouvoir de s’élever et s’insérer dans la société et font les beaux jours des tolérants hypocrites, bâtissant les fortunes de certains artistes, chanteurs et auteurs qui dénoncent mais ne proposent rien, banalisant le »banlieusard ».

N'oublions pas non plus que de trop nombreuses associations, qui faute de moyens et d’écoute, voient leur travail inefficace et demeurent impuissantes devant ce mal, victimes de la passivité de vos gouvernements successifs face aux problèmes. Certains de nos maires sont également démunis.

Les différentes commémorations liés à de dramatiques événements, auxquelles vous participerez peut-être , restent des approches maladroites puisque l’on ne s’intéresse pas aux banlieues de manière quotidienne mais plutôt de manière évènementielle.

Les discours dominants et négatif au sujet des banlieues portent un regard biaisé et aggrave inextricablement les réalités. Le seul sentiment qui domine est celui de l’abandon et alimente pour une minorité la théorie du complot.

Les populations sont confrontées au problème de drogue qui correspond d’avantage à un plan B plutôt qu’une volonté de ne pas s’insérer ce qui est loin d’améliorer les rapport avec la police. Les habitants ont à faire à une police d’intervention et non une police quotidienne. Nos responsables doivent revoir votre politique sécuritaire.
Un vieux dicton dit :" avant d'aller regarder chez son voisin il faut savoir passer le karcher devant sa porte"
Concernant une partie des jeunes de banlieue beaucoup diront d'eux qu'ils préfèrent vendre de la drogue que de vouloir travailler. Mais déjà pour beaucoup de personnes trouver un travail et un logement est un parcourt du combattant mais si en plus de cela vous avez le teint bronzé et un nom à consonance c'est casi-mort d'avance. Ca c'est une réalité. Et puis le trafic de drogue se passe aussi à Paris, dans les banlieues chic, dans les campagnes. La violence est partout. À Paris le secteur des Champs-Elysée est devenu un véritable coupe gorge !!!! Par contre il y a certaines personnes qui ne lèveront les pouces pour du travail et s'en sortir. Mais ces personnes la sont de toutes couleurs et de toutes origines ...Ce n'est pas l'apanage de jeunes de banlieues !!!!! Des brebis galeuses il en existe partout. Alors cessons de prendre une minorité pour en faire une généralité!!!!

Tous cela est donc un cocktail explosif renforçant les sentiments d’injustices et de discriminations et jetant les regards sur les immigrés. Pour eux trouver un travail , entrer en boîte de nuit, trouver un logement, reste le parcours du combattant. La sphère des élites parisiennes ne semble toujours pas réaliser l’ampleur des inégalités de l’état critique de nos banlieues.

La manière dont est traitée la question des banlieues est entièrement à revoir et nous devons faire très attention aux petites phrases qui les unes après les autres ont des conséquences insidieuses et jettent de l’huile sur le feu. Ces discours, au final, renforcent chez les jeunes l’idée d’un pouvoir qu’ils ont et dont ils se servent... à tord où à raison, je vous laisse seul juge.

Le »vivre-ensemble » ne s’improvise pas. Cela nécessite un travail de longue haleine, une sensibilisation généralisée aussi bien dans les milieux dits favorisés que dans les banlieues.

Il faudrait songer à changer de posture politique et envisager de nouvelles pistes de de réflexions. Concernant les jeunes depuis toujours la même question se pose : « comment ouvrir les portes de la capitale aux jeunes de banlieue ? »
Cette position est trop condescendante donc une mauvaise approche.

Nos banlieues devraient être le symbole de la diversité et des richesses, une ruche active synonyme d'espoir et de réussite. Nous avons la du multiculturalisme mais ne savons pas de quel manière l'exploiter. Nos banlieues c'est aussi la solidarité , la volonté de s'en sortir , le partage , des belles aventures humaines , de beaux laboratoires à tailles humaines. Il ne faut plus que le mot"banlieusard" soit péjoratif et continue de rester synonyme de "galériens".

L'humanitaire est une cause noble mais nos banlieues souffrent d'une crise humanitaire morale et sociétal. À quand un plan de réhabilitation national de nos banlieues ? À quand une magnifique Charte des banlieues ? À quand cet observatoire des banlieues ???

Propositions à soumettre, certaines étant symboliques (les symboles comme sont essentiels ) :

Concernant les mesure symboliques :

1- Inviter des personnes  issus des banlieues difficles  à l'Elysée : occasions spécifiques.

2-Passez un du temps dans les banlieues en dehors de tout coup de communication et de toutes commémorations officielles.

3-Mettre en place un véritable "observatoire des banlieues" auquel seraient associés des jeunes et des habitants des quartiers sensibles, des élus, des entreprises etc.... Cet observatoire aura vocation à pointer les réelles difficultés quotidiennes du terrain par des acteurs eux mêmes concernés et non par des technocrates. Cet observatoire sera neutre,en dehors des compromis de la socièté et des partis politiques. Il aurait vocation à mettre en place des tables citoyennes mais sutout une véritable charte des banlieues appuyée par des rapports annuels et des sondages dédiés !

Concernant les mesures concrètes :

1-Ne plus pratiquer une politique de répression mais de prévention au sein des banlieues.

2-Aller vers une politique de "dépénalisation" du cannabis pour lutter contre le trafic de drogue.

3-Former une police dont les personnes sont déjà issus des banlieues

4-Condamnations et sanctions exemplaires des communes ne respectant la loi SRU ( 25% de constructions de logements sociaux pour les communes de plus de 3500 habitants.

5-Condamnations exemplaires des policiers hors-la-loi,même en comparutions immédiates. Raccourcir les procédures.

6-Obligation pour un employeur d'embaucher des personnes issues des banlieue, taux à définir après commission.

7-Exonération de charge pour les PME s'installant en banlieues. Durée à définir après commission.

8-Délocalisations d'instituts, d'écoles ou administrations pour lutter contre l'isolement des élites.

9-Création d'un ministère des zones périurbaines. Leurs problématiques différentes des villes renforce l'idée d'un traitement spécifique mais surtout d'avoir un interlocuteur unique et efficace. La difficulté actuelle étant la dispersion des compétences, des acteurs, des décideurs etc...

10-Renforcer la lutte contre le racisme et l'antisémitisme , contre l'incompréhension vis-à-vis de l'islam qui souffre des idées reçues et des amalgames de toutes sortes. Ne pas oubliez que le racisme est de tout côtés : anti-blancs , anti-noirs , anti-arabes ,anti-musulmans etc....

11-Créations de centres éducatifs spécifiques pour les jeunes condamnés. La prison n'étant plus la solution puisque pour la plupart il s'agit d'une valorisation, d'un lieu de rencontres et d'échanges.

Et réglons une bonne fois pour toute cette fichue question de la laïcité qui crée à chaque fois la discorde, divise et oppose les uns et les autres...

Thierry Paul Valette
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