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Billet de blog 19 nov. 2018

La diplomatie de la honte

Mohamed Ben Salman qui au départ a été présenté par la presse occidentale comme un progressiste, un réformateur qui allait moderniser le royaume s’est révélé un dirigeant autoritaire de la pire espèce. Les dérives n’ont cessé de s‘accumuler. Thierry Paul Valette

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Mohamed Ben Salman qui au départ a été présenté par la presse occidentale comme un progressiste, un réformateur qui allait moderniser le royaume s’est révélé un dirigeant autoritaire de la pire espèce. Les dérives n’ont cessé de s‘accumuler : 

condamnations de militants des droits de l’homme comme Israa Al Ghomgham, une dissidente chiite à l’encontre de qui le procureur du royaume a récemment requis la peine de mort pour avoir fait de la publicité sur des manifestations hostiles au régime dans la province orientale.

- arrestation de féministes saoudiennes détenues depuis plus de 100 jours à l’image d’Iman Al Nafian, une mère de deux enfants qui comme les autres interpellées est juste coupable d’avoir voulu conduire.

sans aucun respect du droit et de la procédure , il a embastillé un de ses plus proches conseillers économiques jugé responsable du coup d’arrêt de la cotation en bourse d'Aramco suite à l’effondrement des cours du pétrole en 2014.

- emprisonnement depuis 2015 du jeune blogeur Raif Badawi régulièrement fouetté.

- affaire Hariri et la manière dont il est intervenu brutalement et sans aucune considération dans les affaires politiques libanaises.

- guerre au Yémen avec la violation des conventions internationales et des droits de l’Homme en général.

Voilà quel est le vrai visage de celui que tout le monde désigne comme le vrai commanditaire de l’assassinat de Jamal khashoggi.

En effet, comment imaginer que quelqu’un d’autre que cet autocrate, ne rendant de compte à personne, ait pu prendre une décision d’une telle gravité. Dans un système centré sur la personne du chef, dans lequel personne: ni conseiller, ni proche, ni ami du roi, ne sont à l’abri de décisions arbitraires.

Comment envisager qu’un tel ordre ait pu émaner de quelqu’un d’autre que MBS ?
Les différentes versions avancées par Ryad, les changements successifs de scénarios, les mensonges, les dénégations, n’ont fait que renforcer l’idée d’une opération téléguidée par le royaume.

L’inculpation de 11 fusibles dont 5 risquent la peine de mort ne représente en fait que l’arbre qui cache la forêt. La vraie question n’étant pas qui a tué Jamal khashoggi mais qui a commandité son assassinat.

Ces chevilles ouvrières ne sont que des outils à la solde d’un roi qui se pense intouchable et qui d’excès en abus n’a jamais vraiment connu de limites.

Sa seule défense étant alors que le royaume a reconnu officiellement l‘horreur et la barbarie des faits l’existence d‘un complot cherchant a le déstabiliser.

L’Europe, la France et les États-Unis ont beau demander des comptes on reste sur des condamnations de principe bien loin de la réalité de cette opération immonde téléguidée par le souverain. Bien qu’on exige que la vérité soit faite sur cette affaire on est à mille lieues d’un engagement sincère dans le but d’obtenir la vérité et que justice soit faite pour Jamal Khashoggi.

Inviter comme cela est prévu MBS à Buenos Aires les 20 novembre et 1er décembre 2018 au sommet du G20 serait envoyer un terrible message à la famille de Jamal Khashoggi et à tous ceux qui croient qu’il existe encore aujourd’hui des possibilités de contenir la dérive autoritaire et meurtrière du souverain saoudien.

Le G20 n’est pas un rendez-vous jet set où les grands de ce monde viennent se pavaner. Il est avant tout et surtout un sommet important de la gouvernance mondiale. L’éthique, la déontologie, la morale et l’humanité ne peuvent pas être laissées de côté pour ce que certains appelleraient de la Réal Politik. On doit garder en mémoire qu’un homme est mort sous la torture. Un homme est mort suite à la décision injustifiée et injustifiable d’un roi qui lentement mais surement se transforme en tyran et qui n’hésite plus à exécuter des gens même en dehors de son pays.

Il faut des limites. Il faut des sanctions. Il faut des réactions. Ne pas l’inviter au G20 doit être la première d’entre elles.

Le G20 qui regroupe les 20 principaux pays du monde et la plupart des organisations internationales, n’a pas vocation à servir de tribune à des dirigeants criminels en quête de respectabilité.

Thierry Paul Valette

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