Lettre à Ilan Hamili de Thierry Paul Valette.

Il y a onze années maintenant ,tu as été enlevé dans la nuit du 20 au 21 janvier 2006 en région parisienne.Tu fus torturé pendant plusieurs semaines dans une cave d’une cité de Bagneux parce que tu étais juif.

Thierry Paul Valette , homage à Ilan HALIMI © Mairie de Paris

Ilan 

Il y a onze années maintenant ,tu as été enlevé dans la nuit du 20 au 21 janvier 2006 en région parisienne.Tu fus torturé pendant  plusieurs semaines dans une cave d’une cité de Bagneux parce que tu étais juif. L’intérêt était l'argent. Un crime odieux et antisémite d'une extrême violence pour extorquer à ta famille supposée riche parce que juive une rançon. Tu fus découvert agonisant un 13 février,c'était en 2006 le long des voies ferrées du RER  mais tu n'auras jamais le temps de rejoindre l’hôpital vivant. Tes blessures d'une telles atrocité ne t’ont pas permis de tenir plus longtemps. 

Aucune sentence ne pourra être à la hauteur de ce que tu as subi mais seule la Justice divine fera que la vie de tes suppliciés  ne soit qu'un long tourment expiatoire. Ils t'ont pris ta jeunesse,ton avenir qui te tendait les bras mais il y a une chose qu'ils n'ont pu te prendre c'est  l'amour absolu que nous te portons, celui qui brûle dans nos cœurs à tous grâce à une flamme divine.

Aujourd'hui Ilan tu reposes au cimetière de Guivat Shaoul à Jérusalem et ton meurtre est devenu l'un des symboles de la violence antisémite en France .

Il y a un an de cela des dizaines de personnes se sont retrouvées dans le petit jardin que tu aimais tant ,dans le douzième arrondissement de Paris ,qui porte désormais ton nom: le jardin d'Ilan Halimi. C'est le petit jardin dans lequel tu aimais jouer quand tu étais enfant. Un endroit calme et merveilleux dans lequel je me promène quelques fois aussi , et tu es la.  

Ce rendez vous était à l’initiative du collectif Haverim. Il résonnait comme un bel hymne à la vie. Tu l'aurais trouvé beau j'en suis certain. J'étais présent ce jour la , avec d'autres artistes et dans une ambiance ou il n'y avait ni banderole , ni discours .

Je t'ai lu un texte que tu aimais , un de tes préférés . Primo Lèvi: « Si c'est un homme » ou Primo parle de son expérience de survivant du camp de concentration d’Auschwitz. Il y avait des chanteurs , des bougies qui illuminaient le jardin et le ciel . C'était magnifique Ilan. Nous voulions célébrer la vie ce soir la , te célébrer toi qui l'aimais  ,les gens, ta famille. 

Tu sais Ilan ,les années ont passé et les choses n'ont pas changé. Les gens se déchirent toujours autant sur terre. Il y a toujours autant de guerre , toujours autant de détresse humaine et de pauvreté en France et partout dans le monde, d'injustices .Mais il y a aussi de l'amour , beaucoup d'amour et d'espoir , des combats merveilleux , de belles aventures humaines aussi ,  mais je sais que de la haut tu le vois . Je sais que de la haut tu veilles sur ta famille , ta maman , tes sœurs , sur nous tous d'ailleurs . Je voulais t'écrire ces quelques mots , ces quelques phrases , dans la simplicité et sans excès .

Je voulais te dire que nous ne t'oublions pas , que chaque année nous nous remémorons...mais des bons souvenirs aussi soit en rassuré. Nous t'embrassons tous fort et prions pour ton repos éternel.

 

Le devoir  de mémoire...On n'oublie pas , on ne t'oublie pas Ilan. 

 

Ya'aseh shalom, ya'aseh shalom

shalom aleinu ve'al kol yisrael

Thierry Paul valette 

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