La moralisation politique depuis l'élection d'Emmanuel Macron

De l'affaire Benalla à l’affaire Kohler, la « moralisation » avec Emmanuel Macron est fortement compromise. L'affaire Benalla est encore loin d’être terminée. Son lot de copinages et de "barbouzeries" a choqué les français. Une épine de taille pour le Président. Alexis Kohler pourrait quant à lui devenir un arbre épineux à lui tout seul. Thierry Paul Valette

L'ancien monde est supposé en ruine. Seulement le "Macronisme" s'est constuit dessus. La corruption et les conflits d'intérêts qui ont permis de ratisser un électorat de droite à Emmanuel Macron, demeurent encore et mettent bien à mal la moralisation vendue par le Président. La classe politique bénéficiant quant à elle d'importants priviléges.

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La probité est donc en difficulté. 

De l'affaire des milliers d'euros investis dans des produits de maquillage en passant par le scandale de la vaisselle et celui de la piscine du fort de Brégançon, le macronisme est en crise. Mais l'affaire Benalla, celle d'une "police  parallèle" nous ramène des années en arrière, à l'époque des privilèges ostentatoires ou avantages financiers embrassaient avantages matériels. Et puis l'utime sanction reservée à Alexandre Benalla laisse songeur : des congés payés avec le privilège  d'un 20h à TF1. Les révélations du Monde. Alexandre Benalla n'aura donc pas subi ce que subissent ceux qui n'appartiennent pas à ces castes privilégiées : licenciement, sanction, peine de prison etc... Le bouquet final de cette affaire « Qu’ils viennent me chercher » pour feindre de ne pas paraître déstabilisé.

L'affaire Kohler.

 Il était le  n°2 de la campagne LREM pendant les élections présidentielles.  

Ce sera Médiapart qui aura  révélé début mai les relations entre Alexis Kohler et la société n°2 mondiale du fret maritime MSC. Pour rappel, le PDG n’est autre que le cousin de la mère de Kohler. Nous sommes au coeur d'un important trafic d'intérêt et de trafic d'influence. Anticor a déposé plainte dans ce dossier. L'affaire Kohler est celle d'un long roman.

Le Président Emmanuel Macron décrié comme le Président des riches ne s’est jamais caché de ses cadeaux au grand patronat. Cette affaire démontre  les privilèges « légaux » de propriété, de profits et d’exploitation qui passent par d’autres avantages qu'il est bon ton de ne pas faire apparaître aux yeux du grand publics et qui porteraient le coup de grâce à la moralisation politique. Mais des révélations surgissent malgré tout. Des financements de campagne pour LREM épinglés aux affaires de  favoritisme du côté de Muriel Pénicaud. Force est de constater que les ministres concernés et autres adjoints gardent les privilèges  de leur haute fonction.

Muriel Pénicaud.

 Muriel Pénicaud qui continue de s'attaquer au code du travail et à protection sociale, sans que personne ne jette un oeil à ses comptes. La moralisation de la vie politique devra encore passer par des chemins tortueux pour que la démocratie cesse d'être uen démocratie bourgeoise qui sert des intérêts plus patronaux que ouvriers.  C'est à la représentativité et à la transparence du système qu'il faut s'attaquer pour révoquer tout élu s’étant rendu coupable de la moindre malversation ou ne respectant pas le mandat que lui ont confié ses électeurs.  Des « petites » mesures, inspirées de l’expérience de la Commune de Paris, qui seraient trés utiles aujourd’hui.

 

 

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