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Le Club de Mediapart ven. 29 avr. 2016 29/4/2016 Édition de la mi-journée

Ils l'ont osé !!!

 

Mes amis, je vous en supplie : lisez cette note jusqu'au bout. Elle ne sera pas longue mais je voudrais vraiment que vous en compreniez le sens et que vous en tiriez les conclusion.

En Belgique, depuis des mois, c'est plutôt morose. Après plus de 400 jours, nous n'avons toujours pas de gouvernement. Mais l'espoir est là : une nouvelle majorité vient de voir le jour et bientôt, enfin, nous aurons de vrais ministres dans de vrais ministères avec un vrai programme gouvernemental. Nous aurons donc un vrai budget et des vraies mesures pour combattre les effets néfastes de la crise.

Mais voilà, à propos de crise, il y a quelques jours, la Banque Dexia dans laquelle de nombreux Belges avaient mis leurs économies a été démantelée. C'est l'Etat Belge qui a dû fournir les 5 milliards nécéssaires à son renflouement. Et l'Etat Belge, en l'occurence, c'est nous, les contribuables...

Mais ce n'est pas encore tout. Voilà qu'on apprenait avant hier que l'usine métalurgique ArcelorMital de Liège (Phase à chaud) a fait l'objet d'une volonté de disparition par ses actionnaires : l'usine disparaît. Point final ! 600 travailleurs sont au chômage du jour au lendemain. Mais à ces 600 personnes, il faut ajouter quelques 500 autres travailleurs actifs dans la sous-traitance. Un millier de familles sont touchées d'un coup.

Il n'y a pas si longtemps, Arcelor vantait la compétitivité des travailleurs belges. Etait-ce une sorte d'anesthésie avant le coup de couteau fatal ? Allez comprendre ! Les syndicats sont furieux. On le serait pour moins que ça

La colère syndicale est d’autant plus compréhensible qu’il y a quelques jours à peine, le réengagement de travailleurs sous contrat temporaire semblait annoncer une tout autre perspective. Mais l’hypocrisie du groupe ArcelorMittal ne s’arrête pas là...

La fermeture de la phase à chaud liégeoise n’est pas nécessairement une surprise en soi : s’il n’y avait eu, en 2006, l’offre publique d’achat victorieuse du magnat indien de l’acier, Lakshmi Mittal, sur le groupe Arcelor, cette fermeture aurait été achevée il y a quinze mois. Elle n’en est pas moins choquante aujourd’hui.

Cette fermeture programmée avait été, à l’époque, socialement négociée et industriellement planifiée. Si quand, dans le courant de l’année dernière, ArcelorMittal a dû réengager des travailleurs intérimaires pour redémarrer, contre toute attente, mais pour un temps très court, le haut-fourneau de Seraing, puis pour relancer le haut-fourneau d’Ougrée, qui avait entre-temps lui aussi été mis sous cocon, c’est que le volet social de cet accord, dont Lakshmi Mittal avait hérité, avait bien été exécuté.?Une série de métallos avaient quitté le groupe, à l’échéance prévue.

Sur le plan industriel, les promesses, par contre, n’ont pas été tenues. Le pôle européen de l’acier galvanisé, qui devait être implanté à Liège, n’a jamais vu le jour. Le procédé expérimental de revêtement de l’acier sous vide, lui, n’a débouché sur aucune exploitation industrielle, en terre liégeoise.

Entre-temps, on a le droit de s’inquiéter pour l’avenir de Ferblatil, l’usine liégeoise de production de fer-blanc, toujours en situation précaire. Et l’avenir de la phase à froid est loin d’être assuré.?D’autant moins que, dans les sphères dirigeantes d’ArcelorMittal, la sidérurgie wallonne n’est plus représentée.

La colère syndicale est d’autant plus compréhensible qu’il y a quelques jours à peine, le réengagement de travailleurs sous contrat temporaire semblait annoncer une tout autre perspective.

Mais l’hypocrisie du groupe ArcelorMittal ne s’arrête pas là ? D’une part, il se réfugie derrière les conditions du marché pour justifier l’arrêt de l’outil par la raréfaction de la demande d’acier, et par les surcoûts de la sidérurgie continentale par rapport à la sidérurgie maritime ? Cela ne l’empêche pas de détenir nombre d’aciéries au cœur de l’Europe, de l’Asie, et d’ailleurs ? Et puis on n’oubliera pas que cette stratégie industrielle vise à fausser les règles du marché : si la demande d’acier diminue, les prix devraient aller à la baisse ? Réduire l’offre pour maintenir les prix, c’est vicier cette logique ? En abusant de sa position…

Voilà, j’ai déversé ma bile… Je m’en excuse auprès de vous… Mais ce soir, mon cœur saigne… et je me surprends à haïr le grand capital. Une véritable révolution – il ne suffit pas de se dire « indignés » : il faut agir – se prépare. Du moins, j’ose encore l’espérer. Jean Luc Mélenchon, si tu as un moment : viens en Belgique, à l'usine d'ArcelorMital... Ton soutien serait accueilli comme une perle précieuse...

 

 

 

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http://www.lessentiel.lu/fr/news/dossier/arcelormittal/story/Un-milliard-de-profit--zeero-euro-d-impe-t-en-2010-28628668

Un milliard de profit, zéro euro d'impôt en 2010

14 octobre 2011

Alors que le numéro un mondial de l'acier a annoncé mercredi la fermeture des deux hauts-fourneaux de Liège, une étude démontre que la filiale financière du groupe est parvenue à échapper au fisc belge.

Un an après les révélations sur les 496 euros d'impôt payés en Belgique pour 2009, ArcelorMittal Finance and Service Belgium est parvenue à faire mieux en 2010. Selon une étude du Parti du Travail de Belgique (PTB), publiée ce vendredi, la filiale du numéro un mondial de l'acier a réussi à ne verser pas un centime auprès de l'État belge. Et ce, en dépit d'un bénéfice de 1,39 milliard d'euros en 2010.

Un chiffre qui risque de ne pas passer inaperçu en Belgique, deux jours après avoir annoncé la fermeture des deux hauts-fourneaux de Liège. Mais les révélations du parti de gauche belge ne s'arrêtent pas là, puisque l'étude s'est également portée sur les comptes des deux sites de Liège. Un site bénéficiaire de 35 millions d'euros en 2010, selon l'étude du PTB. «Ceci démontre bien que si monsieur Mittal décide de fermer les sites liégeois, ce n’est pas parce que Liège ne rapporte pas, mais parce que Liège ne rapporte pas assez», assure le porte-parole du PTB, cité par le quotidien belge L'avenir.

De son côté, ArcelorMittal n'a pas encore réagi à cette étude. L'an dernier, la filiale financière du leader mondial de l'acier avait justifié le montant modique de son impôt en Belgique par «le système des intérêts notionnels (...) qui est un système que toute entreprise installée en Belgique peut utiliser, que ce soit une PME ou un grand groupe international». Autrement dit, des mécanismes fiscaux légaux.

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L'auteur

Thierry PELTIER

Enseignant retraité, père de 6 enfants... amateur d'actualités et d'analyses politiques sérieuses
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