Étudiants et la schizophrènie

Selon Eliette un juge ou un avocat schizophrène ça n'existe pas. Alors n'en parlons pas de l'emploi.

En quête d’une vie professionnelle

Il est possible de poursuivre des études supérieures malgré une problématique liée à la santé mentale. Pour la travailleuse sociale à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Catherine Salesse-Gauthier, il est primordial de doter l’étudiant d’un filet de sécurité au sein même du milieu universitaire. «Un plan d’intervention doit être mis en place selon ses besoins. Si l’étudiant risque de vivre certaines crises, il doit pouvoir maintenir un lien de confiance avec les membres du personnel», explique-t-elle. 

IMG_5337Catherine Saleisse-Gauthier en compagnie de Maxime Morency, un étudiant atteint de schizophrénie qu’elle accompagne à l’UQAC.

La personne peut toutefois décider de taire sa problématique. «En rencontrant les professeurs, je dois les mettre au courant des accommodements offerts à l’étudiant mais s’il souhaite maintenir sa condition secrète, je me dois de le respecter», souligne Catherine Salesse-Gauthier.

Ce droit à la confidentialité est également présent dans les milieux de travail. La chef des opérations à Cible-Action, une organisation spécialisée en employabilité et en gestion des ressources humaines, Caroline Rhéaume, le confirme. «Personne n’est obligé de divulguer son historique en matière de santé mentale à son employeur, dit-elle. C’est à la discrétion de chacun. Tout le monde a le droit de se sentir à l’aise.»

https://gabplblog.wordpress.com/2018/03/20/schizophrenie-limite-entre-le-mythe-et-le-reel/


Schizophrènes, anorexiques, dépressifs, ils ont droit au lycée

Par Pascale Kremer(Blog Sceaux, au pied du château)

Publié le 18 octobre 2011 à 17h05 

Temps deLecture 6 min.

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C’est Matthieu qui nous a menés à la clinique Dupré, si discrète, dans un ancien pavillon de chasse du centre-ville, qu’on aurait pu l’ignorer. Le jeune homme, dont on sait seulement qu’il a « vécu et étudié à Sceaux », nous a envoyé un mail empreint de reconnaissance pour « cet établissement psychiatrique qui donne sa chance à des jeunes d’être accompagnés en reprenant ou poursuivant leurs études ». « J’en sais quelque chose pour m’y être reconstruit ».

Rendez-vous est pris auprès de Blandine Charrel, qui dirige cette clinique de la Fondation santé des étudiants de France - créée par l’Unef en 1923 pour permettre aux jeunes tuberculeux de se soigner tout en étudiant. La presse n'y pénètre guère, d’habitude. C’est qu’ici sont hospitalisés 180 patients de 16 à 25 ans souffrant de graves troubles psychiatriques. Schizophrénie, psychoses maniaco-dépressives, troubles du comportement alimentaire, dépressions sévères, névroses invalidantes… Ils restent une quinzaine de mois, en moyenne. Mais parfois trois ans, quatre ans... Originalité du lieu : on demande « à ce même cerveau malade que l’on tente de soigner de poursuivre des études", résume le docteur Georges Papanicolaou, coordinateur médical. Un « soins-études », dit-on ici, comme l’on parle ailleurs de sports-études.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/18/schizophrenes-anorexiques-depressifs-ils-ont-droit-au-lycee_5990036_3224.html


Florent Babillote

«
 Une voix étrange sort de la nuit comme pour me guider. Des cris terrifiés résonnent dans le silence. Mon angoisse m’étouffe, je veux me sauver et retrouver ma chambre. Quelqu’un crie et m’appelle sans répit. Je ne le connais pas mais lui me connaît. Si j’avais su, je n’aurais jamais quitté mon lit. La maladie est venue me voir ce soir d’hiver… Elle ne me lâchera plus. Le combat est constant mais inégal »

La pathologie de Florent, étudiant en droit, grandira dans son esprit sans qu’il ne comprenne ce qui lui arrive, jusqu’au jour où, pris d’une bouffée délirante, des voix étranges prendront possession de son esprit. Bienvenue dans l’univers obscur de son ombre, bienvenue dans la schizophrénie.

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Florent Babillote est aujourd’hui aide-soignant dans l’unité psychiatrique où il avait lui-même été hospitalisé.

https://www.collectif-schizophrenies.com/les-temoignages/blogs-usagers

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