Dans la salle à coudre féerique

Quand mamie laisse traîner sa petite fille dans son vieux endroit de travail

Cette aiguille qui s’enfonce et ressort à répétition, sur le tissu, pour non pas tisser ou tricoter… Mais coudre, oui cousons, d’un manche à pruneau ! Je commence à mettre tous ces fruits sous cette aiguille, ils sont périmés remarque ça ne changera rien à leur destination. Qu’est-ce donc que ça peut leur faire ? « Non, nous n’avons rien fait ! ».

Une femme entre dans la salle de consultation du cousu, elle regarde le tissu puis déclare : « tu es vraiment doux petit polyester », et le tissu étalé droit, se plie puis se met à correspondre,

_ « Biou, biou », tu veux me couper le fil en trop ?

_ Ça va arriver, sauf que cette fois ci, je demande ta bravoure pour les fils cours.

_ « Biou, biou », mangez-moi le fil, avec votre dent et coupez-le !

_ Vous aimeriez tant que ça, alors prenez mon feu d’allumette.

Le petit fil dépassant se brûle, qui une fois refroidie, devient une petite boule toute dure.

_ « Gra… Gra ! » Comment est-ce donc possible, moi quand on m’a cousu, j’étais destiné à de vraies mains de grand-mère, elle en a fait de moi le véritable torchon unique de sa cuisine, regardez-moi, trente ans qu’on m’utilise, et pas la moindre déchirure ! Lui à peine sur la table d’opération, il est déjà légèrement brûlé ! Si ça ce n’est pas de la mauvaise couture bâclée, insiste le torchon sans se présenter.

_ « Biou, biou », personnellement je vais devenir mieux que toi, ma matière sera destinée à être un sous-vêtement !

_ Si tu savais combien j’en ai vu repassé sous l’aiguille à Carolote, elle en a recousu pleins, le pire c’était les retouches de peluche pour enfant, elle a du être réanimé pour refonctionner tellement qu’elle en a massacrée, « gra, gra ».

_ Coucou les enfants, ne t’inquiète pas petit polyester, il a toujours été comme ça torchon Marci, un vrai râleur, le pauvre il a vu toute la famille s’essuyer les mains avec lui, fît Carolote la machine à coudre.

Dans cette discussion improvisée par les éternels demeurant de cette salle à confection de tissu, je me retrouve entourée d’objets qui parlent, moi la petite dernière de ma famille. Mamie, m’avait dit qu’elle avait envoûtée toutes ses affaires personnelles pour qu’elles se vendent mieux à la boutique de Maître Primes !

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