La fin du dernier monde connu - A l'origine

Les réflexions essaiment en cette période de confinement et les voies d'un autre monde possible s'esquissent. Emmanuel Macron l'a promis lui-même : « le jour d'après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d'avant ». Ensemble parcourons ces alternatives qui émergent.

Le monde connu se craquelle sous nos yeux, suffisant pour le faire tomber et penser un après différent ? © Tim Buisson Le monde connu se craquelle sous nos yeux, suffisant pour le faire tomber et penser un après différent ? © Tim Buisson

 

Cette chronique est réalisée pour l'émission "Amours, échange et confinement" de Radio Méga (Valence). Je vous retranscrit ici le script de ces chroniques radiophoniques.

 

Bastien : Nous inaugurons aujourd'hui une nouvelle chronique qui s'intitule « La fin du dernier monde connu » avec Tim Buisson pour parler de ce que pourrait être notre monde, notre quotidien après cette crise sanitaire. Bonjour Tim.


Tim : Bonjour Bastien, bonjour à tous. Effectivement, difficile pour nous, les non-soignants, les non indispensables au fonctionnement du pays de nous rendre utile. De ce temps précieux dont nous nous emparons aujourd'hui, nous pouvons imaginer d'autres manières de faire, et surtout de mieux faire. Réenchanter l'imaginaire collectif. Je souhaite partager avec vous quelques pistes de réflexions sur ce que pourrait être ce futur après la fin donc du dernier monde connu …

 

Bastien : Avant d'entrer dans le vif du sujet et d'aborder plus précisément certaines thématiques dans les semaines à venir. Pour cette première chronique, tu nous propose une cartographie des forces en présences de celles et ceux qui se penchent sur le monde d'après.

 

Tim : Et je m'appuie sur les dires de notre Président de la République qui affirmait le 16 mars dernier je cite, que,« le jour d'après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d'avant ». Cette phrase elle a inspiré beaucoup de personnes et des initiatives ont émergé.

Car au final, deux voies s'offriront à nous au sortir de cette pandémie … Le statu quo avec un renforcement de l’État sécuritaire sous prétexte de lutter contre ce type d'épidémie. Cette logique est déjà à l’œuvre en Hongrie notamment avec le premier Ministre Victor Orban qui s'est octroyé les pleins pouvoirs. En France, la loi instaurant des mesures d'urgence sanitaire renforce les pouvoirs du gouvernement « de manière temporaire » pour deux mois mais avec un renouvellement possible. Et on sait que la dernière loi d'urgence temporaire c'était en 2015 après les attentats et deux ans plus tard la plupart de ces mesures dites exceptionnelles ont été retranscrites dans le droit commun. Cette loi d'urgence sanitaire comporte aussi un volet économique et des dispositions ultra-libérales.

Par exemple, la possibilité d’autoriser l’employeur à imposer ou à modifier les dates de prise d’une partie des congés payés. Ou bien la capacité pour certaines entreprises d'augmenter le temps de travail bien au delà des 35 heures.

Le risque c'est que ces mesures exceptionnelles pour répondre à une crise temporaire deviennent la norme sous prétexte cette fois-ci de relancer la machine économique. Et les esprits sont déjà bien préparés par les dirigeants pour qui une crise économique – vous l'avez entendu - est inévitable.

 

Bastien : Mais Tim, tu l'as dis (et heureusement) une autre voie est possible …

 

Tim : Oui et c'est cette voie que nous allons emprunter et observer chaque semaine dans cette chronique avec les initiatives de certaines personnes. Pour penser le futur, je vous propose d'abord d'aller faire un tour sur l'An 01.org lancé par le député François Ruffin en s'appuyant sur la devise du dessinateur Gébé : « On arrête tout, on réfléchit et c'est pas triste ». Et vous pouvez contribuer via un onglet qui vous permet d'accéder à un google doc. François Ruffin écrit le matin sur une thématique et vous amendez l'après-midi. Un outil simple et participatif. Il veut en faire un livre.

Autre ressource, Les confinautes petite pastille quotidienne sur Youtube animée par Usul et Cotentin qui proposent, en temps normal, la chronique « Ouvrez les guillemets » pour Médiapart. Dans ce nouveau module, ils scrutent la toile pour dénicher les initiatives qui émergent et comprendre aussi les logiques parfois qui se cachent derrières.

Autre idée mais cette fois-ci de lecture. Médiapart interroge, dans une série d'entretiens intitulé Le monde d'après, des personnalités. Des scientifiques, des économistes, des sociologues ou encore des politiques. On y retrouve notamment Corinne Morel-Darleux, conseillère régionale d'Auvergne Rhône Alpes et qui parle d'îlots de résistance et d'alternatives.

Bastien : Elle explique notamment : « Chacun de ces collectifs a une culture, une histoire, un vécu quotidien et un mode d’action qui lui est propre ; il faut respecter cela tout en trouvant des passerelles communes pour aller vers un même horizon. [...]On va en avoir besoin pour retrouver de la puissance d’agir et préfigurer un « après » qui vise aussi une sortie par le haut du système, et pas simplement un retour à la normale ».

Une autre chaîne Youtube (si vous avez de la connexion) Partager c'est sympa avec des vidéos explicatives sur la Stratégie du choc notamment, le krack boursier ou encore sur les droits des travailleurs en cette période de confinement. Surtout, vous avez en description de la vidéo pléthore de ressources web pour poursuivre la réflexion.

Enfin je vous signale, mais avec beaucoup de scepticisme, la plate-forme participative Le jour d'après lancée par 58 députés. Chacun peut laisser son avis sur les grandes thématiques : la santé, le travail, la solidarité Et cetera. Super initiative vous allez me dire … sauf que la majorité des députés à l'origine de cette plateforme ont été élus en 2017 sous l'étiquette En marche et ils ont voté les lois de la majorité. Les mêmes qui ont fracassé notre système hospitalier. Espérons qu'ils soient eux aussi, comme le Président, touchés par la grâce. A la semaine prochaine …

Bastien : Merci Tim !

Tim Buisson

 

Animateur : Bastien Enard.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.