Zemmour au Congo

Un point a échappé à la polémique sur le prénom d'Hapsatou Sy et aux discussions depuis l'émission des Terriens du dimanche !, le dédain affiché par Eric Zemmour quant à l’apport de l’Afrique dans l’histoire et le présent de la France. J’y reviens ici.

À quoi sert-il d’accumuler des connaissances historiques, politiques et littéraires si cela n’amène pas à transformer un esprit toujours trop fermé, à mépriser ceux qui ne sont pas comme vous, à dénigrer une personne parce qu’elle s’appelle Hapsatou ?

Monsieur Zemmour, où se situe votre intelligence ? Dans votre pensée aigre et étriquée, dans votre cœur empoisonné ?

Suite à votre critique ridicule et abjecte du prénom d’Hapsatou Sy, un autre point a échappé à la polémique et aux discussions depuis : sur le plateau des Terriens du dimanche !, vous avez exprimé votre dédain quant à l’apport de l’Afrique dans l’histoire et le présent de la France. J’y reviens ici.

Hapsatou Sy a d’abord rappelé que dans la société française multiculturelle que vous ne voulez pas voir «ces gens noirs, de toutes origines [], ils font tous les jobs dont personne ne veut, c’est eux qui nettoient les poubelles le matin []c’est eux qui construisent les rues au marteau-piqueur à 6 heures du matin. C’est ces gens-là qui sont partie intégrante de la France, que la France est allée chercher à un certain moment, parce que ça intéressait la France de chercher toute cette main-d’œuvre… là ça ne dérangeait personne ».

Vous avez alors confirmé que ces personnes devraient venir en France sans leur culture, qu’elles devraient oublier qui elles étaient avant d’arriver. Hallucinant. 

Pour ne rien arranger, vous avez rajouté que « la France n’a pas attendu l’Afrique pour être la France ». Et vlan, une énormité de plus, une insulte pour des millions d’Africains et de Français d’origine africaine, d’hier et d’aujourd’hui, une insulte également à une certaine idée de la vérité et de la justice.

Les faits vous donnent tort. Rappelez-vous le propos de l’ancien Président de la République Jacques Chirac : « Une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie, vient précisément de l’exploitation depuis des siècles de l’Afrique, pas uniquement, mais beaucoup».

« La France n’a pas attendu l’Afrique pour être la France. » Et vous, vous n’avez pas attendu d’essayer de connaître au moins un peu l’Afrique pour vous permettre d’en parler. Vous jacassez sur les Africains, sur les mœurs africaines, sur les immigrés, sans rien y connaître.

« La France n’a pas attendu l’Afrique pour être la France. » Quelle ignorance de votre part ! Mais je crois plutôt à un aveuglement délibéré couplé de suffisance vulgaire.

 

 

Toujours lors de cet échange avec Hapsatou Sy, elle vous a demandé si vous êtes déjà allé en Afrique. On apprend que vous vous êtes rendu à Abidjan. Je me demande qu’avez-vous donc fait là-bas, qui avez-vous rencontré, qu’avez-vous vu… Je vous imagine débarquant à l’aéroport, entouré de dizaines de Noirs, mal à l’aise, en sueur, tendu et « arrogant comme un Français en Afrique » pour reprendre le titre d’un essai d’Antoine Glaser dans lequel il explique d’ailleurs que « la méconnaissance de l’Afrique et des Africains a conduit la France à des analyses anachroniques et à sous-estimer la richesse de ce continent et de sa diaspora ». Tiens, tiens.

 

Vous êtes allé à Abidjan. Soit. Je ne sais pas ce que vous avez fait et appris en Côte d’Ivoire mais vous devriez retourner en Afrique. Un séjour prolongé dans différents pays africains, de capitales en villages, pourrait vous aider à avoir des connaissances utiles pour vos futurs essais, chroniques et autres débats. Vous pourriez alors pérorer sur les liens entre l’Afrique et la France en ayant un peu plus de matière à disposition.

Car vous ne connaissez rien à l’Afrique et aux Africains. Et ce n’est pas votre visite à Abidjan qui vous rend légitime ou en capacité pour en parler.

 

Vous devriez retourner en Afrique. Non pour partir en exil au fin fond de la forêt du Congo afin qu’on savoure votre absence, votre silence, mais parce que vous vous permettez de balayer d’un revers hautain et suffisant tout ce que l’Afrique a apporté et continue d’apporter à la France. Parce que vous n’avez de cesse d’agiter une de vos ritournelles, la menace de l’immigration d’origine africaine. Parce que vous qui vitupérez si aisément sur des sujets en lien avec l’Afrique que vous ne maîtrisez absolument pas. Et pendant ce temps, vous blessez, vous humiliez.

Retournez donc sur le continent africain pour mieux en saisir les réalités, et ainsi mieux appréhender les questions qui vous taraudent. Vous pourriez éventuellement saisir à quel point l’Afrique avec ses 54 pays est bien plus diverse et riche que vous ne l’imaginez.

 

Il vous faudrait du temps et surtout un esprit et un cœur plus ouverts. Il y a un peu d’espoir : vous-même aviez admis quand vous étiez chroniqueur dans l’émission On est pas couché de Laurent Ruquier que dans Tintin au Congo, « c’est la vision très ethnocentriste du Blanc qui regarde les Africains avec un air condescendant ». Comme quoi vous pouvez être pertinent parfois.

Au Congo, oubliez Tintin, ne vous voyez pas portés par quatre hommes noirs comme lui. Asseyez-vous à une terrasse de bar à Kinshasa, écoutez, rencontrez, allez au Grand marché… Mais vous pourriez plutôt commencer par Abidjan, histoire de reprendre là où vous aviez commencé. Si le marché d’Adjamé est trop intense pour vous, alors allez plutôt dans un maquis, vous pourrez débattre de tout et de rien avec des Ivoiriens, jeunes et moins jeunes, autour d’une bière fraîche ou d’un poulet braisé.

Vous qui aimez tant la langue française, qui la maniez si bien à l’oral comme à l’écrit, vous aviez sûrement apprécié lors de votre premier séjour en terre ivoirienne que tant de personnes parlent et aiment le français au moins autant que vous, quand bien même si la plupart n’ont jamais mis un seul pied en France. Assistez à des concours d’éloquence dans des universités à Abidjan, à Lomé ou Cotonou. Vous constaterez la créativité, la finesse d’esprit et l’audace d’étudiants qui font briller la francophonie.

Vous qui aimez tant la politique et le débat en la matière, vous pourriez voyager au Sénégal et débattre pendant des heures autour de petits verres de thé avec des Sénégalais qui aiment les joutes verbales autant que vous. De Dakar à Saint-Louis, des berges du fleuve Casamance à celle du fleuve Sénégal, vous éprouveriez le sens concret du mot « hospitalité ». Bien plus qu’un mot, qu’une idée, c’est un savoir-vivre, un savoir « être ». Quand vous étiez en Côte d’Ivoire, n’avez-vous pas été bien accueilli ? N’avez-vous pas rencontré des personnes qui vous ont touché, qui ont ambiancé vos journées ou soirées ?

Vous qui aimez tant l’histoire, je vous recommande d’aller à l’Institut fondamental d’Afrique noire à Dakar, sur les traces de Cheikh Anta Diop et Théodore Monod, ou au MuseuMAfricA à Johannesburg. Si vous poursuiviez par la visite du musée de l’apartheid dans la mégalopole sud-africaine ou non loin à Soweto au Mémorial Hector Pieterson et à la Mandela House, est-ce que votre conscience serait bousculée, comprendriez-vous les horreurs d’un régime raciste ?

Vous pourriez ensuite vous rendre en Éthiopie pour y voir les vestiges du royaume de D’mt, datant de huit siècles avant Jésus-Christ, puis en Égypte pour visiter les pyramides des Pharaons qui étaient aussi blancs de peau que vous êtes noir. Pour reprendre vos mots sur le plateau de Thierry Ardisson, le continent africain n’est pas non plus « une terre vierge, c’est une terre avec une histoire, avec un passé », comme vous l’avez dit au sujet de la France.

Cela me rappelle le texte au pied de la statue de David Livingstone du côté zimbabwéen des chutes Victoria : on y lit que Livingstone a découvert ces chutes d’eau. Comme si auparavant personne ne les connaissait, ne les avait vues, comme si personne ne vivait dans les environs bien avant que Livingstone ne débarque. L’œil d’un Blanc ou d’un Européen vaut-il plus que celui d’un Noir ou d’un Africain ?

 

Éric Zemmour, vous qui aimez l’histoire de France (sauf quand il s’agit de voir celle qui montre à quel point la France est redevable de l’Afrique), allez rencontrer des Africains qui la connaissent bien mieux que de nombreux Français. Au cœur de magnifiques collines et vallées verdoyantes, au croisement d’un chemin en bordure de village dans les hauteurs de Bujumbura, j’ai croisé un jour un vieil homme burundais qui après un bref dialogue a récité l’appel du 18 juin du général de Gaulle. Auriez-vous été ému face à lui ? À moins qu’à vous entendre ces derniers temps, vous ne finissiez par préférer qu’il récite le discours de Pétain du 17 juin 1940…

Vous qui méprisez les immigrés, rappelez-vous les vies détruites de dizaines de milliers de soldats africains morts au combat pour la France, lors des deux guerres mondiales. Je me glisse dans la voix du rappeur Soprano, remontant dans le passé dans sa chanson Hiro… notamment pour aller « voir les tirailleurs africains pour leur dire qu’on traite leurs enfants de sales immigrés ».

Le sang versé par les tirailleurs venant d’Afrique vaut-il moins que celui des Français de Bourgogne ou de Normandie ?

La vie d’un migrant guinéen ou somalien, d’un Africain, d’un Noir qui prend fin dans les eaux méditerranéennes a-t-elle moins de valeur et de dignité que celle d’un Français, d’un Hongrois, d’un Européen, d’un Blanc ?

Le cœur qui bat d’un Français vaudrait-il plus que celui d’un Soudanais, d’un Namibien ou d’un Rwandais ?

Qu’un immigré malien en situation irrégulière gagne de l’argent en travaillant dans un chantier en région parisienne vous choque-t-il plus que la corruption d’une entreprise française au Mali et le bon chiffre d’affaires qui s’ensuit ?

 

D’ailleurs, toujours lors de la même émission diffusée le 16 septembre 2018 sur C8, Hapsatou Sy a eu une fois de plus raison face à vous quand elle a évoqué le fait qu’en Côte d’Ivoire, vous avez dû voir que la France profite des richesses africaines.

Vous êtes prompts à critiquer les étrangers, à dénoncer l’immigration, vous oubliez vite tous les Français qui ont émigré, notamment vers un pays africain. Comme l’a dit la merveilleuse femme de lettres Fatou Diome, « On voit les pauvres qui se déplacent, on ne voit pas les riches qui pillent nos pays» (lors de l’émission Ce Soir ou Jamais sur France 3 en avril 2015).

Ils sont nombreux à s’enrichir comme ils ne pourraient pas le faire s’ils étaient restés en France.N’avez-vous pas vu à Abidjan les hommes d’affaires et autres immigrés français et plus largement occidentaux (les expatriés ou expats dit-on généralement, ça fait plus classe, moins travailleur pauvre) ? Ils ne sont pas qu’à Abidjan, on les voit aux quatre coins de l’Afrique.

Et à eux, est-ce que vous leur diriez d’oublier ce qu’ils étaient avant d’arriver à Abidjan, Ouagadougou ou Luanda, à Kinshasa, au Cap, à Kigali ou à Douala ?

Je vous suggère de parler aux Français qui travaillent et résident en Côte d’Ivoire, au Sénégal ou en Tunisie et qui sont en train de se dorer la pilule sur les plages de Grand-Bassam, de Saly ou de Bizerte. Allez voir les Français qui remplissent leur compte bancaire en faisant des affaires au Gabon ou au Nigeria, allez voir ceux qui coulent leurs vieux jours à Madagascar, à Maurice ou au Maroc. Rappelez-leur à tous l’importance d’oublier leur culture française.

 

Éric Zemmour, si vous craignez de retourner en Afrique, si vous n’avez pas le temps ou une quelconque impossibilité de voyager, vous pourrez appréhender un peu les apports multiples de l’Afrique pour la France en restant dans le confort et le calme de votre salon, alors au moins ouvrez quelques livres, vous aimez tant lire... Cela ne vaudra pas l’expérience de vie, une présence en Afrique, toutefois de toute manière je doute très fortement de votre capacité à savoir voyager, à écouter, à entrer en altérité avec des personnes en voyant des différences qui vous rebutent à défaut de voir celles-ci comme une diversité riche ou même de voir d’abord ce que vous partagez de commun (ce qui aide beaucoup quand on fait des rencontres et qu’on voyage).

Enfin… lisez et si vous êtes de bonne foi, vous ne pourrez plus dire cette absurdité : « La France n’a pas attendu l’Afrique pour être la France ».Vous dites aimer l’histoire, la méprisez dès qu’elle donne des faits qui ne vont pas dans ce qui vous arrange.Vous dites avoir passé votre vie à lire des historiens… Il y a une grosse pile d’ouvrages pour vous instruire à ce sujet. Commencez par de l’histoire : lisez Pascal Blanchard (Culture coloniale en France de la révolution française à nos jours, et La France noire) et Christelle Taraud (Idées reçues sur la colonisation, La France et le monde : XVIe-XXIesiècles), lisez les travaux de Joseph Ki-Zerbo, de Fernand Braudel, de Catherine Coquery-Vidrovitch.

 

Intéressez-vous au travail de relecture de l’histoire de la France. Comme l’a écrit Pascal Blanchard, « ce n’est pas une chimère, un désir de bien-pensance, un bla-bla du vivre-ensemble, c’est tout simplement prendre conscience que cette France noire est partie prenante de nous-mêmes et du grand récit national » (dans l’ouvrage « Penser et écrire l’Afrique aujourd’hui » sous la direction d’Alain Mabanckou).Ouvrez-vous à la France noire, cette réalité de votre pays qui vous est si cher. Lisez « De l’Afrique à la France : d’une génération à l’autre », sous la direction de Jacques Barou, cela vous aiderait. Lisez la BD Congo 1905, le Rapport Brazza de Tristan Thil et Vincent Bailly.

Entre quelques lectures, regardez les films Camp de Thiaroye et La Noire de… d’Ousmane Sembène, écoutez les morceaux Regard sur le Passé de Bembeya Jazz National, Françafrique de Tiken Jah Fakoly, Lettre à la République de Kery James.

 

Monsieur Zemmour, la France ne serait pas ce qu’elle est sans l’Afrique. La France s’embellit de cette présence africaine, elle s’enrichit avec ces influences africaines.

L’Afrique fait partie de l’identité de la France. Évidemment cela ne vous plaît pas, avec votre illusion d’une France qui n’existe pas, par votre pensée asphyxiante qui empêche d’accueillir l’Autre.

En surfant sur le vent dangereux de crispation sociale et identitaire, qui souffle à travers l’Europe et qui n’épargne pas la France, vous répandez la peur, la haine et la division dans un pays qui a besoin de tout l’inverse. Vous pensez servir la France, vous l’empoisonnez. Votre combat blesse la France.

Finalement, vous êtes un agent influent de ce que vous regrettez tant, le suicide français.

Le fiel nauséabond que vous déversez n’a rien de bon sauf s’il contribue par ricochet à éveiller ou réveiller les consciences pour lutter contre vos idées et réduire votre influence. Car vous n’êtes pas seul. Il suffit de constater que vos livres se vendent comme des petits pains. Personne ne peut douter de l’écho positif que vous avez au sein d’une partie de la société française, dans laquelle le racisme et la xénophobie sont encore bien trop présents.

 

Heureusement des voix s’élèvent et elles sont absolument nécessaires. Hapsatou Sy l’a très bien fait face à vous, en démontant vos arguments. Bravo à elle.

Il faut une sacrée poigne pour débattre avec vous. Vous parlez avec l’assurance de celui qui sait tout, qui a tout compris. Pourtant le doute est signe d’intelligence de l’esprit. Vous n’avez peut-être pas envie de douter, ce n’est pas du tout stratégique. Cela écroulerait votre château de cartes idéologique.

Vous êtes un bon débatteur, vous savez manipuler les faits, vous savez utiliser à vos fins telle polémique, telle citation, telle insulte. Comme l’a dit Georges Bernanos, « le mépris tourne vite à l’éloquence », et ça vous va très bien. Vous usez du mépris à l’égard des femmes, des musulmans, des migrants et qui sais-je encore. Nous sommes nombreux à ne pas tomber dans votre piège. Tous les soutiens exprimés à Hapsatou Sy ces derniers jours le prouvent.

 

 

Elle est ce que vous n’aimez pas : Femme et Noire.

Je vous invite à lire une tribune arrivée à point nommé, publiée il y a quelques jours sur le site web de Mediapart « Femmes, Noires, notre silence ne nous protégera pas ». Solidarité avec celles qui se reconnaissent dans ce texte ! Non au silence, à l’invisibilité, à l’oubli, oui à l’écoute, au témoignage, à la résistance et à l’émancipation !

Solidarité envers Hapsatou – quel joli prénom, quel bon choix de ses parents, quel beau cadeau fait à la France ! – et à toutes les femmes noires qui subissent des discriminations, des dénigrements, des abus racistes et sexistes de toutes sortes justement parce qu’elles sont Femmes et Noires.

 

Dans le recueil de textes de 16 actrices « Noire n’est pas mon métier » publié il y a quelques mois, Aïssa Maïga écrit : « Ce qui blesse, ce sont ces multitudes de remarques déplacées, ces refus répétés, cette myriade de clichés, incessants, plaqués, et l’idée qui se répand insidieusement, absorbée par chaque pore de la peau, chaque cellule, chaque neurone. Je. N’ai. Pas. Ma. Place. Dans. Ce. Pays. Dans. Leurs. Histoires. Dans. Leur. Imaginaire. Car. Je. Suis. Noire. »

Je rêve d’une France où des milliers et des milliers de femmes disent plutôt : « J’ai. Ma. Place. Dans. Ce. Pays. Dans. Leurs. Histoires. Nos. Histoires. Dans. Leur. Imaginaire. Notre. Imaginaire. Je. Suis. Noire. »

Voilà un beau destin français. Pour y parvenir, nous devons notamment défendre « l’être-additionné, sans dissocier ses multiples strates », tel que l’écrit Fatou Diome dans les dernières lignes de son roman Le Ventre de l’Atlantique.

Et nous avons besoin de plus d’Hapsatou Sy, d’Hapsatou, de Rokhaya Diallo, de Rokhaya, d’Aïssa Maïga, d’Aïssa, de Fatou Diome, de Fatou. Écoutons-les. Écoutons ces voix de femmes connues ou anonymes, elles rendent la France plus forte, plus belle !

 

 

Timon Van Lidth

Consultant indépendant

 

Le 24 septembre 2018

 

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