collège en résistance

Quand l’État ne montre pas l’exemple…

Jeudi 27 septembre, tous les enseignants du collège Gérard Philipe de Chauvigny (86), se sont mis en grève sur leur lieu de travail en soutien aux personnels AESH (Accompagnant des Elèves en Situation de Handicap) de leur établissement, dont le Rectorat a diminué le temps de travail de façon arbitraire (passage de 40 à 36 heures et diminution de salaire incluse, bien entendu). Les deux AESH accompagnent des élèves en situation de handicap depuis douze ans et touchent 1217 euros en remerciement de tout le travail qu’elles fournissent pour permettre à des enfants de réussir malgré leurs difficultés. Il faut savoir que ces personnels n’ont pas de statut à proprement parler, puisqu’il s’agit de contrats de droit public dans l’Éducation nationale, qui sont gérés de façon locale par le Rectorat. Ce sont donc des personnels fragilisés par ce manque de statut, précarisés par leur contrat modulable et bafoués parce que leur travail n’est pas reconnu. A l’heure où le ministre Blanquer annonce que les élèves en situation de handicap seront accompagnés (« AESH en nombre »!) car il augmente de nombre d’AESH d’un tiers, on constate dans les faits que le temps de travail des personnels employés depuis des années se trouve diminué afin d’atteindre la promesse faite des dix mille neuf cents accompagnants supplémentaires en 2018. Dans la réalité, ce sont des gens en souffrance : l’accompagnant qui n’a plus assez d’heures pour aider l’enfant qu’il suit depuis deux ans, l’enfant qui s’était habitué à la personne assise à côté de lui et la famille qui avait fait confiance. Aussi lorsque Monsieur Blanquer dit que quand une AESH abandonne son poste, c’est une situation « de détresse pour l’enfant et la famille », nous sommes totalement d’accord. Mais dans les faits, ce sont les rectorats qui précarisent les personnels et les obligent à abandonner (faute de salaire correct) ou les licencient s’ils refusent de signer un avenant à leur contrat initial.
Les nouveaux accompagnants sont recrutés en CDI, soit ! Mais de 24 heures, donc payés une misère (autour de 700 euros). L’objectif serait-il de masquer les chiffres du chômage ?
Le ministre veut « des emplois robustes à la place d’emplois aidés » ! Robuste, il faudra l’être quand on est une AESH qui gagne 700 euros pour faire vivre une famille.
Les enseignants du collège Gérard Philipe de Chauvigny (86)

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