Proposition pour une nouvelle déclaration des Droits des Maîtres

Ma modeste contribution pour une vraie soumission des animaux.

Art. 1er. Les animaux naissent et demeurent esclaves et inégaux en droits. Les distinctions sociales sont fondées sur l'utilité des Maîtres.

Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles des Maîtres. Ces droits sont la privation de liberté, la soumission, l’insécurité et l'oppression des animaux.

Art. 3. Le principe de notre Souveraineté réside essentiellement dans la Nation des Maîtres.

Proposition pour une nouvelle carte d'identité des Maîtres Proposition pour une nouvelle carte d'identité des Maîtres

Art. 4. La liberté des Maître consiste à pouvoir faire tout ce qui nuit aux animaux : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque Maître n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Maître la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi des Maître sur les Animaux.

Art. 5.  La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles aux Maîtres. 

Art. 6. La Loi est l'expression de la volonté des Maîtres. Tous les Maîtres ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous les Maîtres. Tous les Maîtres étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents de Maître. 

Art. 7. Tout animal ne peut être accusé, arrêté ou détenu que dans les cas déterminés par la Loi des Maîtres, et selon les formes qu'elle a prescrites. Mais ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être récompensés ; tout animal appelé ou saisi en vertu de la Loi des Maîtres doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance. 

Proposition pour un nouveau marquage des animaux © trstndbrtl Proposition pour un nouveau marquage des animaux © trstndbrtl

Art. 8. La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment arbitraire sur les animaux, et les animaux doivent être humiliés tous les jours en vertu des Lois établies et promulguée par la loi des Maîtres, et légalement appliquée.  

Art. 9. Tout animal étant présumé coupable jusqu'à ce qu'il ait été déclaré innocent, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être brillamment félicité par la loi des Maîtres.  

Art. 10. Tout animal doit se considérer inquiété pour ses opinions et cela même si leur manifestation ne trouble pas l'ordre établi par la Loi des Maîtres.

Art. 11. La libre soumission des pensées et des opinions des animaux est un des droits les plus précieux des Maîtres: tout Maître peut donc parler, écrire, imprimer librement son mépris des animaux, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi des Maîtres.

Art. 12. La garantie des droits des Maîtres nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage des Maîtres.

Art. 13. Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution des animaux est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les animaux, en raison de leurs handicaps.

Art. 14. Tous les animaux sont contraint de constater, la nécessité de leur contribution au bien-être des Maîtres, de s’y soumettre généreusement et d'en suivre l'emploi. 

Art. 15. La Société des Maîtres a le droit de demander compte à tout animal de sa soumission.

Art. 16. Toute Société dans laquelle la garantie des Droits des Maîtres sur les animaux n'est pas assurée n'a point de Constitution.

Art. 17. La propriété des animaux étant un droit bannit, violable et méprisable, tous Maîtres doit récupérer son bien de la patte de l’animal ou il se trouve, et même si la force n’est pas nécéssaire elle doit être utilisée, et sous la condition d'une féroce et préalable injustice.

Outro

Pourtant la peinture et la sculpture d’animaux correspondent à des degrés encore bien plus élevés ; il nous reste de cette dernière plus d’un spécimen antique et important, des chevaux à Venise, à Monte-Cavallo, sur les bas-reliefs de lord Elgin ; il y en a aussi à Florence, en bronze et en marbre ; nous trouvons également à Florence le sanglier antique, les loups hurlants ; les lions à l’arsenal de Venise ; toute une salle du Vatican est remplie d’animaux antiques ; j’en pourrais encore citer d’autres. Dans ces représentations, la part objective du plaisir esthétique prend nettement le dessus, aux dépens de la part subjective. Sans doute la sérénité du sujet, qui perçoit les idées et qui anéantit la propre volonté, subsiste ici, comme dans toute contemplation esthétique, mais elle n’agit point sensiblement sur nous ; car ce qui nous occupe, c’est le spectacle de la volonté dans son agitation et dans sa violence. De telles œuvres d’art nous montrent le vouloir constitutif de notre être dans des individus où sa manifestation n’est point, comme chez nous, dominée et tempérée par la réflexion ; au contraire cette manifestation s’accentue en traits bien plus intenses, avec une franchise qui touche au grotesque et au monstrueux ; elle s’étale au plein jour, naïvement, ouvertement, librement ; et c’est justement là-dessus que repose l’intérêt que nous prenons aux animaux. Les caractères spécifiques apparaissaient déjà dans la représentation des plantes, mais ils ne se montraient que dans les formes : ici, ils prennent beaucoup plus d’importance, ils ne s’expriment pas seulement par les formes, mais aussi par les actes, par l’attitude, par les gestes, sans cesser pour cela d’être des caractères spécifiques. La connaissance des Idées, aux degrés supérieurs, nous vient, par la peinture, d’un intermédiaire étranger ; mais nous pouvons aussi la recevoir directement, si nous contemplons les plantes d’une manière purement intuitive, si nous observons les animaux ; il faut étudier ces derniers dans leur état naturel de liberté et de santé. La contemplation objective de leurs formes complexes et merveilleuses, de leurs actes et de leurs attitudes, est une leçon riche d’enseignements, prise au grand livre de la nature ; c’est un déchiffrement de la véritable signatura rerum[1] : nous y reconnaissons les degrés et les modalités sans nombre de la manifestation de la volonté ; cette volonté, une et identique dans tous les êtres, ne tend partout qu’à une seule fin qui est de s’objectiver dans la vie et dans l’existence, sous des formes infiniment variées et différentes, résultant de son adaptation aux circonstances extérieures ; ce sont comme les variations nombreuses d’un même thème musical. Si je devais donner au contemplateur une explication concise et suggestive de l’essence intime de tous ces êtres, je ne pourrais mieux faire que de choisir une formule sanscrite qui revient fort souvent dans les livres saints des Hindous et qu’on appelle Malsavakya, la grande parole : Tat twam asi, c’est-à-dire : « Tu es ceci. » 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.