Journal d'un sans-abri : #29/07/2021

Unkle se régale alors que moi, j'ai le ventre vide. La recette est enfin finalisée. La ville m'apparait sous un angle nouveau et l'art et la poésie répondent toujours présent.

06:40

Alors que lundi je suis à la rue, Unkle, considère que pour le mois prochain, je doit payer la GLI.

La garantie de Loyer impayé, oui, en effet, pour me faire mettre le couteau sous la gorge par la propriétaire de mon logement, je paye 36,75 mensuellement à Unkle qui on trouvait le bon filon.

Alors que je n’ai pas un euro pour manger, il me prenne 36,75 euros.

Payer pour se faire mettre le couteau sous la gorge Payer pour se faire mettre le couteau sous la gorge

Je pense que je ne vais pas avoir d’autre solution que de tout abandonner. Ma retraite et mes indemnités mais aussi mon compte bancaire, mes dettes, mes crédits.

Ils ont tous leur place, leur petite action à réaliser, un mécanisme parfait, créé par notre démocratie pour écraser les êtres en les humiliant.

11:54 

Je viens de posté ma recette, j’en suis plutôt satisfait.
C’est une forme qui me convient pour dissimuler ma honte tout en exposant mes peines.

15:32

Je reviens de la ville, prendre l’air, profiter du soleil, une heure.

Sur mon passage j’ai rencontré 2 êtres morts, un pigeon et un mulot, quelque chose dans le chose. Cela m’a fait étrange d’y avoir fait attention, d’avoir remarqué ces morts, en ville, c’est rare de rencontrer des animaux morts, cela fessait longtemps que j’en avais pas remarqué.

Sur le passage, tous les sans-abris, ce sont révélé à moi aussi, il y a les inertes, allongés dans un coin, que tout le monde évite tant ils sentent la pisse, il y a ceux qui parlent, tournés vers un être invisible, dans une conversation sérieuse, qui lâche un rire ou une agressivité lorsque tu arrives à leur niveau, il y a ceux qui marchent, seul, à pas lent, portant sur leur dos leur besace, tel des fantômes, qui te demande une pièce sur le bout des lèvres, ils y a les excentriques, avançant, couché sur le dos, tels des escargots, aux passages piétons, devant une file de voitures patientant.

Je me demandais, si, bientôt, en tant que sans-abri, je pourrais les interviewers, retranscrire leur vie, sur le modèle de « misère du monde » de Bourdieu. J’ai essayé de me projeter, mais avec difficulté, comment gagner leur confiance, pour avoir l’autorisation d’enregistrer leur voix, et puis, il y a aussi tous les problèmes techniques qui me sont apparut, le matériel et son alimentation, et surtout, ma survis, dans ce milieu.

Non, je quitterai la ville, la saleté de la ville, des voitures, des pots d’échappements, pour marcher sur des routes vertes, sentir les odeurs de la nature, dormir parmi les ours, sur un arbre ou dans un trou, mais partir de la ville, de la capitale, aller construire une cabane dans la foret, dans une forêt quelconque, braconner pour manger, ou croquer les racines à même la terre tel Antonin.

16:58

Bon, j’ai envoyé à des influenceurs un message avec ma recette en lien en quêtant un peu de visibilité, à des actrices, à des acteurs, à des humoristes, à un ancien footballeur, à un boxeur, à un footballeur, à un avocat, à un homme politique, à une quinzaine de personnes, plus ou moins, j’ai commencé avec les gens dont j’aime le travail, que je follow sur Instagram, mais je sais pas trop si quand tu as une pastille bleu à coté de ton nom, sur Instagram, tu reçois le message, qu’un commun des mortels t’envoie, je croise les doigts, on sait jamais, peut-être qu’il y a possibilité de réaliser un film extraordinaire, art et essai, à petit budget, à plusieurs yeux, avec Monica Bellucci dans le rôle de ma grand-mère quand j’étais enfant, cela serait géant, j’imagine la scène, c’est son anniversaire et on est tous assis au restaurant, celui où elle adorait aller, avec le jardin et le grandiloquent olivier en son centre, dont l’ombre des branches s’étalent, à cet instant, sur notre table, Nona saisi son verre d’eau de sa main gauche, le présente devant elle, et à cette instant, deux rayons du soleil, viennent percés les feuilles touffus de l’olivier, dont un, vient éclairer le chignon de Terese et l’autre va s’affaler sur sa main droite juste au moment où elle fait tinté, de sa fourchette, le verre en cristal devant elle, afin d’annoncer, de son plus profond sourire, à ses amis autours de nous, que débutait le moment où j’allais lui réciter ma nouvelle poésie.

Son regard puissant me lève sur mes pieds d’enfant, la peur m’abandonnant en plongeant dans ses yeux, je me transporte devant elle, pour lui prononcer mes vers :

Cela serait un beau film, mais en vrai, j’ai pas écris à Monica Bellucci, il faudrait que je traduise ma recette, mais j’ai complément oublié l’italien, enfin je le baragouine, il faudrait que je prenne le temps sur google de traduire ma recette pour Monica.

Je n’ai pas écris, à Monica Bellucci, parce que, elle n’est pas française finalement, cela ne la concerne pas, bien que, l’indignation est internationale. Peut-être que, je devrais prendre contacte tout de même avec elle, pour lui demander de m’accueillir, lui demander l’asile politique, si vous la croiser, transmettez lui ma requête, svp, je suis bricoleur, je peux tourner des vises, planter des clous, raboter, poncer et peindre, je peux peindre !, peindre des formes sur les murs, en blanc sur blanc, en noir sur noir, en bleu sur bleu ou dans les couleurs qu’elle voudra, et j’aime lire, je peux lui faire la lecture, sans dents, mais j’aime les mots, je pourrai passer mes journée à chercher des mots pour elle, à chercher des mots et des phrases pour la décrire, pour décrire sa démarche, décrire son allure et mon plus grand plaisir serait d'éditer des livres où elle aura écrit de sa main, les mots qu’elle préfère en lettre d’or, dont je deviendrai le gardien, je suis super motivé, je suis près à apprendre ma conjugaison, je suis près à apprendre tous les accords et j’ai plein d’idée, je peux m’occuper de son jardin, par exemple, si elle en a un, cueillir les fruits des arbres de son verger, les pommes, les poire et les abricots et faire des confitures ou des salade de fruits, je peux couper le raisin sur les vignes, le presser au pied dans un tonneau et lui apporter une verre vin, je peux bêcher la terre, comme je le fessais adolescent pour le potager de ma mère, je suis sérieux et amoureux, je promets d’être gentil avec toutes les plantes et surtout, avec les fleurs, ou encore, je suis l’un des meilleurs développeurs Drupal de France, plates-formes communautaires, boutiques en ligne, sites institutionnels, je sais tout faire et j’adore faire cela, j’ai même une vision, aujourd’hui, si tu veux prendre la parole, il faut que tu te la donnes, il faut se construire sa plate-forme, avec ses adhérents.
Quand tu as ta plate-forme, Facebook, YouTube, Twitter n’a plus rien à dire quand tu diffuses tes informations sur ta plate-forme. Tout le monde le fait maintenant et il faut qu’on le fasse tous. Il faut que les outils de demain, le web de demain soit construit, pensés dans cette perspective, je pense, « il faudrait penser plus », il faudrait penser le web 5.0, j’en ai une vision du web 10.98, une idée assez claire du web 75.42, je l’imagine ainsi le web 49 887.76. Il n’y a plus de Facebook, de twitter, de tiktok etc, Il y a un gigantesque cloud, où chacun aurait sa plate-forme, construite selon ses envies et ses besoins, du blogging, des galeries, de la videos, du sons, bref, des sites autonomes, réalisés à base d’un type de CMS révolutionnaire, qui permet l’interconnexion des plates-formes entres elles. Il y aurait toujours du Drupal, du Indexibit, du Wordpress, du Joomla etc, mais chacun de ces CMS implémentent une gestion de l’interconnexion. C’est à dire, un système qui permettrait de devenir ami d’un site à partir de son site tel qu’on devient ami sur Facebook, d’un compte à un autre. Et lorsqu’on devient ami d’un site, l’on peut liker le contenu du site, et réciproquement, on peut chatter, on peut commenter, bref, tout ce que l’on peut faire aujourd’hui intra plates-formes, mais le faire extra plates-formes, en plates-formes autonomes, indépendantes, connectées.

J’aimerais bien être vivant le jour ou le web 8 764 356.67 sera opérationnel.

Je comprends que mon travail est illusoire, mais attendons nous de l’art autre chose qu’il articule des illusions ?. Peut-on s’attendre à autre chose de l’art qu’a des illusions, qu’a des mirages ?.

En tant qu’artiste, j’ai la tâche de fantasmer, voir de délirer, délirer les sens, fantasmer le monde, je n’aime que le cinéma qui fantasme de nouveau possible, qui par ses fantasmes déploie de nouvelles visions, qui par ses visions construit de nouvelles relations, c’est le cinéma que j’aime, l’art que j’aime.

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