ANTISIONISME et ANTISÉMITISME :

Le tapage médiatique n'est pas toujours le reflet de la réalité du monde. Il fait parfois grand bruit pour étouffer des clameurs légitimes qui contrarient le dogme néolibéral.

 

Peut-être que je me trompe, mais quand on considère avec bienveillance l'humanité dans son ensemble, c'est à dire quand on aime l’humain dans sa généricité qu'il soit blanc, bleu, noir, jaune ou rouge, catholique, protestant, athée ou non, sémite ou musulman, ou encore libre penseur, on ne peut guère comprendre les montées toujours ponctuelles du racisme et de l'antisémitisme que comme des outils politiques manipulés par le pouvoir en place.

Bien sûr il y a toujours eu dans chaque peuple un fond de xénophobie.
Pour que les choses soient dites, le racisme comme l’antisémitisme sont et ont toujours été des modes de pensées exécrables et cette faiblesse humaine est pour le moins désolante. Mais les explosions ponctuelles et soudain vertigineuses du rejet de l’autre ne sortent pas de nulle part. Elles sont souvent corrélées avec un climat social tendu et font opportunément diversion quand il s’agit d’évincer avec une merveilleuse efficacité tout mouvement social.

Déjà en 1984, après que Mitterrand ait amorcé le virage néolibéral, et envisagé de ralentir singulièrement l’ascenseur social, il fallait occuper l’espace médiatique avec un thème transverse « ni droite-ni gauche » pour étouffer les revendications politiques. Et le 15/10/1984, apparaît alors SOS Racisme, dans l’orbite du pouvoir socialiste mais aux affiches dépolitisées, pour remplir cette mission. Dès lors on ne parle plus de lutte des classes.

Aujourd’hui que la tension populaire remonte et devient palpable, que les gilets jaunes, paupérisés par des décennies de régression sociale par transfert progressif du produit du travail du salariat vers le capital, persistent dans leur dénonciation d’un président qui n’aime et ne favorise que les riches, que la fraude fiscale explose, que le peuple se réveille enfin et s’attèle à recouvrer un minimum de justice sociale, que la lutte des classes reprend des couleurs, voilà que l’outil de diversion ressort avec d’un côté la montée en épingle de faits toujours aussi scandaleux mais pas forcément très nouveaux, et de l’autre l’organisation de grandes messes et autre marche blanche en défilés contrits et bien pensants, qui ont toute l’apparence d’évènements ciblés par leur contexte, mais qui sauront occulter le social en confisquant le champ médiatique, le temps qu’il faut.

A présent c’est nouveau, la question qui occupe les relais de l’information est celle d’un antisionisme qui pourrait s’apparenter à de l’antisémitisme … ?
Pourtant il n’y a aucune confusion possible entre ces deux termes.

Mais du coup, la cause des Gilets Jaunes passent au second plan.

La cause des causes, elle, est et restera toujours l’injustice sociale. Et quand le pouvoir refuse de traiter le fond du problème il joue la diversion.
Pourtant, en réduisant les inégalités on réduit en proportion équivalente tous les autres problèmes.

Quelques uns le disent, Richard Wilkinson le prouve, dans son bouquin « l’égalité pour tous ».

 

 

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