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Billet de blog 25 sept. 2022

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AUTOMNE 2022: Liberté vaccinale et l’immunité collective face au Covid.

Finies les vacances ! L'automne et le froid sont de retour et forcément le fameux virus de Covid fait reparler de lui. Mais qui dit nouveaux variants dit nouveaux vaccins et c'est le cercle sans fin.

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En pleine flambée des infections avec le variant Omicron, l’Organisation Mondiale de la Santé nous mettait en garde le 30 décembre 2021 que de nouveaux variants de coronavirus pourraient émerger pendant la pandémie et rendraient les vaccins actuels inutiles. "Il est possible que de nouveaux variants échappent à nos contre-mesures et deviennent totalement résistants aux vaccins actuels ou aux infections passées, nécessitant des adaptations vaccinales", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Les mouvements politiques réactionnaires ont favorisé l'iniquité vaccinale et "créé les conditions idéales pour l'émergence de nouveaux variants", a-t-il déclaré, cité notamment par CNBC.

A la tête de la Haute Autorité de Santé (HAS) depuis 2017, Dominique Le Guludec est cardiologue et professeure de biophysique nucléaire. C’est l’un des visages emblématiques de la gestion de la crise sanitaire du Covid-19. Alors qu'une huitième vague épidémique se profile pour l'automne 2022, l'autorité française continue pourtant d’insister sur le recours à la vaccination. Des variants il y en a en permanence et il y en aura toujours. Certains d’entre eux sont sous surveillance notamment BA.5 (sous-lignage d'Omicron majoritaire en France, NDLR) mais aucun n'a fait la preuve de sa plus grande contagiosité ou virulence. Il reste impossible de savoir si un autre variant comme le BA.2.75 va émerger en France et nous ne pouvons pas dire quel variant pourrait être responsable d'une vague automnale. C'est ce que nous a appris l'épidémie : il y a beaucoup d'inconnues et nous devons suivre son évolution de très près et nous adapter en permanence. 

Nous ignorons encore si les vaccins actuels sont efficaces contre BA.2.75. Quand un nouveau variant arrive, il y a trois questions à se poser : quelle est sa contagiosité ? Quelle est sa virulence ? Et quelle est sa résistance aux vaccins ? Ces trois informations nous ne les avons pas mais l’exécutif souhaite une nouvelle fois anticiper en espérant que, comme pour les précédentes mutations, les vaccins gardent une efficacité contre les formes sévères de la maladie. « Ils ont effectivement perdu un peu d'efficacité sur l'infection, en revanche ils protègent encore très bien contre le développement des formes graves et ce même face à un nouveau variant du Covid-19. Nous pouvons aussi compter une immunité solide grâce aux 37 millions de Français vaccinés, c'est une forme de protection très importante contre les formes sévères. » confiait la présidente de la HAS cette semaine.

Pourtant la psychose du COVID-19 rappelle étrangement celle du virus du Sida (VIH) découvert au début des années 1980 lorsque nous n’osions plus nous embrasser et même nous serrer la main. Les gestes barrière d’aujourd’hui censés faire barrage aux virus et contribuer à se protéger et protéger notre entourage ressemblent à ceux du « Sida mental ». Malgré de nouveaux espoirs, quarante années de recherche n’ont pas suffi pour trouver un vaccin contre le VIH. José Esparza, anciennement conseiller pour la fondation Bill-et-Melinda-Gates et désormais affilié à l’école de médecine de l’Université du Maryland confirmait en mai 2021 ne rien savoir de la complexité du VIH alors même que la communauté scientifique affirme avoir produit des vaccins efficaces contre le SARS-CoV-2, virus à l’origine de la COVID-19, moins d’un an après son apparition. Alors comment croire à une immunité collective grâce aux nouveaux vaccins ARN lorsque l’on sait que les virus mutent à l’infini et que chaque nouveau variant de Covid-19 imposerait une nouvelle dose de vaccins anti-Covid recourant à une technologie récente et par conséquent peu maîtrisée présentant sans que nous le sachions une dangerosité probable pour notre santé dans les années futures ? 

Pour la première fois en Italie, le tribunal de Pesaro situé près de Saint-Marin dans l’est du pays a ordonné en juillet dernier l'analyse en laboratoire des vaccins à ARN messager (ARNm) après avoir été saisi par un particulier opposé à la vaccination contre le COVID-19. Le plaignant, qui a déjà contracté la maladie par le passé, est un enseignant cinquantenaire soumis en Italie à l'obligation vaccinale. Réfractaire, il est sous le coup de sanctions administratives, selon son avocate Nicoletta Morante contactée par l’Agence France-Presse (AFP). Il s'agit selon elle d'une première en Europe . Les analyses en cours visent à savoir quelles protéines sont présentes dans ces vaccins et si ces derniers contiennent des « excipients à usage non humain ou dangereux pour la santé », selon un résumé de la plainte vérifié par l'AFP. Après 12 milliards de doses de vaccins anti-Covid administrées dans le monde et 60% de la population vaccinées avec deux doses, les vaccins « n'ont pas la conformation fonctionnelle déclarée » et la réponse immunitaire qu'ils engendrent « est inefficace » selon l’avocate italienne. 

Si l’efficacité totale des vaccins ARN contre le coronavirus reste encore à prouver, nous devons néanmoins cesser de faire la politique de l’autruche devant des effets secondaires inquiétants constatés dans d’autres pays voisins. Le 11 mars 2021, le Danemark avait été le premier pays en Europe à suspendre l'utilisation du vaccin AstraZeneca après des rapports décrivant des cas exceptionnels de caillots sanguins et deux cas de thrombose grave dont un mortel. Le 7 octobre 2021, la Finlande emboîtait également le pas le 7 octobre 2021 à ses voisins nordiques en suspendant le vaccin Moderna pour les hommes de moins de 30 ans en raison d'un risque d'inflammation cardiaque. Dans de tels cas, la vaccination systématique pour chaque nouveau variant par des vaccins ARN suspectés comme dangereux pour l’homme et « inefficaces » relèverait alors du suicide collectif plus que de l’immunité collective post-vaccinale contre la théorie de l’immunité naturelle collective qui demeure quoi qu’il en soit la meilleure. 

Selon l’institut Pasteur, l’immunité collective correspond au pourcentage d’une population donnée qui est immunisée ou protégée contre une infection à partir duquel un sujet infecté introduit dans cette population ne va plus transmettre le pathogène car il rencontre trop de sujets protégés. Cette immunité de groupe, ou collective, peut être obtenue par l’infection naturelle ou par la vaccination. L’enjeu est double car l’immunité grégaire consiste à immuniser une partie du peuple, cassant ainsi la chaîne de propagation Covid-19. Plus il y a de personnes infectées, plus il y a de personnes immunisées et moins le virus se propage. On parle d’immunité collective ou grégaire lorsque plus de la moitié de la population est contaminée, soit 70 %. La condition est que le virus doit se transmettre, ce qui est le cas du SARS-Cov-2. Actuellement, 5,7 % de la population française aurait été affectée par la Covid-19, on est bien loin des 70 % requis. Ce taux de 5,7 % a été établi d'après des calculs mathématiques, répartis sur pas moins de 43 pages. Il faut savoir qu'une marge d'erreur de 3 à 10 % est possible.

Pour l’heure, on ne sait pas encore si le virus SARS-Cov-2 est capable de muter comme le virus de la grippe saisonnière. Pour cette grippe, une injection est nécessaire chaque année. En effet, le vaccin protège contre le virus de saison et non pour la grippe de manière générale. Pour l’Institut Pasteur, il existe encore des incertitudes concernant la Covid-19. Respecter les gestes barrières reste donc pour l’Institut français le meilleur moyen pour se protéger et éviter la propagation plus que l’obligation vaccinale, laquelle a eu pour conséquence la suspension des soignants non-vaccinés. Selon Dominique Le Guludec, l’avis rendu le 22 juillet dernier par la Haute Autorité de Santé (HAS) ne visait pas à recommander l'obligation vaccinale mais elle estimait a contrario que ce n'était pas le bon moment pour la lever dans la mesure où le vaccin reste sûr et efficace selon elle sur les formes sévères pour les plus fragiles. 

Nous devons enfin ne pas oublier que l’industrie pharmaceutique fait son beurre de façon magistrale depuis le début de la pandémie de Covid-19. Environ 1000 dollars par seconde, 65000 dollars par minute, 34 milliards de dollars sur l’année dont 8 milliards d’argent public au départ de la pandémie, c’est le montant des profits qu’engrangent Pfizer, BioNtech et Moderna grâce à leurs vaccins contre le Covid-19 selon une étude de l’association People’s Vaccine Alliance. Les meilleurs économistes du monde ne se voileront pas la face car comment ne pas être motivé pour continuer de fabriquer de nouveaux vaccins ARN pour de nouveaux variants de Covid-19 en instaurant l’obligation vaccinale devant des profits astronomiques atteignant des chiffres à vous faire tourner la tête ? Le doute devient permis pour de nombreux réfractaires aux vaccins ARN.

Nous restons les seuls et uniques propriétaires de notre corps et de notre santé et ce n’est pas en retirant la cigarette de la bouche que le fumeur s’arrêtera, bien au contraire. Le plaisir de fumer, de boire une bière ou de prendre un petit café, de manger, de marcher, de courir, de sortir, de voyager, de voir ses amis, sa famille, de serrer ou se tenir la main ou encore de s'embrasser ou de travailler fait partie du bonheur de chacun. Le bonheur est la substantifique moelle de la vie car sans bonheur on ne vit plus alors pourquoi imposer de vivre quand on retire tout cela par des confinements et des règles sanitaires disproportionnés et des vaccins obligatoires parfois inutiles pour certains ? 

C’est là tout l’enjeu de la liberté vaccinale et de l’immunité collective car il revient à chacun d’entre nous d’évaluer notre fragilité et les risques de formes sévères contre une vaccination dont la fiabilité contre de nouveaux variants demeure incertaine et n’empêche pas la contamination. Ne pas être vacciné ne signifie pas être un antivax, un complotiste ou un « non-citoyen » selon les propos choquants d’Emmanuel Macron aux lecteurs du Parisien le 04 janvier 2022. Vouloir priver, même rhétoriquement, une partie de la population de 5 millions de personnes de ses droits civiques semble impossible à justifier et il n’y a pas besoin d’être hostile à la vaccination pour le reconnaître. Sortons de l’angoisse permanente du Covid car la vie doit reprendre. Soyons juste prudents cet automne.

Jean-Christophe de PINA
Journaliste

AUTOMNE 2022: Liberté vaccinale et l’immunité collective face aux nouveaux variants de Covid. © Canal Reportage

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