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Billet de blog 27 mai 2022

Nuno Carvalho: "le Portugal et la France ont pour priorité extérieure l'Afrique !"

Nuno Miguel Oliveira de Carvalho aura 40 ans dans 3 jours. Il est jeune et brillant. Et il est député au Portugal depuis 3 ans. Totalement francophile et francophone, j’ai eu la chance de pouvoir lui poser quelques questions sur son action, sur la politique internationale et sur un pays cher aux yeux du Portugal : l’Angola.

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Ce paradis d’Afrique, niché au bord de l’océan Atlantique, est un peu le sauveur de l’Europe dans la crise énergétique actuelle et les relations privilégiées que maintiennent Luanda et Lisbonne y sont pour beaucoup.

Le député Nuno Carvalho

- Nuno Carvalho, pourriez-vous vous présenter brièvement pour les lecteurs français qui ne vous connaissent pas forcément.

     "Après avoir acquis une expérience professionnelle en Espagne dans le domaine de la Pétrochimie, je suis devenu député du PSD au Portugal. J’ai intégré la commission des affaires étrangères et ma politique tourne autour de la coopération internationale et de l’Afrique."

- Quels sont vos liens avec l’Angola?

     "Déjà, sachez que j’ai la double nationalité angolaise et donc, je suis en liaison constante avec ce pays, c’est ma deuxième maison et une priorité dans mon activité politique. Nos deux pays, de par l’histoire et la culture, sont très proches. Ils ont une vision commune concernant le développement.

Au niveau des échanges commerciaux, l’Angola et le Portugal font beaucoup ensemble. Énormément de sociétés travaillent ainsi à cheval, sur nos deux pays, nos deux continents. La proximité entre nos deux nations est très forte à tel point que les investissements portugais en Angola sont très importants.

Nous devons regarder cette réalité à travers 2 cadres. La mobilité entre nos deux pays est facilitée grandement par un système qui permet une obtention de visa et un permis de résidence et de travail très rapide. Cela permet d’accéder, entre autres, au système de santé et au marché du travail, pour les citoyens de nos deux pays, dans nos terres respectives.

Au niveau Européen, notre connaissance de l’Angola (au Portugal), nous permet de développer des politiques plus adaptées en faveur de l’Afrique. Ainsi, nous pouvons travailler main dans la main au financement des projets énergétiques, par exemple, afin de faciliter la transition dont tout le monde parle. Mais nous devons également apporter plus d’aide également concernant la santé.

Une fois encore, il faut bien comprendre que nos liens avec l’Angola sont au moins aussi forts que ceux de la Grande-Bretagne avec les États-Unis."

- A quel niveau pouvons-nous renforcer ces liens ? L’Angola est perçue par l’Europe comme un allié stratégique depuis la crise gazière, comment l’Europe peut remercier l'Angola ?

     "La politique énergétique est très importante pour le développement des énergies vertes et plus écologiques. Ainsi, les pays d’Afrique sont une priorité pour l’Europe. Cela nécessite des changements. Par exemple, nos politiques européennes visant à encourager les voitures électriques, nécessites peut-être un coup de main au Congo sans qui nous ne pourrions avoir de batteries. Nos aides pourraient financer des emplois et permettre au pays d’entrer dans une nouvelle ère énergétique.
Pour l’Angola, il faut aider à créer des chaînes de valeurs additionnelles"

- Emmanuel Macron devrait choisir l’Angola comme premier déplacement en Afrique - que lui diriez-vous pour le conseiller ?

"Je crois que le Portugal et la France sont les deux pays en Europe qui ont comme priorité, en matières d’affaires étrangères, l’Afrique. Il faut avoir une vision ou tous les déplacement futurs dans les pays lusophones, pourraient êtres bien plus enrichissants pour tous si on y incluait le Portugal. Dans d’autres pays aussi, comme la Centrafrique où nous maintenons une force militaire, nous pourrions jouer une partition à 3 qui serait beaucoup plus juste pour chacun."

- Comment appréciez-vous le mandat du Président Lourenço ? Il a eu un mandat miné par les crises, la Covid, la crise énergétique internationale actuelle, mais son bilan économique affiche d’excellent résultats.

"C’est un mandat très important car il a donné beaucoup de bonnes nouvelles à sa population et, in extenso, à tous les africains. Il a fait comprendre à chacun que le développement économique d’un pays est essentiel.

Nous devons augmenter nos efforts diplomatiques communs. Mais aussi aligner nos politiques, comme avec la Turquie, l’Espagne, l’Italie ou la France, afin d’aider encore et toujours plus au développement économique de son pays.

Les Angolais ont une préoccupation : avoir un pays qui s’adapte encore plus rapidement aux exigences futures, avoir une économie de plus en plus forte, un PIB fort… Et je crois que la force du mandat du Président actuel réside dans tous les succès qui ont permis au pays de réussir ces paris !"

- Merci beaucoup, M. le député, d'avoir pris le temps de répondre à mes questions. 

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