« Mon Dieu, il ne sera pas prêt à la prochaine rentrée pour le CP »

« Avec l’école qui s’est arrêtée depuis le 16 mars, il n’aura pas eu le temps d’apprendre à écrire en écriture cursive et à maitriser certains apprentissages de la Grande Section. Mon Dieu, il ne sera pas prêt pour la rentrée au CP » tels sont une partie des propos d’une maman angoissée lors d’une conversation téléphonique au sujet de la non reprise de l’école en Guyane.

« Avec l’école qui s’est arrêtée depuis le 16 mars, il n’aura pas eu le temps d’apprendre à écrire en écriture cursive et à maitriser certains apprentissages de la Grande Section. Mon Dieu, il ne sera pas prêt pour la rentrée au CP » tels sont une partie des propos d’une maman angoissée lors d’une conversation téléphonique  au sujet de la non reprise de l’école en Guyane. 

Avec les interventions de spécialistes de tous bords sur les chaines de journaux en boucle pour expliquer aux parents comment maintenir la continuité pédagogique à distance, c’est l’angoisse qui a gagné une majorité de parents même pour les enfants scolarisés en maternelle. Soyons rassurés, les enseignants savent aussi que nos enfants n’ont pas suivi ce dernier trimestre et ils adapteront leur pédagogie à la rentrée en ce sens.

Mais si en tant que parents, nous souhaiterions finaliser le programme de maternelle comme une impérieuse nécessité, il nous suffit de parcourir les sites internet sur l’école maternelle pour y trouver ce que l’on attend de ces bout’Chous  à la fin de ce que l’on appelle le 1er cycle c’est-à-dire le cycle de la PETITE Section à la GRANDE Section (http://www.grandiravecnathan.com/grande-section/la-grande-section-de-maternelle.html):

  1. « Le développement du langage » (Les enseignants veillent à une expression plus riche et plus préciseafin de rendre les énoncés plus longs et mieux articulés)
  2. « devenir élève »
  3. « agir et s’exprimer avec son corps »
  4. « découvrir le monde »
  5. « percevoir, sentir, imaginer, créer ».

 Je ne m’attarderai pas sur le point 2 « devenir élève » qui correspond plus à apprendre « comment rester assis sans bouger devant une table » ce que je considère personnellement comme une aberration à un âge où les enfants ont besoin de se mouvoir et  de bouger. Sur les autres points, quels sont ceux  que les parents ne sont pas en mesure de développer avec leurs enfants en utilisant les moyens disponibles à la maison et dans leur langue ?

Et j’insiste dans leur langue car un enfant qui se construit en toute confiance et sans complexe à cet âge dans sa langue maternelle qui loin s’en faut en Guyane n’est pas toujours le français, peut tout à fait poursuivre correctement sa scolarité. En témoigne, les générations élevées jusqu’à l’âge de 6 ans à la maison par des parents  parlant uniquement les langues créoles, amérindiennes, bushinengués, etc. et qui aujourd’hui occupent des postes plus ou moins importants à tous les niveaux de la société.

Le vrai problème n’est-il pas que l’Education Nationale, sur un territoire comme la GUYANE où le multilinguisme devrait être considéré comme une richesse, standardise les apprentissages dans un même format national. Et pourtant sur le site de l’Education Nationale, il est écrit :

« Organisée en un cycle unique, l'école maternelle est la première étape pour garantir la réussite de tous les élèves au sein d'une école juste pour tous et exigeante pour chacun »https://www.education.gouv.fr/programmes-et-horaires-l-ecole-maternelle-4193

Ah la bonne blague !!

Derrière ce discours politiquement correct, il n’en est rien. Et pour cause ( tant pis si certains veulent l’oublier), le mouvement social de mars-avril 2017 de la société guyanaise a revendiqué à juste titre une adaptation de l’école par rapport aux cultures et traditions qui font l’identité des peuples de ce territoire. Car il nous faut sortir de la spirale d’échec actuel, un objectif qui n’est ni à négocier ni à reporter. Nos enfants ont droit à l’excellence et à la réussite, non pas comme un slogan publicitaire mais comme une réalité.

Il n’est donc pas question pour nous de revenir comme avant l’épidémie mais plutôt d’intensifier le combat entamé depuis des générations pas des militants pour une GUYANE de l’excellence car les atouts et les richesses de ce territoire sont déjà là.

Et l’Excellence commence à la Maternelle.

Et la Maternelle c’est d’abord la Maison !!!!!

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