De #MeToo à #NousToutes: la longue marche des femmes

A l'occasion de #NousToutes, la marche contre les violences sexistes et sexuelles prévue ce samedi 24 novembre, dans toute la France, la politiste Vanessa Jérome replace #MeToo dans la longue histoire des luttes féministes et appelle à la mobilisation «pour que les espoirs suscités depuis un an ne sombrent pas».

On commémore déjà #MeToo.

Le temps passe vite.

En tout cas celui des hastags, des mots d’ordre et des indignations.

Le temps de la transformation des structures sociales et des rapports de pouvoir, lui, passe plus lentement.

Et c’est précisément ce sur quoi pourrait achopper le mouvement #MeToo, dernière séquence en date de l’ancienne et longue lutte féministe contre les violences sexistes et sexuelles.

Il faudra bien sûr plus qu’un défilé samedi pour en finir avec les logiques les plus enkystées de la domination masculine et du patriarcat. On pourrait même trouver quelque ironie à marcher pour empêcher la mobilisation de marquer le pas.

Mais ce serait une erreur de ne pas se joindre, le 24 novembre, à l’appel de #NousToutes, à celles qui se mobilisent pour que les espoirs suscités depuis un an ne sombrent pas.

Avant/Après #MeToo : l’impossible bilan ? 

Depuis le début de ce mois d’octobre, les commémorations de la naissance du mouvement #MeToo vont bon train. Enfin, pas tant que cela. Parce que l’on sent bien qu’en France comme ailleurs, l’élan s’essouffle. Qu’il pourrait même retomber. Que le backlash guette si l’on s’enferre dans d’insolubles débats : cela vaut-il le coup/coût de témoigner quand on voit le sort qui a été réservé aux femmes qui ont osé parler ? N’est-ce pas inutile, dangereux ou même contreproductif de dévoiler les noms des agresseurs ? N’a-t-on pas aggravé les divisions entre les féministes ? Ravivé la guerre des sexes ? Comme si la guerre des sexes avait déjà eu lieu… Je veux dire autrement qu’à condition de penser qu’elle se mène tous les jours et qu’à chaque tombée de nuit les hommes constatent qu’ils l’ont, une fois encore, gagnée. Avec #MeToo comme avec tout ce qui touche aux droits des femmes, chaque victoire est partielle, fragile, précaire ; on sait bien que tout peut disparaître [1], que tout est toujours à refaire. 

Cela fait des décennies que les féministes se mobilisent pour dénoncer et lutter contre les violences sexistes et sexuelles dont celles de leur genre [2] sont l’objet. Des décennies qu’elles sont accusées de ne pas employer le bon ton, de ne pas choisir le bon moment pour le faire. Des décennies qu’elles font face aux mêmes contre-feux, dont certains sont allumés par d’autres femmes, dont l’antiféminisme plus ou moins conscient et assumé repose, entre autres motifs, sur la fierté qu’elles tirent d’avoir pu prendre leur parti, et parfois leur plaisir, de l’assignation sexuelle à laquelle elles sont renvoyées [3]. Des décennies que la parole des féministes est délégitimée, mise en doute, raillée. Puritaines, frustrées, mal baisées, laiderons, virago [4]… elles résistent. Plus ou moins bien.

À ce jour, l’essentiel du succès de #MeToo est d’avoir convaincu un nombre conséquent de femmes de parler. Et il faut évidemment se réjouir qu’une écrasante majorité d’entre elles soit heureuse de l’avoir fait – plus de 95 % selon l’étude faite par la Fondation des femmes[5]. Encore faudra-t-il prendre le temps d’analyser les conditions sociales de possibilité de ces différents témoignages, et l’inégalité de leurs effets sur les trajectoires de vie des femmes en fonction de leur « race » [6], de leur classe sociale, ou encore, du territoire auquel elles appartiennent. Grâce à leurs témoignages, les chiffres – massifs – des violences ont été réactualisés, largement diffusés dans l’espace public, les médias, les lieux de parole, les dîners de famille. Il était pertinent et juste qu’il en soit ainsi. Ces chiffres, je ne les rappellerai pas [7]. C’est un parti pris. Afin d’insister sur un point : ceux des violences sexistes et sexuelles ressemblent à ceux de l’urgence climatique ; on les entend, on les entonne, on les ressasse ; et il ne se passe (presque) rien. Les taisant, je rêve qu’un seul témoignage de violence suffise à trouver le viol, la blessure, l’insulte… insoutenable. Parce qu’il est scandaleux d’avoir à présenter une comptabilité morbide pour convaincre. Parce qu’il est odieux de se demander à partir de combien d’insultes on a le droit de réagir, à partir de combien de viols on a le droit de condamner. La question de la violence sexiste et sexuelle sera réglée quand un seul cas suffira à scandaliser. 

Partant de là, #MeToo n’a rien d’une déferlante, d’un séisme. Ce mouvement n’est qu’une séquence de plus – en partie spécifiée par l’usage du web et des réseaux sociaux – dans l’histoire longue des luttes féministes [8]. À ce titre, on ne pourra juger réellement de son impact que sur le temps long. Mais ce qui importe déjà, c’est que ce mouvement ait obligé à constituer des task force dans les médias – à condition qu’ils continuent de publier. C’est qu’il ait permis à nombre de femmes, qui n’étaient pas féministes, de le devenir – à condition qu’elles le restent. C’est qu’il ait obligé à penser la couleur de la peau des actrices noires [9] – à condition que s’offrent à elles d’autres rôles. C’est qu’il ait obligé les hommes à se demander s’ils étaient agresseurs, complices ou protecteurs – à condition qu’ils comprennent pourquoi on les condamne, qu’ils se désolidarisent des violents, qu’ils s’interposent. 

Sans compter que de manière connexe, #MeToo aura aussi été l’occasion de (re)penser le corps féminin et des logiques sociales qui le façonne, d’apprendre ce qu’est un clitoris, de débattre de la place du plaisir et du désir des femmes [10], de découvrir l’existence des violences gynécologiques, de s’interroger un peu moins sottement sur ce qu’est le consentement [11], bref, de revenir à tous les débats qui fondent le féminisme, le renouvellent, le maintiennent vivant. Ici, #MeToo est dispositif de socialisation, réactivation de l’« espace d’encadrement des expériences et de leur mise en récit » [12], transmission et renouvellement des répertoires de l’action. 

Pour le reste, et en dehors de quelques satisfecit trop optimistes pour être vrais – comment conclure, par exemple, avec Agnès Grossman que la sexualisation à outrance du corps des femmes dans l’imagerie culturelle et publicitaire n’est déjà plus admise [13] quand Pepitesexiste.fr a justement vu le jour en mars 2018 pour en signaler les exemples actuels les plus caricaturaux [14], ou croire que tout ira mieux dans quelques années parce que 25 % des garçons de moins de 25 ans affirment « que #MeToo a changé la façon dont ils perçoivent la question du harcèlement sexuel » [15] ? –, le bilan de #MeToo révèle plutôt la persistance des stéréotypes, l’aggravation des discriminations et des inégalités, les impasses politiques dans lesquelles nous sommes, l’indigence des mesures prises et des budgets mobilisés.

Alors : combien d’« affaire Weinstein » faudra-t-il pour réaliser ce que permettent les sociétés d’aujourd’hui ? Combien de Brett Kavanaugh et de Christine Blasey Ford faudra-t-il pour se souvenir qu’il y avait eu Clarence Thomas et Anita Hill [16] ? Combien de DSK [17] – acquitté –, de Denis Baupin [18] – affaire classée sans suite pour prescription –, de Georges Tron – pour l’instant acquitté dans de douteuses circonstances –, de Gérard Darmanin – deux classements dans suite et un non-lieu –, de Nicolas Hulot – dont la mise en accusation publique a été avortée [19] – avant que la parole soi-disant « libérée » des femmes soit entendue dans des contextes où il s’agit non pas de statuer sur le bien-fondé ou l’utilité sociale de leurs propos mais bien sur l’innocence ou la culpabilité des hommes cités ? On prend bien des précautions pour protéger ces hommes d’accusations que l’on lance malgré tout plus facilement pour d’autres, moins blancs, moins riches, moins influents [20]. Quelle quantité de papier faudra-t-il pour démontrer que ces types de violences, dans les organisations syndicales, les mouvements de jeunesse, le monde politique [21], les entreprises (tous secteurs d’activités et catégories d’emploi confondus) reposent sur des logiques sociales aussi persistantes que connues [22] ? Le chemin du « faire justice » est bien sinueux, d’autant qu’à côté des féministes se tiennent autant de moralistes, de racistes, de LGBTphobes [23] que d’indolents.

Manières de dire que l’une des plus redoutables impasses dans lesquelles #MeToo pourrait s’enliser réside dans la juridicisation à outrance de la question des violences sexistes et sexuelles.

Variations autour du registre de la plainte

Il y a quelques semaines, je parlais en confidence, avec une femme violée, d’un autre agresseur que le sien. Elle m’a spontanément rétorqué : « Mais si c’est si grave ce qu’il fait lui, pourquoi les femmes ne déposent-elles pas plainte ? ». « Sûrement pour les mêmes raisons qui t’ont empêché de le faire toi-même », lui ai-je répondu.

Voilà où nous en sommes. À tenir cette autre sorte d’infernale comptabilité. Celle des plaintes. Entendues, déposées, refusées, suspendues à un ultime vouloir, en attente. Combien d’entre nous sont dépositaires de témoignages (in)directs dont, en l’absence de plainte en bon et due forme, nous ne pouvons rien faire ? Combien savent les noms d’hommes qu’il est, faute de plainte, toujours impossible de dénoncer ? Combien de journalistes attendent un énième témoignage à visage découvert, une énième plainte pour publier ? La plainte, la plainte, la plainte ! La plainte comme répertoire unique de l’entendement et du saisissement des violences sexistes et sexuelles est un enfer. Pour les femmes, sommées de se soumettre quoi qu’il leur en coûte à cette forme de demande de justice. Faute de quoi, en vérité, leur parole n’est que rumeur, supposition, doute. Elle n’existe pas tout à fait ; elle n’a pas de portée politique ; elle ne sert aucune cause.

Pour s’engager dans une procédure juridique, il faut en avoir tous les moyens. Toute la patience. Accepter qu’une vie entière bifurque, s’entache peut-être. La domination masculine et le patriarcat font système mais c’est en leur nom personnel, et souvent seules, que les femmes témoignent et déposent plainte. Porter plainte, c’est accepter de répondre à tout : couleur et taille de la jupe, heures de sorties, nombre de verre d’alcool, préférences sexuelles, nombre d’amants. À quinze ans comme à cinquante. Le voyeurisme du système judiciaire est insatiable. Il est plus friand de pièces à conviction en forme de string et de textos salaces que de condamnations. Et c’est peu dire qu’il ne suffira pas des six mois de prison fermes et des cinq mille euros d’amende de l’agresseur de Marie Daguerre, ou de quelques autres condamnations pour harcèlement de rue ou cyberharcèlement, dont il faut évidemment se réjouir, pour que cela change.

Aujourd’hui 21 novembre, un collectif d’avocats demande à ce que les membres de leur profession soient mieux formés pour traiter ces cas, et en appellent à une meilleure application de la justice [24]. Welcome ! Et bientôt existeront peut-être les class action de femmes violentées ? Les cagnottes solidaires pour payer les frais de justice ? L’acceptation de plaintes déposées par les personnalités morales (associations, syndicats, partis politiques…) qui auront décidé de s’interposer entre violent et violentée ? Les mains courantes et les témoignages de témoins ? Les statuts protecteurs pour des lanceurs d’alerte en la matière ? Les tribunaux qui feront peser autrement la charge de la preuve, comme s’il ne s’agissait pas de distinguer bonnes et mauvaises victimes ?

En attendant, il faut oser (se) dire que la plainte juridique n’est pas l’essentiel dans une société qui ne peut ni l’entendre ni la juger. Il suffit pour s’en convaincre de savoir que moins de 16 % [25] des femmes se tournent vers des associations d’aide aux victimes alors qu’elles sont dignes de confiance. Sûrement parce que les femmes anticipent l’attente ou la fin de non recevoir que ces associations, visées par des coupes sombres de budget, sont susceptibles de leur opposer – que l’on se souvienne de l’audience médiatique dont l’AVFT a bénéficié, à juste titre, lorsqu’elle a dénoncé cet état de fait. On pourrait également citer le faible pourcentage de celles qui ont osé franchir la porte d’une antenne de police ou de gendarmerie (à peine 10 %) et qui sont si bien reçues qu’un #PayeTaPlainte a fleuri sur les réseaux sociaux pour dénoncer l’état d’esprit dans lequel ces fonctionnaires les entendent le plus souvent. Pas besoin, enfin, de se demander pourquoi moins de 8 % de femmes contactent un.e avocat. Ce chiffre dit le peu d’espoir qu’elles nourrissent dans la conduite d’une action en justice contre les auteurs des violences. À raison, vu la comparaison que l’on peut faire entre le nombre de signalements (du simple tweet anonyme aux plaintes en bon et due forme déposées) et celui des agresseurs inquiétés, ou a fortiori, condamnés : des millions versus presque zéro.

En revanche, un chiffre a drastiquement augmenté : celui des plaintes en diffamation. Contre les journalistes qui enquêtent, et surtout les femmes qui témoignent. Et qui en prennent pour des années. Des années de questionnements intimes, de procédure, de frais d’avocat, de rupture de carrière(s) – amoureuse, maritale, parentale, professionnelle. Il y a bien les témoignages de soutien, et les hastags #sororité. Mais reste inscrit comme dans le marbre de nos sociétés qui protègent mieux les institutions que les personnes [26], qu’une femme qui témoigne est toujours suspecte. Qu’une femme violentée a peut-être voulu l’être. Ne serait-ce que pour se faire une réputation, un nom. Un nom de scène contre un Non qui n’aura pas été entendu, obéi, ou tout simplement pu être prononcé. Quelle ignominie, ces remarques sur les actrices, quand on y pense… Les agressions sexuelles, et le viol en particulier, restent ainsi l’apanage de celles qui « l’ont quand même au moins un peu cherché » ; les seuls faits délictuels/criminels pour lesquels la victime, à défaut de tout à fait avoir honte – on avance quand même un peu… – se sent a minima une forme de culpabilité. Survivre à cela, c’est toute une vie à repenser. Une autre société à construire [27].

On entend souvent que « l’on ne peut pas forcer les femmes à témoigner ou à porter plainte, parce que ce serait une deuxième violence ». En effet. Alors passons à autre chose. À d’autres formes de légitimation de leur parole. À d’autres formes de mise en honte et de condamnation de ceux qui les ont violentées. Et que fleurissent les #WhyIDIdntReport, les #MyJobShouldNotIncludeAbuse et tous les hastags que l’on pourra inventer ! Les tribunes, les articles, les livres, les œuvres d’art, les boycotts, les grèves, les envahissements de tous les espaces, de toutes les scènes sociales et politiques en même temps [28]

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Cette affiche, reproduite dans See Red. Women’s Workshop. Feminist poster 1974-1990, Four Corners Books 2016, date de 1974. Mon année de naissance. Les mots d’ordre ne sont pas différents aujourd’hui. C’est peut-être la force et tout le sens de l’appel du 24 novembre : lutter aujourd’hui pour que chaque génération de femmes n’ait pas toujours tout à refaire.

 

Vanessa Jérome, politiste, CESSP-Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

 

[1] Pauline Delage, Droits des femmes, tout peut disparaître, Textuel, 2018.

[2] Ici pour insister sur le genre comme « élément constitutif des relations sociales fondé sur les différences perçues entre les sexes [et] façon première de signifier les rapports de pouvoir ». D’après Joan Scott, « Genre : Une catégorie utile d'analyse historique », Les Cahiers du GRIF, n° 37-38, 1988, p. 125-153.

[3] C’est une des manières de considérer la tribune sur le droit d’être importunée. Pour une démonstration de son caractère antiféministe, voir par exemple Juliette Rennes, « Cette tribune réhabilite un ordre social à l’ancienne », Le Nouveau magazine littéraire, 12 janvier 2018, ou Leslie Kaplan et Clyde Plumauzille « #MeToo, c'est vraiment révolutionnaire! », Médiapart, 15 janvier 2018.

[4] Pour une stimulante analyse du florilège des termes employés, voir Christine Bard, Le Féminisme au-delà des idées reçues, Le Cavalier bleu, 2012.

[5] Voir l’ensemble des résultats en ligne sur https://fondationdesfemmes.org/wp-content/uploads/2018/10/R%C3%A9sultats-enqu%C3%AAte-MeToo-2.pdf

[6] Ici entendue au sens de « racialisation » des rapports sociaux.

[7] Ils sont présentés en détail dans l’enquête VIRAGE, disponible sur le site de l’INED : https://virage.site.ined.fr/

[8] Voir Bibia Pavard, « La ‘libération de la parole des femmes’ avant #metoo. Le cas de l'avortement dans les années 1970 » ; Bibia Pavard et Josiane Jouet, « Les féminismes en ligne ou comment faire des vagues » ; et Mischa Dekker, « Le récit personnel à l’épreuve du public. Le partage des expériences de harcèlement de rue online et offline », communications au Congrès international des recherches féministes de la Francophonie, 2018. Les résumés sont consultables sur https://cirff2018.parisnanterre.fr/le-congres/programme/

[9] Sur une idée d’Aïssa Maïga, Noire n’est pas mon métier, Le Seuil, 2018.

[10] Pour constater dans les parutions les plus récentes la pluralité des approches, voir notamment Camille Froidevaux-Metterie, Le Corps des femmes. La bataille de l’intime, Philosophie Magazine Éditeur, 2018 et Sylvie Steinberg (dir.), Une histoire des sexualités, PUF, 2018.

[11] Voir par exemple sur ce point le numéro spécial sur ce thème de la revue Raisons politiques, n° 46, 2012.

[12] Marion Charpenel, Le Privé est politique ! : sociologie des mémoires féministes en France, thèse pour le doctorat de science politique, IEP Paris, 2014.

[13] Agnès Grossmann, Le Monde avant #MeToo. À travers 100 images pop culture décryptées, Hors Collection, 2018.

[14] Voir sur ce point le toujours actuel Erving Goffman, « La ritualisation de la féminité », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 14, 1977, p. 34-50.

[15] Aude Lorriaux, « #MeToo a déjà changé les perceptions et comportements des hommes », Slate, 7 novembre 2018.

[16] Notamment Éric Fassin, Le Sexe politique. Genre et sexualité au miroir transatlantique, Paris, EHESS, 2009.

[17] Essentiellement Christine Delphy (coord.), Un troussage de domestique, Paris, Syllepse, 2011 ; Frédérique Matonti, « Les mots pour (ne pas) le dire », Raisons politiques, n° 46, 2012, p. 13-45 ; Marie-Joseph Bertini, « Genre et médias à l’épreuve de l’affaire DSK. Réflexions sur le commentaire en ligne, nouvel espace de construction de l’inégalité des sexes », Sciences de la Société, n° 83, 2012, p. 54-65 ; Jules Falquet, « DSK ou le continuum entre les violences masculines et les violences néolibérales », Nouvelles questions féministes, vol. 31, n° 1, 2012, p. 80-87.

[18] https://www.mediapart.fr/journal/france/090516/des-femmes-denoncent-les-agressions-et-harcelements-sexuels-de-denis-baupin?page_article=1

[19] En raison des polémiques suscitées par la qualité du travail et des méthodes d’enquête des journalistes de l’Ebdo et non au regard de la véracité des faits invoqués.

[20] Véronique Le Goaziou (à partir de 400 cas jugés aux Assises), « Les viols aux Assises : regard sur un mouvement de juridiciarisation », Archives de politique criminelle, vol. 1, n° 34, 2012, p. 93-101.

[21] Sur ce point Esther Benbassa (dir.), Violences sexistes et sexuelles en politique, CNRS, 2018.

[22] Voir notamment le fondateur Jalna Hanmer, « Violence et contrôle social des femmes », Questions Féministes, n° 1, 1977, p. 68-88, réédité en 2012 dans Questions féministes.

[23] Notons, même si ce n’est pas l’objet de cet article, que la violence contre les femmes s’exerce souvent par extension sur toutes celles et ceux qui dérogent en quelque façon que ce soit à la masculinité hégémonique et l’hétéronormativité.

 

[24] https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/11/19/violences-sexuelles-changeons-le-droit_5385383_3232.html

[25] Ce chiffre et les suivants toujours selon l’étude réalisée par la Fondation des femmes.

[26] C’est l’un des points mis en exergue par Laure Murat, Une révolution sexuelle ? Réflexions sur l’après Weinstein, Stock, 2018.

[27] De vivifiantes analyses sont produites sur ce point par Jean-Michel Chaumont, inspiré par la King Kong Théorie de Virginie Despentes (2006). Voir Survivre à tout prix. Essai sur l’honneur, la résistance et le salut de nos âmes, La Découverte, 2017.

[28] Judith Butler, Rassemblement. Pluralité, performativité et politique, Fayard, 2016.

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