Les Anarchitectures de Damien Saez

Les Anarchitectures de Damien Saez © Arnaud Varlevent
Les Anarchitectures de Damien Saez © Arnaud Varlevent
jaccuse2.jpg

Les Anarchitectures

Aux agneaux égorgés au loin au chant des coqs dans le lointain
A l'orée des grands champs de blés, l'humanité, les poings liés


Scotché à la lisière du bois, petit poucet cherche pourquoi
Ses parents ont capitulé au grand vent des communicants


De tous nos temples les églises n'ont plus le grand des cathédrales
Au temps des Anarchitectures et des lance-pierres contre les murs


Les sacs de billes ont pris le large et les amours au coin des grives

Toutes ces choses d'autrefois putain je ne vois plus leurs rives


Puisqu'il faut accepter du temps, l'évolution toujours plus bas
Au vulgaire des concessionnaires des libertés pour nos enfants


Il sera équipé c'est sûr pour parler à la Terre entière
Mais n'aura rien à dire bien sûr que ce qu'il voit sur les écrans

Certains, les plus bourgeois toujours sauront savoir garder leurs plumes
Quand le peuple verra ses ailes blessées sous les coups de l'enclume

C'est fini le temps des instruits, le temps des populaires aussi
Fini le temps des littéraires au dessus des comptes bancaires

Et des lilas dans les bouquets, oublié le temps des muguets
Je ne vois que les chrysanthèmes des orthographes dans les poèmes


Fini les latines, les racines, au bon dos de nos origines
Fini la parole sacrée, bonjour la parole au plus con


Fini les ni bon dieu ni maître, l'heure est aux clients du paraître
Fini le temps de nos jeunesse, fini le chant des rossignols


Fini salut à toi mon frère, l'heure est au chant des électrons
Abonnez-vous peuple de cons par satellite à d'autres cons


Au libre échange du néant à chacun son bon mot bien sûr
C'est la liberté d'être con, la liberté d'être ignorant


Tous égaux dans le carnaval, je sais mon ami ça fait mal
C'est la liberté d'expression, c'est la liberté d'expression


Pour clamer à tous les faubourgs, surtout à tous les râteliers
Nos faiblesses et puis nos discours sur nos tristes identités

Salut toi mon frère de Faubourg, salut à toi le bérurier
Je ne vois rien aux alentours que des tristesses à bon marché


Salut à toi frère de banlieue, toi qu'on voudrait laisser pourrir
Dans le ghetto des consommant,dans le ghetto des illettrés

Salut à toi femme au combat, toi dont la lutte à pris la rouille
Comment te dire mais de nos jours les féminismes manquent de couilles


Salut toi mon étoile au loin, l'illuminée de nos chemins
S'éclairera bientôt je sais si l'on en perd pas le parfum


Vigilance à tous nos esprits et feu de tous les journalismes
Puisque toujours il faut combattre des nouveaux temples les fascismes.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.