Augmenter les salaires, quelle drôle d'idée !

A l'entame d'une nouvelle campagne présidentielle, à l'heure où il n'est encore question que de sélectionner ceux qui participeront à la compétition, nous savons déjà que 2012 ressemblera aux présidentielles précédentes, c'est-à-dire un grand concours de démagogie, de mauvaise foi et de langue de bois, une mascarade évidente visant à ne jamais se confronter à la seule question qui vaille, celle de l'emploi et des salaires.

A l'entame d'une nouvelle campagne présidentielle, à l'heure où il n'est encore question que de sélectionner ceux qui participeront à la compétition, nous savons déjà que 2012 ressemblera aux présidentielles précédentes, c'est-à-dire un grand concours de démagogie, de mauvaise foi et de langue de bois, une mascarade évidente visant à ne jamais se confronter à la seule question qui vaille, celle de l'emploi et des salaires.

Alors que cette question devrait être la priorité, elle demeure depuis longtemps reléguée au bout de la chaîne. Nous créerons des emplois si nous faisons de la croissance, et pour faire de la croissance, il faudra réduire les dépenses publiques, abolir les privilèges des fonctionnaires et bien entendu, desserré l'étau fiscal qui empêche les détenteurs de capitaux d'investir dans l'économie nationale.

A partir de cette vision unique qu'il n'est pas permis de contester, s'organise donc la tenue de pseudos débats dont les sujets varient au gré des faits divers devenus à eux seuls toute l'actualité. Il est permis et même recommandé de parler de tout, de tout ce qui ne concerne pas l'essentiel de la vie des citoyens, l'emploi et les salaires.

A force de l'avoir entendu, plus personne n'ignore que c'est par la croissance qu'il faut commencer. Enrichissons les riches qui sont les plus aptes à subir ce traumatisme pour que mécaniquement, par la bonne grâce de ces bienfaiteurs, la populace puisse un jour s'enrichir à son tour. La ficelle est énorme mais puisqu'on nous le répète ad nauseam depuis trente ans, ça doit être vrai.

Avec une telle idéologie uniquement comptable, dépourvue du moindre humanisme, on en arrive à considérer, par exemple, que le SMIG est trop élevé. Certains préconisant ainsi sa suppression puisqu'il freine la croissance. D'autres rêvent de réinventer un droit du travail plus flexible qui offrirait à celui qui emploie la possibilité de licencier plus facilement et à moindre coût.

A un an du début de la campagne officielle, gagner 1000 euros par mois ne semble guère indigner ceux qui prétendent gouverner la France. Leur programme ne s'adressera à eux qu'en flattant leurs plus bas instincts, qu'en leur promettant en guise de soulagement, toujours les mêmes boucs-émissaires, des plus misérables qu'eux qu'on châtiera pour l'exemple.

A se demander ce qu'il faut encore pour que l'orgueil de celui que l'on rémunère si peu, l'amène à se révolter et à s'interroger sur sa réalité. Si je travaille plus de trente cinq heures par semaine, si mon travail est utile, si en plus il est pénible, pourquoi serait-il moins payé qu'un travail à mi-temps, inutile et confortable, qu'exerce partout en France, tant d'incapables juste bien nés, par exemple ?

Avant de m'énerver tout à fait, je continue de rêver que grâce à son extrême médiocrité qui restera dans l'histoire, Sarkozy y demeurera comme celui qui permit à son pays de s'apercevoir à quel point la supercherie était gigantesque, à quel point cette fonction élyséenne était devenue inutile car contraire à un fonctionnement démocratique. A quel point l'imposture oligarchique, devenue si flagrante, devait disparaître sans plus attendre...

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