Adieu Camédia

. Membre fondateur de Camédia, Collectif d'abonnés à Médiapart en soutien actif au journal en ligne, j'en ai démissionné mercredi dernier. Quelques lignes pour en expliquer les raisons.

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Membre fondateur de Camédia, Collectif d'abonnés à Médiapart en soutien actif au journal en ligne, j'en ai démissionné mercredi dernier. Quelques lignes pour en expliquer les raisons.

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L'article sur le « comptage des manifestants parisiens » - opéré par une équipe totalement inexpérimentée en ce domaine au point d'ignorer les techniques de comptage en cours depuis plusieurs années par les diverses organisations de la gauche sociale et politique - est, le soir même d'une journée marquée par des grèves et des manifestations allant crescendo, pour le moins curieux - pour rester dans la bienséance et éviter toute mélenchonnerie condamnable.

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C'est lors d'affrontements de classes sévères, comme actuellement sur les retraites, que se révèlent les fractures...de classe et les partis-pris entre les puissants, leurs porte-voix et ceux qui, parfois épuisés, vendent leur force de travail pour survivre et ont, eux, une « conscience de classe ».

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L'invitation de Mathieu Magnaudeix dans le 20h00 de France 2, hier jeudi, signe l'irresponsabilité de « nos Pieds Nickelés ».

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Nombre de salariés, souvent en butte douloureuse avec leur hiérarchie, ont perdu une journée de paye et ont mis parfois jusqu'à deux heures pour rejoindre la manifestation du 12 octobre et autant pour en revenir.

Pour être respectés par un régime qui les ignore voire les écrase.

Peu d'entre eux sont des abonnés à Médiapart mais ils ont droit au respect y compris des journalistes s'improvisant compteurs.

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Cet article voulait manifestement provoquer du buzz pour être repris dans les médias et s'offrir à bon compte, c'est le moment de le dire, une pub gratuite.

Mission réussie. France Inter, entre autres médias, s'en est emparé pour minorer le mouvement social et même France 2, la voix du Fouquet's, s'en est donc léché les babines.

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Ma réaction se serait arrêtée à quelques posts daubeurs si plusieurs journalistes, dans le fil de discussion qui a suivi leurs trois articles ( trois !) sur leur « expédition » typée « Tintin au Congo » , n'avaient fait preuve d'une arrogance et d'un mépris de classe particulièrement odieux.

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Aussi, si je reste abonné à Médiapart (je suis bien abonné au Monde.fr !), je démissionne du Collectif d'abonnés (Camédia) créé pour soutenir le journal en ligne.

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Ce n'est pas de gaieté de cœur que je prends cette décision mais le traitement réservé à la contre-réforme des retraites m'avait déjà laissé une « drôle d'impression ».

Mais mes opinions n'ayant pas à prévaloir sur celles de tel ou tel journaliste en charge du dossier, je me suis tu.

J'ai toujours défendu le pluralisme tel qu'il s'exprime dans Médiapart et n'ai jamais souhaité y trouver l'écho d'une presse militante qui me soit proche.

Mais, avec cet article et les posts des trois journalistes qui se sont exprimés, une certaine morgue sociale s'est fait jour.

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Ma démission se veut un signal à ces « suffisants ». Chez ces gens là, on compte, monsieur. On compte...

 

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