Velveth
Abonné·e de Mediapart

502 Billets

2 Éditions

Billet de blog 27 avr. 2010

Velveth
Abonné·e de Mediapart

Victor Serge, révolutionnaire iconoclaste, écrivain trop méconnu.

. Victor Serge, de son vrai nom Viktor Lvovitch Kibaltchiche, né à Bruxelles en 1890 de parents émigrés russes et mort à Mexico en 1947 était un révolutionnaire tel que eule la première moitié du XXème siècle "en produisit". Il laisse une œuvre littéraire magistrale dans laquelle il n'a cessé de défendre la liberté et de porter un regard éminemment critique sur les expériences révolutionnaires dont il fut pourtant l'acteur.Son œuvre est aussi le récit de sa vie.

Velveth
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

.

Victor Serge, de son vrai nom Viktor Lvovitch Kibaltchiche, né à Bruxelles en 1890 de parents émigrés russes et mort à Mexico en 1947 était un révolutionnaire tel que eule la première moitié du XXème siècle "en produisit". Il laisse une œuvre littéraire magistrale dans laquelle il n'a cessé de défendre la liberté et de porter un regard éminemment critique sur les expériences révolutionnaires dont il fut pourtant l'acteur.

Son œuvre est aussi le récit de sa vie.

.

Témoin des grandes tragédies et des espoirs nés avec le tragique siècle, son parcours l'entraîne à Paris où, de conviction anarchiste, il fréquente la célèbre bande à Bonnot. Après plusieurs années de prison, il rejoint Barcelone où couve l'insurrection de juillet 1917.

Attiré par la révolution des « soviets », il gagne Pétrograd et devient un proche des dirigeants bolcheviks avant de devenir un partisan de « l'opposition de gauche » animée par Trotsky.

Victor Serge devient ainsi le témoin et l'accusateur de la montée du cancer bureaucratique stalinien.

.

Arrêté, déporté en Sibérie, il est sauvé de la mort par une campagne internationale en sa faveur animée, en France, par l'écrivain communiste Romain Rolland.

Il est alors exilé à Paris - qu'il adore - et est pris dans le « chaudron » du Front Populaire de 1936 avant de soutenir les rangs des républicains espagnols et notamment ceux du POUM (1).

Parallèlement, il dénonce avec force les « procès de Moscou ». Quand l'armée de l'Allemagne nazie déferle sur la France, il part pour son dernier exil : le Mexique.

.

Epris de liberté et d'humanisme, Victor Serge a développé une vision critique voire iconoclaste des processus révolutionnaires - notamment soviétique.

S'il a partagé le combat de Léon Trotsky pour un socialisme démocratique, il n'a pas hésité à faire part de ses sérieux désaccords avec la création de la IVème Internationale.

.

Victor Serge s'éteint dans une misère noire alors que la Guerre froide commence. Il laisse une œuvre littéraire d'une richesse longtemps ignorée.

Ainsi en est-il de L'affaire Toulaev sur le totalitarisme soviétique et « les purges » staliniennes.

Récemment reconnu internationalement comme un écrivain et romancier de grand talent, il est également l'auteur des célèbres Mémoires d'un révolutionnaire (1901-1941).

Sa brochure Ce que tout révolutionnaire doit savoir sur la répression est un petit chef d'oeuvre.

Victor Serge a aussi écrit Naissance de notre force (sur la société russe dans les années qui suivirent 1917), Vie et mort de Léon Trotski, Le nouvel impérialisme russe.

Son roman S'il est minuit dans le siècle, traitant également des purges de l'ère stalinienne, constitue une œuvre majeure pour celles et ceux voulant comprendre le siècle « de toutes les tragédies ».

On lira aussi avec plaisir la biographie de Susan Weissman, Dissident dans la révolution, aux éditions Syllepse.

.

(1) Le POUM est né à Barcelone en 1935, fruit de la fusion entre Izquierda Communista (Gauche communiste), parti trotskyste dirigé par Andreu Nin, et du Bloc ouvrier et paysan, ces deux organisations provenant de scissions du Parti communiste d'Espagne (PCE), alors stalinien.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans Le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte