TRAFIC D'INFLUENCE EN MARCHE FORCEE

Une élection locale aux dimensions nationales...Quand la politique de village vire au cauchemar!

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Le message de soutien de Nicolas Hulot au candidat arrivé en tête au premier tour des élections municipales partielles à Saint-Sulpice donne au deuxième tour prévu dimanche un intérêt national. Le candidat En marche va affronter deux autres candidats. La maire sortante s'est retirée mercredi.

Dimanche soir, vers 20 heures, Saint Sulpice aura un nouveau maire. C'est la seule certitude puisque Dominique Rondi Sarrat, la maire sortante a abandonné cette semaine. Cette élection locale prend entre ces deux tours une dimension nationale de par les positions politiques des candidats (voir encadré). Christian Rabaud, un sans étiquette arrivé en quatrième position avec 11,95 %, semble distancé mais pas abattu : «Au foot, on ne quitte pas le terrain en plein match. Je continue de porter la voix du bon sens sans mêler la politique nationale à cette élection.» La victoire devrait cependant se jouer entre Raphaël Bernardin (32,73 %) et Christophe Leroy (25,82 %). Le retrait de la liste Rondi Sarrat (20,89 %) ajoute une inconnue à l'équation : que feront ses électeurs ? Bien que soutenue par les ténors départementaux du PS, la liste Rondi Sarrat a fait un score décevant. La maire sortante s'est retirée en n'ayant pas de qualificatifs assez durs pour les deux principaux prétendants. La gauche non PS soutient Christophe Leroy. Raphaël Bernardin (32,73 %) qui a conduit une liste sans étiquette est apparenté En Marche. Un mouvement qui ambitionne de faire de Saint-Sulpice la première ville en France à avoir un maire élu sous la présidence Macron. Il est d'ailleurs la cible de ses adversaires sur ce thème : «les citoyennes et citoyens peuvent (...) infliger à la République en Marche son premier échec à une élection municipale. Nous appelons à utiliser le bulletin de vote de la liste conduite par Christophe Leroy», indique le PCF. Dans un communiqué, le Parti de Gauche précise : «Se prétendant de droite et de gauche, M. Bernardin est surtout l'animateur local du parti du président de la République et l'ex-directeur de campagne du député (LREM) Jean Terlier.»Sauf très grosse surprise, la gauche d'un côté et En Marche de l'autre vont se disputer la victoire. Les Républicains inexistants, les socialistes à la trappe, le FN en déconfiture, l'abstention record (47,70 %)... par bien des aspects ce tableau ressemble à la configuration politique nationale actuelle. Le résultat à Saint-Sulpice sera donc analysé bien au-delà du département.

Même Hulot s'en mêle

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, s'est fendu d'une lettre de soutien mardi 28 novembre : «Raphael Bernardin porte par son parcours et par ses convictions, ces valeurs qui sont au cœur du projet que je fais vivre au niveau national. Je sais qu'il les fera vivre à Saint-Sulpice. Sa connaissance des enjeux, qu'il s'agisse d'agriculture, d'eau, d'alimentation, tous ces enjeux vitaux il les a mis au cœur de son programme. Pour cela il recueille mon adhésion (...).»

Richard Bornia

 

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