Star Citizen : 200 millions de dollars et un (presque) jeu sublime

Star Citizen a déjà levé plus de 200 millions de dollars et continue de beaucoup promettre à ses joueurs, qui en assurent le financement en grande partie. Le résultat est pour le moment très convaincant et il semble que nous tenions là enfin une vraie simulation spatiale avec un niveau de détail impressionnant.

Alors que certains spécialistes du jeu vidéo voient dans ce projet un moyen pour ses créateurs de soutier un maximum d'argent aux crédules joueurs, pour au final ne livrer que des promesses mal tenues, nous voyons un projet faramineux qui a besoin de financement pour être à la hauteur de ses ambitions.

Star Citizen est un jeu en développement où vous pourrez, aux commandes de l'un de vos vaisseaux spatiaux, arpenter un myriade de systèmes stellaires à la recherche de missions lucratives, que ce soit en récoltant des ressources précieuses, en transportant des biens ou des êtres vivants, en protégeant des convois, en faisant la guerre pour le compte d'une grande organisation, en soignant les blessures des mercenaires, en réparant des vaisseaux, en fournissant du carburant, bref. Tout ce que l'on peut imaginer possible de faire pour gagner sa vie, pourrait être possible un jour dans Star Citizen. D'ailleurs ceux qui débutent dans le jeu sont tous époustouflés par la profondeur de jeu, les distances, la qualité des détails et les quelques missions déjà disponibles.

Vous me direz, ça ne suffit pas. Et vous avez raison, et l'équipe de développeurs composée de milliers de spécialistes dans les domaines les plus variés du game design, qui composent CIG (Cloud Imperium Games, la société qui crée Star Citizen), le savent aussi. Depuis maintenant quatre ans ils sont activement à pied d'oeuvre pour nous sortir ce qui sera, à terme, le jeu vidéo spatial le plus crédible du marché, loin devant tout le reste.

Comment le jeu est-il financé ?

Principalement par les joueurs eux-mêmes. Qu'ils soient actifs en jeu ou non d'ailleurs. Pour se financer, CIG propose aux gens de faire l'acquisition de vaisseaux et autres bonus en jeu contre de l'argent, sans appeler ça des achats puisque effectivement, on ne fait que faire un don pour soutenir le développement, en échange de quoi CIG garnit notre hangar de nouveaux vaisseaux. Ainsi, si vous voulez prendre les commandes d'un Origin 600i Tourism, vous devrez soutenir financièrement le développement à hauteur d'environ 350€ qui serviront à rémunérer la horde de développeurs qui travaille sur le jeu. Alternativement, si vous voulez tout simplement tester la version de développement actuelle vous pourrez acheter un Starter Pack composé de l'accès à la version pré-alpha/dev/anticipée (appelez ça comme vous voulez) et d'un vaisseau de base comme le Aurora MR ou le Mustang Alpha. Il vous en coûtera une quarantaine d'euros, hors promo.

Ainsi, CIG lève des centaines de millions de dollars grâce à ce système où les joueurs peuvent se procurer des objets en jeu, comme c'est déjà le cas dans d'autres titres comme Counter Strike, Fortnite et bien d'autres encore. La différence ici c'est que certains de ces items ne sont pas encore utilisables, jeu en développement oblige, mais les mises à jour régulières ajoutent sans cesse de nouveaux vaisseaux, de nouvelles combinaisons, de nouvelles armes en jeu.

Squadron 42 : le nom donné à la version solo

Bien conscient que le développement du jeu prendra encore beaucoup de temps, Chris Roberts a annoncé il y a déjà plusieurs années que Star Citizen aura d'abord une version solo, en mode campagne, qui non seulement utilisera le moteur du jeu mais se déroulera dans l'un des systèmes stellaires finaux. De grands noms du cinéma en feront partie comme Mark Hamill ou Gary Oldman et ce mode solo verra le jour en version beta d'ici le premier semestre 2020. Il est d'ailleurs possible actuellement de s'offrir ce jeu pour une vingtaine d'euros en mode précommande.

Pour résumer, Star Citizen dispose d'un budget déjà énorme et qui n'en finit pas de grossir et c'est tant mieux. Pour relever ce genre de défi il faut de l'argent. Et ce qui est rassurant, quand on a des doutes sur l'avenir du projet, c'est de voir que les mises à jour arrivent, s'enchaînent et font réellement progresser le développement. Pour les connaisseurs, on est loin de l'exemple DayZ qui est lui aussi en développement depuis des années, certes avec un budget moindre - mais pas absent - et qui ne propose à chaque mise à jour, déjà rares, qu'une nouvelle animation pour monter une échelle... 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.