Primaire du PS : voter ou ne pas voter, telle est la question.

Ils nous ont volé le résultat de 2012 et justice électorale doit être rendue en 2017. Jeune électeur de gauche, je pourrais être tenté de voter ce dimanche à la primaire du PS. Je refuse que ces gens se retrouvent exonérés des effets du bilan du quinquennat qu’ils nous ont infligé, que ce soit en étant aux responsabilités ou dans un accompagnement passif, souvent complice. Et tant qu’à faire, si je devais voter ce dimanche, je voterais pour Manuel Valls pour mieux pouvoir le sanctionner ensuite à l’élection présidentielle !

Comme beaucoup, j’avais pris l’accession au pouvoir de François Hollande il y a cinq ans pour ce qu’elle était : le moyen de chasser Nicolas Sarkozy du pouvoir. Sans enthousiasme ni attentes particulières donc à l’égard du nouveau Président. Nul ne pouvait pourtant imaginer que tout irait si vite et si loin. A peine élu, Hollande reniait ses engagements électoraux : refus de l’amnistie des militants syndicalistes et associatifs, adoption du traité européen qui place notre pays sous tutelle budgétaire européenne, explosion de l’unité de la République avec la réforme territoriale, CICE, pacte de responsabilité, lois Macron et El-Khomri, état d’urgence permanent, déchéance de nationalité, maintien de Fessenheim… Et au milieu de tout ça, l’arrivée de Manuel Valls à Matignon. Comme s’il ne sévissait pas suffisamment place Beauvau depuis le début du quinquennat !

Aujourd’hui, je refuse que la primaire du PS soit prise pour solde de tout compte. Selon eux, il suffirait de mettre à distance le bilan du quinquennat pour s’affranchir de toute responsabilité. Mais tous sont responsables et coupables à mes yeux. Certains ont fait preuve de faiblesse politique et morale au point d’endosser la ligne stratégique proposée par le président et son premier ministre. Les mêmes ont donné à un moment l’illusion de la rupture par des départs grandiloquents sans qu’ils soient suivis d’actes politiques lorsque le moment était venu d’en poser, comme lors du non-dépôt d’une motion de censure contre la loi El-Khomri. D’autres ont de manière insignifiante traversé le quinquennat comme des zombies.

Un autre, Manuel Valls, est la somme de tous les renoncements de ses camarades. Alors tant qu’à les sanctionner, c’est pour celui-là que je voterais si je devais me résoudre à participer à la primaire du PS. Pour lui offrir un 49-3 citoyen à l’envers et laisser la force populaire lui rendre la monnaie de sa pièce à l’élection présidentielle et non dans l’anonymat de l’entre-soi crépusculaire du PS.

Mais je crois en réalité que ce temps-là est révolu. La primaire du PS est déjà un outil secondaire. Quel que soit le résultat du 29 janvier, celui ou celle qui en l’emportera sera balayé-e le 23 avril prochain. Une telle candidature est dès à présent inutile voire même contre-productive puisqu’elle gèlerait quelques centaines de milliers de voix qui seront nécessaires pour que le camp de l’humanisme émancipateur auquel je me rattache l’emporte.

Alors bon d’accord, je vais faire contre mauvaise fortune bon cœur : je vais m’abstenir d’aller voter Valls et d’aller voter tout court à cette amnistie tartuffe organisée par le PS. Je vais en rester à ce que j’ai décidé : en 2017, je refuse désormais de voter pour éviter le pire ou de voter par défaut. Je veux enfin voter pour ce en quoi je crois. Pour ma part, mon choix est fait : je voterai pour Jean-Luc Mélenchon et son mouvement « la France Insoumise » à la seule élection qui compte, au premier et au second tour de l’élection présidentielle.

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