INSUPPORTABLE ! La pression de l'Allemagne sur les électeurs grecs.

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Angela Merkel, frau fürher d'Allemagne, se dit prête à laisser la Grèce sortir de la zone euro, au cas où Syriza - si ce parti de la gauche vraie arrive au pouvoir le 25 janvier - remettrait en cause la désastreuse politique d'austérité qui étrangle ce pays. Non mais de quoi je me mêle ? Elle ne manque pas d'air la Teutonne ! Elle se prend pour qui ? Elle croit que l'euro lui appartient ? Il est vrai que devant le couillemollisme désespérant de François, elle peut évidemment croire que la monnaie européenne, calquée sur le mark et aux conditions allemandes, est sa « chose ». Paraît même que 97 % des Français l'aiment... On doit être maso !


Cette insupportable pression sur les électeurs grecs marque pourtant bien le désarroi et la trouille qui agitent les parasites ultralibéraux qui gouvernent – si mal – l'Europe. La presse allemande en rajoute : « Le gouvernement allemand juge quasiment inévitable une sortie (de la Grèce) de la zone euro, si le chef de l'opposition Alexis Tsipras (Gauche radicale Syriza) dirige le gouvernement après les élections (législatives), abandonne la ligne de rigueur budgétaire et ne rembourse plus les dettes du pays » (Der Spiegel). Quant à Wolfgang Schäuble, il y va de ses oukases : « Quel que soit le résultat du futur scrutin, la Grèce est tenue « sans aucune alternative » de continuer sur la voie des réformes déjà engagées. » C'est-à-dire de pousser son peuple dans la misère et le désespoir pour rembourser une « dette » pour beaucoup illégitime. Parce que c'est de ça qu'ils ont une peur bleue, les rentiers allemands : ne plus toucher les intérêts aberrants qui étranglent la Grèce.


Certes les magouilles de la classe politique grecque – avant tout de droite –, la corruption, les mensonges, les aberrations fiscales (exemptions d’impôts pour les armateurs milliardaires et le richissime clergé grec entre autres) sont des réalités mais aussi de très utiles alibis pour mettre ce pays sous tutelle, y tuer la démocratie et réduire son peuple à une alternative dramatique : crever de faim ou se révolter dans la rue ! Dangereuse extrémité ! Nos dirigeants ultralibéraux ne devraient pas l’oublier…


Poussés par l’Allemagne de Merkel avec la complicité de Sarkozy alors au pouvoir, les instances de l’Europe se sont comportées comme des tortionnaires à l’égard de ce pays frère. Une « troïka » de Besatzungsmacht se comporte comme des troupes d’occupation, humiliant profondément les Grecs et faisant remonter à la surface bien des souvenirs dramatiques et bien des frustrations. L’Allemagne devrait faire preuve d’un peu plus de modestie et de discrétion…


On peut leur mettre le nez dans leur scheiße à ces arrogants donneurs de leçons et rabattre leur insupportable morgue. Car elle en a bénéficié plus que d'autres l'Allemagne, de l'annulation d'une Hénaurme dette publique ! En 1953, une conférence internationale, à Londres, a passé l'éponge sur les deux tiers de la dette allemande ! Celle d’avant-guerre a été réduite de 22,6 milliards à 7,5 milliards de Marks. Et celle d’après-guerre de 16,2 milliards à 7 milliards de Marks. En valeur de l’époque. Les « économistes distinguées » peuvent faire le calcul en euros, ça doit être plutôt salé... Et ne parlons même pas des dégâts causés par la guerre dans les pays ravagés par la folie nazie... Parmi les créanciers généreux, il y avait la Grèce, pays qui a le plus souffert de la barbarie allemande après l'URSS et la Pologne.


Pour continuer à leur mettre le nez dans leur Mist, il faut savoir que les compensations qu'a touchées la Grèce à cette époque ne tenait pas compte d'une autre dette, facilement chiffrable puisqu'il s'agit d'un prêt forcé de 476 millions de reichsmarks que la Banque centrale de la Grèce occupée avait été contrainte de verser à Berlin, en 1941, au titre des contributions « à l'effort de guerre allemand ». Un emprunt dont la Grèce est en droit de demander le remboursement. Or, selon les calculs des «économistes distinguées », la somme libellée en reichsmarks correspond aujourd'hui à 14 milliards de dollars, environ 10 milliards d'euros. De plus, si on affecte ce montant nominal d'un taux d'intérêt classique de 3 % sur 66 ans, on parvient à un total de 95 milliards de dollars, 68 milliards d'euros, soit un cinquième de la dette grecque !


On peut continuer : d'après Handelsblatt, la vérité - Die Wahrheit - de la dette allemande est bien cachée. Officiellement, la dette allemande en 2011 était de 2000 milliards d’euros. Mais ce n'est qu'une demi-vérité, car la majeure partie des dépenses prévues pour les retraités, les malades et les personnes dépendantes ne sont pas inclues dans le calcul. D'après des nouveaux chiffres, la véritable dette se chiffrerait à 5000 milliards d'euros supplémentaires ! L’Allemagne serait donc endettée à hauteur de 185 % de son produit intérieur brut et non pas 83 % comme officiellement annoncé ! Par comparaison, la dette grecque devrait être de 186 % du PIB en 2012, et la dette italienne est actuellement de 120 %. Le seuil critique au-delà duquel la dette écrase la croissance est de 90 %. Depuis son arrivée au pouvoir en 2005, Angela Merkel, « a créé autant de nouvelles dettes que tous les chanceliers des quatre dernières décennies réunis », remarque l'économiste en chef du quotidien économique. « Ces 7000 milliards d'euros sont un chèque sans provision que nous avons signé et que nos enfants et petits enfants devront payer. » Hast du verstanden, Frau Merkel ? Compris, madame Merkel ?


Au fait, elle doit bien rapporter de la thune à quelqu'un cette fameuse dette ? Ben oui, bien sûr : aux Banques et...à la Banque Centrale Européenne. Quand une banque achète des titres de dette elle ne les range pas dans son coffre. Elle les revend ou les intègre dans des fonds de placement. Les titres de dettes grecs ont été revendus jusqu’à 25 % seulement de leur valeur faciale. La valeur faciale, c’est celle qui est marquée sur le titre. Un titre de dette de cent euros a donc pu être vendu jusqu’à 25 euros seulement à mesure qu’il circulait de main en main. Ainsi une banque a pu racheter à 25 euros un titre et le revendre à la banque centrale européenne qui le lui achetait à 30 ou 50. Á chaque tour de piste du même titre, les banques se sont gavées. Et maintenant, ces titres sont dans le bilan de la Banque centrale européenne. Laquelle en encaisse les intérêts et réclame le remboursement à la valeur faciale, acheté 25 et exigé à 100, comme un vulgaire fonds vautour !!! lien 


Et si les autres membres de la zone euro « conseillaient » plutôt à l’Allemagne de Merkel de sortir, elle, de la zone euro ! Beaucoup en rêvent outre-Rhin. Cela changerait bien des choses : - dévaluation immédiate de l’euro qui reviendrait à un niveau normal, peu ou prou au niveau du dollar, donnant un formidable coup de fouet aux économies de cette zone sans l’Allemagne, et permettant à la Grèce de sortir plus facilement de son gouffre ; - réévaluation concomitante du nouveau mark, plombant d’autant les fameuses exportations de l’Allemagne, qui ne devrait pas oublier que 60% de ses exportations se font en Europe.


Alors ? Chiche ! Frau Merkel ?


Soutenons Syriza, soutenons ce formidable espoir qui se lève en Grèce.


Illustration X - Droits réservés

 

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