J'emmerde CANTAT, voici comment et pourquoi

Bertrand CANTAT use désormais de violence verbale sur scène en direction des journalistes. Belle réinsertion pour un homme violent. Si les gens en France ne veulent plus le voir sur scène, c'est tout simplement parce-qu'il n'a pas été jugé par la justice française, rendue au nom du peuple français alors que Marie TRINTIGNANT était une citoyenne française, ce qui a empêché d'apaiser la situation.

Le question de Cantat sur scène n'est pas une question de droit à l'oubli (à ce que je sache, il ne veut pas se faire oublier), de seconde chance, de dette payée, de justice.

La question est que Bertrand CANTAT est un homme violent. Et il ne changera jamais. Ne voyez-vous pas la violence qui émane de lui ces derniers temps ? Il a récemment gueulé sur scène, car c'est le mot, donc déjà le ton est violent, qu'il emmerde les journalistes, il prend à parti les spectateurs, qui ne sont peut-être pas tous venus pour partager le combat de Monsieur l'Egomane. (On notera quand même qu'il ne dit pas, l'ingrat "J'emmerde les journalistes, sauf les Inrocks qui m'ont mis en couverture au nez des enfants et de la famille de celle que j'ai tuée")

C'est quoi un égomane ? J'entends cette question chez les 3 aimables lecteurs qui me font l'honneur de s'intéresser à mon "mot de billet" comme disait ma grand-mère. 

Regardez la famille CHEDID chanter "Egomane"

"Toi, toi, toi tu penses qu'à toi
Je, je, je tu sais dire que ça
T'es qu'un égomane
Un égo égomane
Ego, égo, égo égomane"

Un égomane c'est un individu ayant un besoin maladif, au sens psychiatrique, d'être au centre de toute situation et de tout évènement et qui interprète toute action par rapport à lui-même, doté d'une arrogance déplacée, d'un orgueil démesuré.

Un égomane, c'est celui qui, quand vous lui parlez de sa victime, qu'il a tuée avec une violence inouïe, va être dans le déni et va ramener la victimisation à lui, c'est lui la victime, car tout ne peut tourner qu'autour de lui.

Déclaration dans les Inrocks : "On finit toujours par se retrouver seul face à soi-même" . Oui, surtout quand on tue sa partenaire. Il est surtout seul mis en avant. C'est ce qu'il souhaite. Marie ne peut plus. La justice, c'est  l'équilibre, l'équité aussi. Pourquoi aurait-il le droit de se mettre en avant, lui ? Sa vraie punition à vie, c'est celle-là. Mais il n'accepte pas sa punition. Tout simplement. Non, on n'a jamais vu un tueur de femmes chanter sur scène en disant je vous emmerde. Pourquoi ? Car contrairement à ce qu'il dit dans sa célèbre déclaration Facebook où il prétend ne pas avoir subi de privilège et avoir payé sa dette à la justice, si, il a subi un privilège de taille, celui de ne pas être jugé devant le peuple français, car la justice est rendue au nom du peuple français, pays dans lequel on encourt une VRAIE peine pour avoir massacré une femme. D'abord, il a été jugé (et je pense qu'il l'a choisi, malin comme il est) devant une justice lituanienne où la vie d'une femme n'a pas tout à fait la même valeur dans le code pénal. Ensuite, comme sur la carte d'un restaurant, il a pu choisir d'effectuer sa peine en France, car c'est certainement un peu plus confortable que les prisons de Lituanie, et qu'en outre on bénéficie de généreuses remises de peines.

Résumons, le Monsieur choisit le droit lituanien pour se faire condamner à la peine la moins forte possible car en France, il sait qu'il aurait pris cher, et ensuite il choisit opportunément le droit français pour effectuer sa peine, pour bénéficier des avantages de celle-ci. Et hop, au bout d'à peine 4 ans de prison, il sort et dit qu'il a payé sa dette. 

Donc Cantat, non seulement tu as été privilégié par rapport aux autres criminels, mais tu as été cyniquement opportuniste, tu as fait ton marché de la justice et en plus, tu ne t'en contentes pas, car dans ton caractère, tout t'es dû. Il faut en outre que tu montres que toi, encore toi, toujours toi, tu es là et bien là. Car tu ne supportes pas d'être puni. Mais peux-tu faire preuve de décence ? Tu peux composer, jouer, même dans des mini-salles, allez, on ne va pas être chiens. Mais mon vieux, ta punition à vie, c'est que c'est fini, tu ne peux pas revenir en arrière et faire semblant que Marie, ta victime, n'a jamais existé, non son fantôme te hantera jusqu'à la fin de tes jours, même si tu n'as aucune morale, Marie te hantera, elle est derrière l'épaule de chacune d'entre nous, nous les femmes, qui te jugeons, et les hommes biens avec.

Non, Cantat, tu n'as pas payé ta dette. Ta grande erreur a été de penser que tu allais échapper au jugement de tes semblables. Cela ne fonctionne pas comme cela. Tu n'as pas permis à la justice française, en l'évitant, de remplir sa fonction réparatrice, rétributive. Tu as privé les citoyens français, et Marie, citoyenne française, de leur justice. Par conséquent elle te rattrape. Les gens, inconsciemment, ont continué à te juger, rejetant en bloc la peine symbolique que tu as eu à l'étranger, soit moins de 4 ans au final, avec ta libération à mi-peine, pour avoir massacré et tué Marie. Les gens te rejetteront toujours, surtout si tu te montres arrogant. Ils t'ont condamné silencieusement, dans un silence pesant, mais décent, inspiré par celui de Marie, à ne plus apparaître sur une scène jusqu'à la fin de tes jours. C'est ta peine pour avoir tué Marie dans des conditions de violence inouïe et pour n'avoir pas su bénéficier de tes privilèges lituaniens en toute modestie en te mettant en retrait de la scène.

Si on analyse le problème en profondeur, ce n'est pas tant la volonté de remonter sur scène de Bertrand CANTAT qui est la plus choquante, s'imposer est dans sa nature, mais l'inconscience totale des gérants de salle qui acceptent de le programmer et mettent à nouveau cet homme égomane dans les conditions de réactiver ses pulsions violentes. Tout aussi inconscients sont ses fans irréductibles qui l'applaudissent non pas seulement après une chanson, mais également quand il pousse de violents coups de gueule et profère des insultes, encourageant ainsi sa violence, le galvanisant, prenant le risque qu'il vrille à nouveau. En lui faisant penser que finalement, ce n'est pas si grave de tuer une femme sous ses coups, ils décalent son appréciation de son crime.

Fans de CANTAT, s'il arrive un nouveau malheur, et on ne peut pas dire que chez ses compagnes, cela respire la sérénité, ni que cela respire tout court, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas. Vous porterez le poids de cette responsabilité.

Un homme violent ne change jamais, un cogneur de femmes cognera, un tueur en série tuera, un harceleur harcèlera.

Pour finir, et j'assume totalement ma partialité, et je serai toujours du coté de Marie et de sa famille, je vous reproduis un extrait de l'autopsie officielle de Marie Trintignant :

"C'est l'ensemble des traumatismes et surtout les mouvements violents de va et vient de la tête qui ont été responsables des lésions mortelles observées".

Mouvements ...

violents ..

de va et vient ...

de la tête.

 

Victoria ARNAUD, avec Marie TRINTIGNANT, morte à Neuilly-sur-Seine le 1er août 2003 suite aux coups de son compagnon Bertrand CANTAT.

 

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