Vaccination et démocratie

Alors que qu’un nombre important de français reste réticent vis-à-vis de la vaccination, alors que la politique sanitaire de notre pays échappe à toute gestion démocratique, il parait essentiel de ne pas se méprendre de combat et ainsi de lutter contre l’autoritarisme sanitaire tout en se faisant vacciner, le plus haut acte citoyen qui compte dans ce contexte d’épidémie.

Depuis début Janvier 2021 et l’arrivée en France des premiers vaccins contre le Covid-19, nous avons largement été incité à se faire vacciner lors d'une campagne plus ou moins bien organisée et ayant rencontré plus ou moins de succès. Si dans un premiers temps seuls les plus anciens ont eu le droit à la double-injection, ce droit fut peu à peu élargi à l’ensemble de la population en Juin dernier. Mais face au développement des variants relançant sans cesse l’épidémie, et surtout face à la réserve dont font preuve beaucoup de français, E. Macron à renforcé cette incitation, sans encore la rendre obligatoire (excepté pour les soignants), enjoignant de fait l’ensemble de la population à se faire vacciner le plus tôt possible afin d’acquérir l’immunité collective tant convoitée.

Devant ce nouveau tours de vis, certains crient à la dictature, voyant là le basculement de la France vers un régime totalitarisant dans lequel ils considèrent leurs libertés bafouées. Cependant de ce dernier discours prononcé par le Président de la République, il y a bien deux choses à distinguer et sur lesquelles il convient de revenir. D’une part, avec l’imposition du Passe-sanitaire et la forte incitation à la vaccination, il y a là une certaine dimension autoritaire, sans qu’il soit pour autant possible de parler de dictature, traduisant l’échec cuisant du gouvernement dans sa politique sanitaire mais surtout illustrant encore une fois son déficit démocratique. Mais d’autre part, la vaccination en tant que telle ne peut être vue comme une atteinte à la liberté des individus, au contraire elle constitue aujourd’hui, dans cette période d’épidémie, un geste citoyen de premier ordre auquel tout à chacun devrait volontairement adhérer.

Ainsi par ce court texte, je souhaite exposer mes vues à propos de la gestion de cette crise sanitaire qui dure depuis plus d’un an ainsi qu’à propos de la vaccination et des réticences qu’elle connait. Bien évidemment ce texte, se voulant simple et rapide à lire, manque quelque peu de profondeur et certains sujets pourraient être élevés à d’autre niveau de réflexion. Mais l’enjeu n’est pas celui-ci, il est plutôt d’instruire sans vouloir donner de leçon et de faire espérer qu’un autre monde post-Covid mais aussi post-capitaliste est possible.

De la gestion de l’épidémie

            L’autoritarisme sanitaire

Il est plus qu’évident que la réponse qui a été faite par nos dirigeants politiques face l’irruption du Covid-19 dans nos vie laisse plus qu’à désirer et il ne s’agit pas là de faire la liste recensant l’ensemble des critiques qu’il est possible de faire à l’égard des décisions prises par E. Macron et son gouvernement. Car dans le fond si il y a bien une chose sur laquelle pointer le doigt c’est sur la manière dont ont été prise l’ensemble de ses mesures plus que sur leur contenu. Entre confinement, déconfinement, couvre-feu, limitation des déplacements, organisation d’une campagne vaccinale, à aucun moment les français n’ont été consulté, personne n’a eu son mot à dire, la volonté générale a été ignorée. Ainsi les décisions qui ont été prises pour lutter contre le virus étaient peut être bonnes, cependant sans assise démocratique il n’est pas possible de dire qu’elles étaient les bonnes. L’ennui avec ce mode de gouvernement, c’est qu’il laisse échapper au peuple son destin. N’étant pas maitre de lui-même, il est impossible de le condamner pour ne pas vouloir suivre ce qu’on lui dicte. Et c’est notamment là que se trouve la racine du refus de la vaccination illustrant plus un refus du commandement que du sérum.

            Le flou vaccinal

Avec l’arrivée des vaccins, de nombreux questionnements, légitimes, ont traversé l’esprit des citoyens. Des interrogations renforcées par la rapidité de leur production laissant suggérer un manque de recul quant à leur efficacité ; par l’utilisation de nouvelles technologies et leurs potentiels effets secondaires ; et bien évidemment par les intérêts qui motivent les laboratoires pharmaceutiques entre volonté de soigner et appât du gain. Et malheureusement pour certaines personnes ces questions se sont transformées en arguments justifiant leur opposition à la vaccination. Mais encore une fois, c’est bien l’absence de démocratie qui explique ce refus. En effet, du fait du manque d’accès pour le plus grand nombre aux données concernant la conception des vaccins, illustrant un déficit de vulgarisation et de communication, la suspicion n’arrive pas à être estompée. De plus en l’absence d’une gestion démocratique, à minima plus transparente, de l’industrie pharmaceutique, vouée en premier lieu à répondre en premier lieu à la soif de profit de ses actionnaires, rien n’écarte le risque de la mise sur le marché d’un médicament contre les recommandations du corps scientifique.

            Pour une politique sanitaire démocratique

Ainsi afin de rétablir la confiance dans les décisions et pour que la population les suivent, il conviendrait d’établir une véritable gouvernance démocratique de la crise sanitaire qui nous frappe. Pour se faire, il existe une multitude de réponses possibles, reste juste à trouver celle qui convient le mieux aux français et aux enjeux du moment. Tout du moins, une telle politique sanitaire se doit d’intégrer à minima deux institutions clefs. D’une part, une organisation démocratique de la politique sanitaire cherchant à inclure l’ensemble des citoyens afin d’élaborer collectivement l’ensemble des mesures à prendre. Cela permettrait une prise de décision commune concernant les confinements à instaurer, les gestes barrières à appliquer, la mise en place d’une campagne vaccinale. Et si nécessaire, une telle gestion de la crise sanitaire peut passer par des échelons plus locaux, adaptés à la réalité du terrain qui n’est pas la même aux quatre coins du pays. Mais ainsi c’est l’ensemble de la communauté qui reprendrait son avenir en main, et rien n’est plus responsable qu’un peuple qui est maitre de ses choix. D’autre part, il est nécessaire d'établir un contrôle citoyen de l’industrie pharmaceutique et de ses produits afin de vérifier la fabrication, l’efficacité ainsi que la validité des tests des différents médicaments ou vaccins. Car c'est seulement grâce à une information claire et accessible qu'il sera possible de rétablir la confiance des français envers les vaccins.

De la vaccination comme bénéfice pour l’humanité

            Le vaccin comme fruit du génie humain au service de l’humain

Du point de vue individuel, il ne saurait exister à l’heure actuelle de raisons valables au refus de la vaccination. Nous avons certes tous été témoins de la gestion catastrophique de cette crise sanitaire et notamment de la campagne de vaccination, cependant cela ne peut faire office d’argument pour ne pas aller se faire vacciner. D’ailleurs il ne saurait y avoir de vrai argument valable. En effet après plus de sept mois depuis les premières injections sur le grand public en France, les nombreux doutes qui planaient encore concernant les vaccins ont pu largement être balayé, que ce soit aussi bien leur efficacité, certes pas totale mais suffisante pour éviter l’hospitalisation dans la majorité des cas, que leur dangerosité, pas plus importante que pour un autre vaccin. Alors certes tout cela fait l’objet d’un déficit de communication, que seul un véritable contrôle démocratique des laboratoires pharmaceutiques pourrait estomper comme vu précédemment, mais tout du moins des faisceaux de preuves issues de sources variées et sûres laissent à penser que nous pouvons accorder notre confiance dans l’apport technologique que représentent les vaccins. Car au bout du compte, douter d’un vaccin et de ses effets sur l’homme est normal, mais une fois les doutes enlevés celui qui continue de refuser une telle technologie n’œuvre pas à sa propre préservation, il dit non à l’accroissement de sa liberté, celle de vivre sans le risque de mourir d’une maladie telle que le Covid-19. Autrement dit celui qui refuse le vaccin cherche à se nier lui-même.

            La vaccination comme acte citoyen

Mais encore s’il est possible d’utiliser de manière fallacieuse le motif de la liberté individuelle prétextant qu’il relève soit disant du droit de chacun de se nuire et ici de prendre le risque de contracter le virus, cet argument ne peut pas vraiment tenir. Et cela pour la simple et bonne raison que le fait de se vacciner est un faux dilemme de liberté individuelle. En effet lorsque l’on parle de vaccin, cela ne relève pas d’un simple choix personnel mais d’un choix collectif tant les effets de cette décision peut avoir un impact sur l’ensemble de la société. Choisir de ce vacciner ne permet pas seulement de se protéger soi-même contre une maladie mais permet par la même occasion de participer à l’immunité collective, et entre autre préserver les plus fragiles d’une éventuelle contamination. De ce fait, la vaccination ou non d’une population ne relève pas du choix de chaque individu ni même de l’ordre d’un gouvernement mais devrait relever de la décision collective prise par l’ensemble de la population. Et dans le cadre de la France, ayant accès à une technologie sûre lui permettant de protéger l’ensemble des citoyens d’un virus tueur, il convient aisément d’admettre qu’une population bien informée aurait tôt fait de la vaccination un devoir citoyen que tout à chacun aurait à effectuer en vue de protéger en premier lieu la collectivité.

Voici donc ce qu’il en est à mon humble avis de la politique sanitaire de notre pays. Si l’autoritarisme sanitaire dont fait preuve E. Macron ne cesse de s’accentuer depuis plus d’un an, il s’agit tout de même de ne pas se tromper dans nos objectifs en rejetant le vaccin qui pourtant représente un produit magnifique issu du génie humain nous permettant depuis près de 150 ans de nous protéger des pires pathologies que l’humanité pouvait connaitre et continue de connaitre dans certaines parties du globe. Et si par ce texte j’ai réussi à convaincre ne serait-ce qu’une seule personne alors j’estimerai alors qu’il n’aura pas été vain.

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