Le Cameroun cherche 600 milliards de FCFA pour développer le numérique

Le Cameroun estime avoir besoin de 600 milliards de F CFA (environ 1 milliard d’euros) pour financer son plan national de développement de l’économie numérique.

yaounde

L’annonce a été faite par la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, au sortir d’une réunion organisée à Yaoundé le 26 août dernier. Cette somme devrait servir à développer des infrastructures de télécommunications dans le pays, le gouvernement camerounais souhaitant « installer des bases solides pour l’émergence et le développement d’une société numérique ».

S’il le contenu du plan n’a pour l’instant pas été rendu public, on sait que le gouvernement a l’intention d’inverser la tendance pointée récemment par le World Economic Forum (WEF). Dans son rapport 2016 sur les TIC, celui-ci classe le Cameroun à la 124e position sur 139 pays dans le monde. Le pays figure ainsi parmi les vingt nations qui intègrent le moins les TIC dans leur développement économique et social.

Or pour le WEF, le développement du potentiel numérique dans les économies africaines est une condition incontournable afin de « booster la croissance, créer des emplois et exploiter toute la puissance du Web en faveur du développement social inclusif ». Seulement, le Cameroun est confronté à une importante fracture numérique qui se nourrit de l’insuffisance d’un réseau backbone national en fibre optique, la faiblesse d’accès au câble sous-marin en fibre optique et l’absence de points d’échange internet et de centraux téléphoniques de nouvelle génération.

Le président camerounais, Paul Biya, a donc invité ses collaborateurs à œuvrer dans le sens de saisir toutes les opportunités que recèle l’économie numérique afin d’accélérer le développement du pays. Le plan national de développement de l’économie numérique découle directement de la prescription faite au gouvernement camerounais par le chef de l’Etat,  qui a retenu le secteur du numérique (à côté de l’agro-industrie et l’énergie) parmi les « sanctuaires » du plan directeur de l’industrialisation (PDI) du pays. Celui-ci devrait permettre de porter la contribution du secteur industriel au PIB national à 24 % d’ici à 2035 (contre 13 % actuellement).

Afin de marquer sa détermination à agir pour développer du numérique, le gouvernement va lancer dans les prochains jours un appel d’offres international en vue du recrutement d’un consultant devant réaliser un audit du réseau des télécoms du pays. Le ministère des Postes et Télécoms souhaite ainsi s’attaquer aux nombreux dysfonctionnements observés dans le secteur et proposer au gouvernement des mesures susceptibles de concourir à l’amélioration du rendement.

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