Indignation de l'ONU sur le sort des réfugiés nigérians

Les exactions de Boko Haram empoisonnent, depuis 2009, la vie du bassin du lac Tchad. Aux plusieurs milliers de victimes déjà dénombrées, s'ajoutent les 2,7 millions de personnes déplacées et les quelques 200 000 réfugiés.

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Des réfugiés qui traversent les frontières d'une région aux confins du Tchad, Cameroun, Nigeria et Niger à la recherche d'un lieu plus sûr. La crise est régionale, mais le Cameroun se distingue par un certain manque de solidarité en renvoyant plusieurs milliers de réfugiés nigérians malgré des accords bilatéraux.

C'est ce qu'on peut appeler un raté fâcheux. Alors que le Cameroun et le Nigeria luttent contre le même ennemi – avec un succès certains depuis plusieurs mois – les deux pays ont une gestion des réfugiés qui laisse pour le moins songeur. Depuis le début de l'année, 2 600 réfugiés nigérians qui avaient trouvé un abri dans le nord du Cameroun ont été rapatriés « manu militari » a déploré le porte-parole du Haut Commissariat aux Réfugiés, Barbar Baloch, lors d'un point presse le 21 mars dernier.

Outre l'incompréhension que cette politique suscite – les zones fuies ne sont toujours pas sûres –, ce sont les méthodes employées par l'armée camerounaise qui choquent. Ces expulsions « manu militari » se font « contre le gré » des intéressés et il ne leur est même pas « laissé le temps de rassembler leurs affaires ». Des femmes enceintes et des jeunes enfants ont été renvoyés de force et certaines mères ont été obligées de partir sans leur enfant.

Une telle situation avait pourtant été prévenue grâce à la signature d'un accord entre le Cameroun, le Nigéria et l'ONU, le 2 mars dernier, relatif au retour volontaire des réfugiés nigérians. Retour volontaire et non pas contraint comme cela est aujourd'hui critiqué par le HCR. Selon l'ONU, le Cameroun accueille actuellement 85 000 réfugiés issus du Nigeria et des expulsions massives auraient pour effet de déstabiliser encore plus une région en détresse. La crise sécuritaire et climatique qui touche le bassin du lac Tchad est considérée comme « la plus grande du continent africain ». Tel est résumé l'enjeu d'une situation explosive dont les conséquences négatives ne seront pas qu'africaines sur le long terme.

Pour rappel, le groupe Boko Haram a pris racine dans le nord-est du Nigeria avant de multiplier les attaques dans les pays frontaliers. L'objectif est de constituer un califat islamique dans lequel la charia ferait office de norme juridique suprême. Les pays touchés ont mis en place une force régionale soutenue par les Occidentaux après plusieurs années de défense stérile.

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