Promesses écologiques d’Emmanuel Macron : que peut-on attendre en 2018 ?

La fin du réchauffement climatique ne se décrète pas, ni celle de l’érosion de la biodiversité ou encore celle des maladies liées à l’environnement. Et pourtant, ces phénomènes écologiques sont bien réels et Emmanuel Macron s’est engagé à les atténuer à travers de nombreuses promesses d’action pour son mandat présidentiel.

Où en-sommes nous en ce début d’année 2018 ? Que peut-on attendre ?

Depuis son élection, trois promesses ont été tenues :

  • la fin des nouveaux permis d’exploration d’hydrocarbures
  • la confirmation de la fin de l’exploitation des gaz de schistes
  • la prime à la conversion automobile

D’autres promesses sont en cours de réalisation plus ou moins avancée :

  • Les 15 milliards d’investissements dans la transition écologique (0,6 milliards prévus en 2018)
  • L’augmentation du prix du carbone (planifié pour les 5 années à venir)
  • L’alignement du prix du diesel sur celui de l’essence (planifié pour les 5 années à venir)
  • Le grenelle de l’Alimentation (dont les annonces doivent se concrétiser)
  • La rénovation des bâtiments publics (quelques financements flêchés)
  • Le soutien à la voiture électrique (bonus-malus maintenu)
  • La rénovation des logements des plus précaires (une subvention supplémentaire accordée en 2018)
  • L’accompagnement des PME dans des mesures d’économie (une expérimentation pour 500 entreprises en 2018)

Les autres promesses ne sont pas encore concrétisées mais 70 % d’entre elles ont été confirmées dans diverses prises de parole ou rapports du gouvernement. Il reste alors :

  • 1 promesse remise en cause en partie : l’objectif de réduction de la part du nucléaire à 50 % dans le mix énergétique est maintenu mais repoussé au-delà de 2025.
  • 8 promesses non confirmées publiquement

En 2018, tout cela va-t-il atténuer le réchauffement climatique, l’érosion de la biodiversité ou encore les maladies liées à l’environnement ? Les effets réels des mesures prises ne seront connues que plus tard mais il est probable que le peu de promesses tenues ainsi que la faiblesse des investissements prévus n’entraîne pas une atténuation déconcertante…

Il faut s’attendre :

  • à des émissions de CO2 évitées par la prime à la conversion, le système de bonus-malus, l’augmentation du prix du carbone, le coup de pouce à la rénovation des logements ainsi que celui aux bâtiments publics
  • à une baisse des émissions de particules fines du parc diesel
  • à des changements quasi nuls sur le plan de la biodiversité tant peu a été fait en 2017.

Mais Emmanuel Macron n’est élu que depuis 8 mois et il est possible que les promesses écologiques montent en puissance dans les mois à venir. Soyons vigilants et souhaitons :

  - que le projet de loi de finances 2019 voit déferler les milliards promis pour les énergies renouvelables, les logements, les bâtiments publics, l’agriculture.

  - que le grenelle de l’Alimentation (ou Etats Généraux de l’Alimentation) se concrétise et soit cohérent avec les promesses faites (restauration collective écologique, transformation agricole positive pour l’environnement et le bien-être animal) mais aussi cohérent avec les accords de Paris (la digestion des animaux et les épandages d’azote représentent respectivement les troisième et quatrième sources les plus importantes de gaz à effet de serre)

  - que les multiples promesses concernant les perturbateurs endocriniens avancent et ne restent pas de simples déclarations d’intention

  - que le déploiement des énergies renouvelables soit réellement simplifié et amplifié pour atteindre le doublement des capacités éoliennes et solaires d’ici la fin du quinquennat (sans mesures supplémentaires, ces promesses ne seront pas tenues)

  - que la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie acte bel et bien la fermeture de toutes les centrales à charbon avant 2022 (ce qui est possible selon RTE) mais aussi la fermeture des premiers réacteurs nucléaires.

  - que des mesures supplémentaires soient annoncées, planifiées et prises (comme le plan vélo ?) pour ne pas accumuler de retard sur la promesse de mise en œuvre de l’accord de Paris. En 2022, la France devra émettre 45 millions de tonnes de CO2 de moins, soit une réduction de 10 % de nos émissions actuelles. Pour l’instant, le compte n’y est pas, il faut aller les chercher !

  - et enfin que la défense de la biodiversité soit un enjeu majeur des prochaines constructions

 

Les sources de cet article sont disponibles sur le blog www.vigilancemacronecologie.blog

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