La Pollution et le Coronavirus, main dans la main.

La France et l’Italie sont les pays les plus pollués en particules fines d’Europe selon l'Agence européenne pour l'Environnement (AEE). La Lombardie et la plaine du Pô est en février 2020 la région la plus polluée d'Europe. Quelques jours plus tard, elle est la région la plus touchée par le Coronavirus qui se propage de manière alarmante.

La France et l’Italie sont les pays les plus pollués en particules fines d’Europe selon l'Agence européenne pour l'Environnement (AEE). La Lombardie et la plaine du Pô est en février 2020 la région la plus polluée d'Europe. Quelques jours plus tard, elle est la région la plus touchée par le Coronavirus qui se propage de manière alarmante.

Source SIMA - Università di Bologna - Pollution / Coronavirus Source SIMA - Università di Bologna - Pollution / Coronavirus

 Le 24 janvier 2020, alerte pollution dans l’est de la France, même jour que leur premier cas confirmé de coronavirus, et maintenant la région la plus contaminée. Madrid et la Catalogne, régions les plus polluées d’Espagne sont maintenant elles aussi les plus touchées par l'épidémie.

Ainsi, il y aurait deux hypothèses fortement probables qui sont étudiées. La première indiquerait que le virus se transmet dans l’air pollué de particules fines PM10 et PM2.5. L’Université de Bologne et le New England Journal of Médecine auraient donc une explication à l’accélération de l’épidémie dans ces régions. Ces particules polluantes sont connues pour être déjà vecteur de nombreux contaminants (0). En 2013 et 2014, des scientifiques chinois ont prouvés que l’épidémie de rougeole était corrélée avec la densité de particules PM2.5 dans l'air (1). En 2016, d’autres équipes chinoises ont prouvés que la grippe, virus Influenza, se propagerait aussi via les particules fines PM2.5 (2). Il est difficile de confirmer ce lien, car la pollution est souvent elle aussi en corrélation avec la densité de population donc de cibles possibles pour la propagation du virus.

La deuxième hypothèse est quasi certaine. Le coronavirus attaque les parties respiratoires et provoquerait des cas graves chez les personnes respirant régulièrement de l’air pollué fortement en PM10 et PM2.5. En effet même si rien n’est encore vérifié sur la propagation, il a été prouvé que les particules fines fragilisent les poumons ce qui aggrave forcément les cas de détresse respiratoire. Elles auraient tendance à provoquer une sécrétion anormale de Cytokine pour s'en défendre et causer plus facilement des inflammations incontrolables (3). Raison numéro une des cas graves de Coronavirus (4).

Enfin, un autre article de 2017 (5), toujours de chercheurs chinois, indique que l'exposition longue aux PM2.5 diminuerait notre résistance au virus Influenza et attaquerait notre système immunitaire pulmonaire. Quid de notre resistance pulmonaire au coronavirus ? Et si l'exposition des enfants depuis moins longtemps que nous adultes aux PM10 et PM2.5 était la raison de l'absence de symptômes graves chez eux ? 

Ainsi, par prévention, nous devrions rester confinés les jours de pollution forte, et ne pas faire de footing. De nombreuses plateformes nous permettent d’évaluer la qualité de l’air comme Atmo France ou l'appli PlumeLabs. En cas de doutes, ne vaut-il pas mieux éviter les risques ? 
En Lombardie, le confinement n'a fait que peu baisser le taux de PM2.5 et PM10 dans l'air, donc voilà peut-être une cause supplémentaire des cas graves chez eux. 

La sérendipité naturelle nous indique-t-elle la démarche à suivre ?  Le coronavirus est donc un ennemi tout aussi invisible que son allié fidèle, la pollution.Une preuve supplémentaire de l’urgence climatique pour notre survie à très court terme.

 

REFERENCES
(SCHEMA) Link Relazione circa l’effetto dell’inquinamento da particolato atmosferico e la diffusione di virus nella popolazione 
(0) Link Inhalable Microorganisms in Beijing’s PM2.5 and PM10 Pollutants during a Severe Smog Event
(1) Link Is short-term exposure to ambient fine particles associated with measles incidence in China? A multi-city study.
(2) Link Impact of ambient fine particulate matter (PM2.5) exposure on the risk of influenza-like-illness: a time-series analysis in Beijing, China
(3) https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6036563/
(4) https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30628-0/fulltext

(
5) https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0006291X17317722

 

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