UNE FOIS POUR TOUTES LE PS N'EST PAS UN PARTI DE GAUCHE !

Oui, il est temps que l'on reconnaisse enfin que le Parti Socialiste n'est plus un parti de gauche. Et cette situation n'est pas nouvelle. Elle date de 1982/83 où "le tournant de la rigueur" des gouvernements MAUROY puis FABIUS sonnait le glas des espoirs de changement et convertissait, dans les faits, le Parti Socialiste à la doctrine économique ultra libérale ... 30 ans déjà !...Mais le jeu de dupe est terminé.

La nouvelle ligne de fracture, en France et en Europe, n'est plus d'être de "droite" ou de "gauche" tel qu'on l'entend depuis des décennies. Elle est de savoir s'il l'on veut poursuivre la construction de l'Union Européenne capitaliste actuelle ou si l'on veut un changement radical de la politique nationale et européenne.

L'Europe actuelle est construite sur deux pilliers complémentaires. Elle repose d'une part sur la suprématie de la finance et des marchés financiers, l'austérité généralisée, la nationalisation des pertes et la privatisation des profits engendrant l'endettement des Etats et les "réformes structurelles" qui n'ont d'autres objectifs que de casser le code du travail et les services publics. D'autre part, elle repose sur des institutions non démocratiques : Commission Européenne, Banque Centrale Européenne et FMI (la fameuse et funeste Troïka), sans oublier le bunker du G8.

En face de cette Europe qui plonge dans le gouffre les peuples européens (aujourd'hui dans le sud, demain dans le nord), des personnes, des mouvements, des associations, des syndicats et des partis politiques, comme le Front de Gauche en France ou Syrisa en Grèce, proposent de refonder l'Europe sur des bases nouvelles : audit sur l'origine des dettes publiques et annulation des dettes illégitimes, reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers, taxer à un niveau dissuasif la spéculation, combattre les paradis fiscaux et casser le secret bancaire, mettre en place une grande réforme fiscale et partager les richesses, fonder une Sixième République en convoquant une Assemblée Constituante, refondation radicale des traités européens, provoquer la révolution écologique et citoyenne nécessaire...

Le nouveau Président de la République, son gouvernement et sa majorité socialiste, avec ses alliés, ont fait le choix, dans leur programme, de ne pas s'attaquer aux racines du mal du capitalisme et par conséquent de perpétuer le système actuel avec toutes les conséquences dramatiques que cela sous-entend pour les peuples européens dont les citoyens français.

Par conséquent, comme le PASOK en Grèce, il est temps d'affirmer que le Parti Socialiste n'est pas un parti de gauche, mais plutôt un parti social démocrate libéral dont il ne faut attendre malheureusement aucun changement de fond dans la politique actuelle. Les déçus de ce pouvoir vont être légion dans les mois et les années à venir. Combien d'entres vous, sympathisants ou militants socialistes avez failli voter pour le Front de Gauche le 6 mai dernier ?

Reconnaître cet état de fait participera à la recomposition politique qui aidera à l'indispensable clarification du débat. Ceci permettra aux citoyens de retrouver la capacité de se positionner sur l'échiquier politique. Ainsi chacun pourra réaffirmer ses convictions dans un cadre qui reflétera la réalité du monde actuel et retrouver pleinement sa place de citoyen dans une véritable démocratie.

 A tous ceux qui voudront retrouver la fierté d'ETRE de gauche et de transformer, enfin, la société pour le bien-être commun, nous vous attendons et vous accueillerons avec respect et fraternité. Pour les autres, sachez que vous porterez une lourde responsabilité face à l'histoire et que nous nous opposerons radicalement à vos convictions et à vos actions.

Il est temps d'agir et de réveiller cette belle devise universelle : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.

 

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