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Le Club de Mediapart mer. 25 mai 2016 25/5/2016 Édition du matin

Analyse courbique du problème français.

Dans de récents billets, j’ai mis en cause le système éducatif français dans le creusement du déficit de la balance commerciale. Ce raccourci simpliste ne fait en réalité qu’extraire la substantifique moelle d’une opinion couramment répandue chez ceux qui ont tenté d’en analyser les causes.

Dans de récents billets, j’ai mis en cause le système éducatif français dans le creusement du déficit de la balance commerciale. Ce raccourci simpliste ne fait en réalité qu’extraire la substantifique moelle d’une opinion couramment répandue chez ceux qui ont tenté d’en analyser les causes. La cause profonde de la panade industrielle vers laquelle nous allons, est dans le manque de « compétitivité » des PME françaises (ça c’est le discours intermédiaire). Mais ce manque de compétitivité a pour cause le manque d’attractivité des produits français actuels. Ce manque d’attractivité peut s’analyser en termes de quantité : peu de nouveaux produits attractifs, ou de créativité : on est infoutus de fabriquer des produits qui plaisent aux consommateurs étrangers.

Donc la question devient : qu’est-ce que les gens consomment actuellement, que nous ne produisons pas, et dont le poids s’alourdit dans l’économie ? La réponse est très simple : ce sont les produits manufacturés des familles : électrotechnique, électronique, informatique et produits manufacturés en matières plastiques. Le domaine de l'ingéniérie à nouveauté (turn over) assez rapide (téléphones portables, ordinateurs, jouets…).

Dans les domaines de l’industrie agro-alimentaire, ça va. La douce France profite d’une campagne exceptionnelle. Dans  les domaines des transports, ça va. Il est vrai qu’on ne met pas en chantier de nouveaux avions et dans une moindre mesure de nouvelles voitures, d’une année sur l’autre. Notez bien que dans les secteurs qui vont bien : l’aéronautique et l’automobile, les créations d’entreprises (hors sous-traitance) remontent en fait à l’antiquité.

Maintenant, la démonstration qui fait peur.

Pour comprendre la situation économique de la France il faut exposer, en quelques courbes, les faits. Il va de soi que l’économie ne se résume pas aux « faits économiques », et que d’autres indices, comme la qualité de vie, le bonheur de vivre l’espérance de vie etc. Devraient être pris en compte, mais bon. Pour faire simple.

L’économie française croît depuis la guerre, à la fois en volume et par tête d’habitant, avec un fameuse période appelée « 30 glorieuses » après guerre. Depuis c’est mou, mais bon.

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L’activité économique d’un pays est également en relation avec celle des autres pays en sorte que les exportations et importations rentrent dans le bilan. Depuis la guerre la part de l’import-export s’accroît dans l’économie pour atteindre les 30%.

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Dans le même temps, le solde de la balance extérieure, malgré une période positive dans les années 90-2000, tend à être négatif, et, dans les dernières années, à s’effondrer complètement. Faites jouer l’orchestre : le Titanic coule (mise à jour : le Concordia coule).

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Or de quoi se compose cette balance extérieure, hors aéronautique et transport : voici par exemple un diagramme significatif concernant la région Midi-Pyrénnées (celle qui produit les avions, justement).

 

Ouh là là. C’est très négatif dans les secteurs mentionnés là-haut. Pour la France le bilan global est de même nature (hors énergie qui est pratiquement incompressible : c'est pas demain qu'on produira beaucoup d'énergie en France).

 

 

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Pour payer les gadgets et machines qu'on ne fabrique pas et qui sont responsables de 20 Mds d'euros de déficit, bon an mal an, on s’endette. Voilà la courbe de la dette.

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Pendant que la consommation de biens de type électronique-jouets-informatique augmente, l’industrie française baisse. Voilà la courbe de l’évolution de l’industrie, en volume d’emplois :

 

 

 et en part de PIB (il y a des effets correctif de productivité, qui sont importants, mais je ne rentre pas dans les détails)

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Certains mauvais esprits ajoutent la comparaison entre la part du secteur administratif et du secteur industriel. (Le poids de l’Etat augmenterait deux fois plus vite que tout le reste, mais c’est un discours de droite, auquel je donne la parole parce que mon honnêteté intellectuelle me démange).

Comme le Président fait beaucoup la comparaison avec l’Allemagne, je vous la donne : mince il n’a pas tort, y’a comme un problème (il ne peut pas avoir tort sur tout).

 

 

Donc en résumé : le problème français se situe dans les produits de type électronique électrotechnique (machines outils, électroménager) informatique (téléphones ordis) et bidules en plastique (jouets, saladiers Ikea, etc.). La liste des soldes commerciaux avec nos partenaires le montre implicitement : la Chine et l’Allemagne nous enfoncent : ceux qui fabriquent les bidules en plastique et les ordis, pas chers, et ceux qui fabriquent les machines outils, même-chers-que-c'est-à-eux-qu'on-les-achète etc.

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Notez bien que dans des secteurs comme le luxe ça va bien. Ce sont des secteurs où, justement, la part de créativité, la plus-value de la « recherche » artistique est très importante. Les « créateurs » sont portés au pinacle.

Chez nous, la recherche est déconsidérée, non pas absente mais légèrement, sinon trop, : les chercheurs ne font pas de grandes carrières dans l’industrie, ils commencent « avec du retard » (deux ans en plus). C’est presque mal vu d’avoir un doctorat (genre : « c’est des branleurs qui s’amusent à perdre leur temps »).  Il y a évidemment des fautes aussi chez les chercheurs eux-mêmes (corporatisme de chercheurs, nombrilisme, peu de brevets, intellectualisme anti-entreprise etc., que l’on pourrait et devrait débattre).

Or l’innovation vient bien de la recherche. Pas de recherche pas d’innovation, pas d’innovation, pas de nouveautés. Pas de nouveautés, pas d’exportations, pas d’exportations déficit. Déficit dette. Dette dégradation. Dégradation chômage. Chômage chaos.

 Et cette mentalité commence avec les prépas. A la racine. La racine du problème, ce sont les classes prépas.

 

PS : j'ai évidemment mis à part les produits low-tech comme le textile bon marché. Sans barrière douanière, on ne pourra jamais concurrencer le T-shirt chinois ou turc.

PS : j'étends confraternellement la recherche au jeune gars dans son garage qui bidouille un truc qui n'existe pas encore, mais qui causera à la France 10Mds de déficit trente ans après. Suivez mon regard.

 

 

http://www.coe-rexecode.fr/public/Analyses-et-previsions/A-noter/Le-commerce-exterieur-en-mai-2011-le-deficit-record-s-explique-surtout-par-la-perte-de-competitivite-industrielle-de-la-France (deficit midi-pyréennées)

 

http://sitecon.free.fr/sarkozy_bilan.htm (balance commerciale)

 

http://eco-france.over-blog.com/categorie-10988378.html(balance commerciale récente)

 

http://www.leblogenergie.com/2011/12/index.html (dette)

 

http://www.leblogenergie.com/2011/08/index.html (déficit par secteurs)

 

http://eco-france.over-blog.com/categorie-10973471.html

 

http://obouba.over-blog.com/categorie-519475.html

 

 

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