vincent marianini
community manager, rédacteur web...et en recherche de CDD(I)...
Abonné·e de Mediapart

6 Billets

0 Édition

Billet de blog 10 nov. 2017

Nouvelles fusillades aux États-Unis : Les USA mis à l’amende(ment)

Alors que les États-Unis venaient tout juste d'essuyer leurs larmes après la fusillade de Las Vegas, voilà qu'à nouveau, un massacre à eu lieu dans une église. Alors qu'à nouveau le pays est en deuil, c'est la question du port d'armes qui revient sans cesse. Pourquoi ce débat clive autant les américains ?

vincent marianini
community manager, rédacteur web...et en recherche de CDD(I)...
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Une nouvelle fois, une terrible fusillade a eu lieu aux États-Unis. Un homme, Devin Patrick Kelley, ancien militaire de l’US Air Force, violent, déjà condamné en 2012 en cours martiale pour violence envers sa femme. Ce Dimanche 5 novembre, à Sutherland Spring dans le Texas, armé d’un fusil d’assaut, il a ouvert le feu dans une église, en pleine messe et fait plus d'une vingtaine de morts et de nombreux blessés dans une église du Texas dimanche 5 novembre. Le tireur voulait s'en prendre à sa belle-famille qui fréquentait l'église mais qui n'était pas présente dimanche. Au terme d'une course-poursuite avec des riverains, le tueur blessé se serait suicidé (à moins que ce ne soit l’un des riverains).

Touche pas à mon amendement

Comme pour la fusillade de Las Vegas, les débats se sont presque immédiatement tournés vers l’éternelle question qui divise les Américains : faut-il interdire ou non le port d’arme ? La réponse la plus récurrente par les citoyens pro-armes, principalement républicains, c’est de brandir le deuxième amendement de la constitution, ratifié en 1971. Même les démocrates sont partagés sur la question. Ce sacro-saint amendement ! Avant de le lire, je m’attendais franchement à un texte relativement long, genre au moins une dizaine de lignes, avec un jargon de juriste compliqué, un machin interprétable de dizaine de façons. Si je m’attendais ! Je vous en fais la citation :

Vous êtes prêt ?

En anglais d’abord : « A well regulated Militia, being necessary to the security of a free State, the right of the people to keep and bear Arms, shall not be infringed. »

En français maintenant : « Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, il ne pourra être porté atteinte au droit du peuple de détenir et de porter des armes »

Voilà...

Une phrase. 27 mots,144 signes. Voilà ce qui clive les Américains.

Alors regardons de plus près : une phrase en deux parties, la première posant vraisemblablement les conditions pour le droit de s’armer : la volonté de créer une milice afin d’assurer une protection en plus de celles du gouvernement. Le concept de milice est ici important, le droit au port d’arme est indissociable de celui de créer et encadrer une milice c’est-à-dire un ancien groupe de défense des citoyens mobilisables par les États. Mais peu à peu, la notion de milice disparaît et c’est vraiment la deuxième partie de l’amendement, celle qui défend le droit de n’importe quel individu de posséder une arme, qui prend le dessus ; défendu begle et onc par le lobby de la NRA (National Rifle Association) et plus généralement par les conservateurs.

Mais alors les armes c’est bien ou pas ?

Je ne vais pas faire la balance pour/contre sur les armes aux États-Unis, mais je veux simplement souligner que les armes font partie intégrante de l’histoire et la culture des États-Unis.

Mais hélas, on entre dans une époque où les tueurs de masses sont en train de faire partie de l’histoire des États-Unis : Las Vegas (2017), Orlando (2016), Virginia Tech (2007), pour ne citer que les plus meurtrières. (Ajoutons aussi les agressions individuelles et les accidents). Combien de morts faudra-t-il pour que les choses changent ? N’étant pas américain je ne comprendrais sans doute jamais pourquoi leur retirer le droit aux armes c’est comme leur retirer le bras droit (« right arm » ...jeu de mots anglais...).

Alors les Ricains ! Vous voulez garder vos armes ? Soit ! Mais je pensais que vous vouliez aussi protéger vos familles. Comment concevoir qu’un homme puisse, dans une ville comme Las Vegas (ce n’est pas un petit village isolé non plus) entrer dans une chambre d’hôtel avec 23 armes ? Puisque business des armes il y a, il manque peut-être le développement d’un business de détecteur d’armes, de portiques de sécurité, etc.

Je vais même plus loin, demain j’apprends une fusillade dans une ville américaine (Detroit par exemple), franchement, je serais choqué, mais pas surpris ; j’apprends une fusillade à Tokyo (élue la ville la plus sûre du monde par The Economist) la surprise sera beaucoup bien plus grande.

Interdire les armes aux États-Unis

C’est compliqué. Obama a eu deux mandats, il n’a pas pu les interdire ; le pouvoir américain est complexe et n’est pas centralisé sur un seul homme comme en France et c’est tant mieux : Donald Trump ne peut pas agir aussi librement qu’il le voudrait, chaque État dispose d’une certaine autonomie.

Pour finir il ne faut pas voir ça sous l’aspect manichéen : les républicains sont de méchants cow-boys et les démocrates des justiciers pacifistes. Les contres pouvoirs sont puissants et si pour la question des armes ils sont, bornés, si Trump a du mal à réaliser ses projets, c’est aussi en partie grâce aux magistrats et au congrès.

Rappelons que tous les ans 30 000 morts aux États-Unis à cause des armes à feu (enfin surtout à cause de ceux qui derrière le canon).

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — International
En Pologne, le calvaire des exilés
Dans notre émission ce soir, reportage aux portes de l'Union européenne, où des migrants et des migrantes sont toujours retenus dans des conditions inhumaines. En plateau : Anaïs Vogel, qui a fait cinq semaines de grève de la faim pour dénoncer le traitement des exilés à Calais, et Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche émérite au CNRS. 
par à l’air libre
Journal — France
La candidature de Zemmour prend une mauvaise tournure
L’ancien éditorialiste de CNews et du Figaro a officialisé, mardi, sa candidature à l’élection présidentielle dans un clip reprenant toutes ses obsessions identitaires. Sur le terrain, sa campagne est devenue particulièrement compliquée.
par Lucie Delaporte
Journal — France
Pour Pécresse et Bertrand, une campagne aux airs de pénitence
Après avoir claqué la porte du parti Les Républicains, ils ont repris leur carte pour obtenir l’investiture présidentielle. Pendant des mois, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ont remis les mains dans le cambouis partisan et arpenté les routes de France pour convaincre.
par Ilyes Ramdani
Journal — France
Les macronistes s’offrent un rassemblement de façade
Divisée avant d’être officiellement unie, la majorité présidentielle s’est retrouvée, lundi soir, pour tresser des louanges à Emmanuel Macron et taper sur ses adversaires. Un exercice poussif qui ne risque pas de « marquer l’histoire ».
par Ellen Salvi

La sélection du Club

Billet de blog
La beauté fragile d'un combat
« Nous ne combattons pas le réchauffement climatique, nous nous battons pour que le scénario ne soit pas mortel. » Parfois, par la grâce du documentaire, un film trouve le chemin de l’unisson entre éthique et esthétique. C’est ainsi qu’il faut saluer « L’hypothèse de Zimov  », western climatique, du cinéaste Denis Sneguirev, à voir absolument sur Arte.
par Hugues Le Paige
Billet de blog
Les Œillades d'Albi : « Retour à Reims (fragments) » de Jean-Gabriel Périot
Autour de l’adaptation du livre autobiographique du sociologue Didier Éribon « Retour à Reims », Jean-Gabriel Périot avec l’appui de nombreuses archives audiovisuelles retrace l’histoire de la classe ouvrière de 1950 à nos jours.
par Cédric Lépine
Billet de blog
Get Back !!!
Huit heures de documentaire sur les Beatles enregistrant « Let it Be », leur douzième et dernier album avant séparation, peuvent sembler excessives, même montées par Peter Jackson, mais il est absolument passionnant de voir le travail à l'œuvre, un « work in progress » exceptionnel où la personnalité de chacun des quatre musiciens apparaît au fil des jours...
par Jean-Jacques Birgé
Billet de blog
« Ailleurs, partout » : d’autres images des migrations
« Ailleurs, partout », d’Isabelle Ingold & Vivianne Perelmuter, sort le 1er décembre. Le documentaire offre une passionnante réflexion sur les paradoxes de la géographie contemporaine, entre fausse ubiquité du cyberespace et vrais obstacles aux migrations. Rencontre avec les deux réalisatrices. (Entretien avec Nashidil Rouiaï & Manouk Borzakian)
par Géographies en mouvement