Jupiter n'est plus.

Il faut bien peser ses mots en ce qui concerne l'affaire Benalla-Macron, cette "société du 10 décembre" en mode start-up.
A l'indignation démocratique, légitime, indispensable, et parfaitement capable par elle-même d'ouvrir la voie non seulement à toute la vérité, mais au renversement d'un régime, se superposent d'autres propos.
Inutile de qualifier cette dérive mise au grand jour de "fasciste" : le SAC non plus n'était pas fasciste (toute grosse brute n'est pas fasciste), il s'agit de bonapartisme. Et d'autres spéculations surgissent sur les relations entre Macron, son épouse, le dit Benalla, etc., qui nous entrainent sur d'autres terrains.
Je ne partagerai pas, par exemple, les articles insinuant de Valeurs actuelles, organe qui est également engagé, avec Riposte "Laïque" et des secteurs du RN et de LR, dans une entreprise de "recomposition" toute à droite, et mène campagne pour les milices de nervis de l'English Defense League de Tommy Robinson, campagne organisée au niveau international par l'entourage de D. Trump. Ni ceux de Sputnik.
Mais soyons clairs : cette volonté de ne pas faire le jeu de l'extrême-droite, de Trumpoutine et des courants "illibéraux" n'est en rien une protection pour Macron. Bien au contraire.
Bien au contraire, car ce qu'étale au grand jour cette affaire n'est pas une surprise : ce sont ses propres tendances illibérales, similaires à celles de Trumpoutine.
Inévitables, quand on a pour programme la destruction des conventions collectives, du statut de la fonction publique et de la Sécurité sociale. Le libéralisme politique n'est pas conciliable avec ce "libéralisme" économique.
Bonapartisme, répression, attaques contre les libertés, attaques contre la laïcité fondée sur la doctrine selon laquelle elle ne concerne que les agents de l'Etat, la société civile n'ayant pas à être laïque,forment un tout. Et le visage de la corruption, du privilège, et finalement du barbouze qui cogne et frappe, en est l'aboutissement.
C'est allé très vite, c'est un tournant. Le gamin qui avait l'avait appelé "Manu" l'avait anticipé : le roi est nu et ce n'est pas beau à voir.
Les macroniens se plaignent que cette affaire "parasite" le pseudo-débat parlementaire sur la révision constitutionnelle. Pas du tout : elle en est la quintessence.
Dans une vraie démocratie pas de roi, c'est-à-dire pas de président !

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